Marie Dollé, et si l’IA nous rendait plus humains ?
Elle ne parle pas d’intelligence artificielle comme d’un simple outil mais comme d’un révélateur.
Propos recueillis par Pascale Caron
Marie Dollé évolue depuis plus de quinze ans dans les écosystèmes numériques. Elle navigue entre stratégie marketing, plateformes digitales, innovation et accompagnement des entrepreneurs. Aujourd’hui Head of Marketing & Communications pour EuroQuity chez Bpifrance, elle observe quotidiennement les mutations du monde économique sous l’angle de l’innovation. Mais son regard va bien au-delà de la performance. Ce qui l’intéresse, ce sont les déplacements silencieux, les glissements identitaires, les ruptures intimes dans notre rapport au travail, à la société, à nous-mêmes. Avec SELFPRESSIONNISME – Et si l’IA nous rendait plus humains ? paru le 22 janvier, elle propose un essai singulier, profond et sensible. Elle y défend une hypothèse radicale : la révolution IA n’est pas d’abord technique, elle est existentielle.
Autodidacte, Marie Dollé obtient son bac à 16 ans, passe son enfance à l’étranger — son père était diplomate — et entre tôt dans la vie active. Au début de sa carrière dans le monde du sport, en sponsoring rugby, puis dans les études médias chez Kantar Media. Elle y apprend la data, le marketing automation, les panels consommateurs, les investissements publicitaires. Elle grimpe, sans diplôme, mais avec une vision. Elle rejoint ensuite Bpifrance, où elle opère depuis huit ans sur la plateforme EuroQuity, mettant en relation investisseurs et startups à forte intensité technologique. Elle a coaché près de 900 jeunes pousses. « J’ai toujours été fascinée par ce qui fait qu’une entreprise réussit. Mais derrière cela, c’est la psychologie humaine qui m’attire. »
Durant le confinement, elle relance l’écriture, conçoit la newsletter In Bed With Tech (et sa version anglaise In Bed With Social) pour structurer sa pensée. Elle y mêle textes et visuels, certains issus de ses propres aquarelles, d’autres générés à partir d’elles via IA. « J’ai peint beaucoup, mais je manquais de temps. J’ai commencé à nourrir des générateurs d’images avec mes œuvres. Le grain du papier, les pigments, tout est là. Parfois, on ne sait plus ce qui est fait main et ce qui est généré. » Déjà, elle explore cette hybridation entre création humaine et puissance algorithmique.
Ce qui la fascine dans l’IA générative, ce n’est pas l’automatisation, c’est le glissement du déterminisme vers le probabilisme. « Avec les transformers, on a quitté la logique des systèmes fermés. On touche à quelque chose qui ressemble au fonctionnement du cerveau humain. » Elle renverse les récits dominants. « Le vrai risque, ce n’est pas que la machine devienne humaine. C’est que l’humain devienne machinique. » Notifications, Slack, LinkedIn, productivité à outrance : « On est devenus des primates voûtés sur nos écrans. On développe des douleurs physiques, on ne regarde plus l’horizon. » Elle cite Jane Jacobs : « Les villes étaient sécurisées par les regards croisés. Aujourd’hui, plus personne ne regarde. » Et rappelle que dans les villes, l’horizon est coupé. « Or l’horizon est la condition de l’existence. »
Dans cette anthropologie de la posture, elle lit un effacement de la relation au monde. Mais aussi une occasion à saisir : « Les IA génératives sont entraînées sur une immense part des archives de l’humanité, y compris les plus sensibles : poésie, récits, art. Avant, on n’analysait que des chiffres. Aujourd’hui, on peut accéder à la sensibilité collective. » Pour elle, tout dépend de l’usage. « Si on délègue notre pensée, on s’abrutit. Mais si on s’en sert pour se questionner, on peut redevenir plus humains. »
Elle refuse la lecture erronée de l’étude du MIT sur la « dette cognitive ». « Elle ne dit pas que les gens deviennent plus bêtes, mais que quand on délègue une tâche, on réfléchit moins. Ce qui est évident. » Elle insiste sur les risques liés au développement cognitif des enfants. « C’est la friction adaptée, pas la facilité, qui fait progresser le cerveau. »
Elle raconte une scène marquante : sa fille de 13 ans, bloquée sur des verbes irréguliers en espagnol. Elle lui propose d’utiliser ChatGPT, mais sans demander de réponse : seulement des explications. « Je l’ai vue dialoguer, comprendre, puis demander à la machine de créer un quiz à partir de sa leçon. Elle a eu 17. » Pour elle, l’IA ne devrait pas nous faire aller plus vite, mais nous aider à ralentir. À comprendre. À approfondir. À recommencer.
Elle insiste : « Avec la machine, tu peux poser cinquante fois la même question. Demander : explique-moi comme si j’avais cinq ans. Et recommencer autant que nécessaire. Face à un professeur, tu n’oses pas. Face à la machine, tu persévères. » Cette plasticité cognitive est pour elle l’une des plus belles promesses de l’IA. À condition de ne pas s’y soumettre.
Elle évoque une idée forte : les modèles de langage sont des moteurs de goût. « Tout le monde peut générer. Mais tout le monde ne sait pas choisir. » Elle décrit trois niveaux : copier-coller ; choisir une option ; analyser, transformer, s’approprier. « Pourquoi apprend-on les règles ? Pour mieux s’en affranchir. »
Elle refuse le vocabulaire d’« humain augmenté » — trop technocentré. Elle lui préfère le terme « expansé » : « Augmenter suppose un manque. Expandre, c’est partir de l’intérieur. Vers l’extérieur. Vers l’Autre. » C’est dans cette logique qu’elle élabore le concept de selfpressionnisme, en référence aux grands courants artistiques. « Quand la photographie est apparue, elle a bouleversé la peinture. Les impressionnistes ont répondu non pas en imitant le réel, mais en capturant l’émotion, la lumière, l’instant. Cela a été possible parce que de nouveaux outils ont émergé : les tubes de peinture et le chevalet mobile. L’artiste pouvait sortir peindre sur le motif, capter des impressions fugitives. » Puis vint l’expressionnisme, dans un contexte de guerre et d’essor de la psychanalyse. « Là, c’est l’intériorité qui explose sur la toile. »
Aujourd’hui, elle propose un nouveau courant : le selfpressionnisme. « Self au sens du soi, mais pas le selfie, qui est une mise en scène narcissique. Je parle du self tourné vers l’autre. Une subjectivité en relation. » Elle ajoute : « On s’est longtemps concentrés sur le développement personnel. On va devoir désormais travailler le développement relationnel. Avec les humains, mais aussi avec les autres formes d’intelligence : artificielle, végétale, animale. Le vivant. »
Elle revient sur les compétences. Elle rejette l’idée que les hard skills seraient obsolètes. « Comment peux-tu choisir entre cinquante propositions si tu n’as pas les bases ? Sans expertise, tu ne peux pas questionner ni challenger la machine. » Elle s’oppose frontalement à la thèse selon laquelle les soft skills suffiraient à elles seules à préparer l’avenir. « On nous dit que seules les compétences relationnelles comptent désormais, mais comment exercer son esprit critique sans structure cognitive ? Les soft skills ne peuvent s’enraciner que sur une charpente solide de savoirs. » Pour elle, la pensée exige des fondations techniques, une rigueur intellectuelle, un ancrage. C’est la combinaison entre expertise et capacité de lien qui fera là.
Elle cite deux figures qui l’inspirent profondément. D’abord, le professeur Marc Cavazza, chercheur en IA, rigoureux, méthodique, scientifique. « Mon cerveau ne fonctionne pas comme le sien. Mais chaque fois que je le lis, une idée naît. Il déclenche en moi une créativité incroyable. » Ensuite, Léonard de Vinci. « Le modèle du polymathe. Un artiste qui maîtrisait peinture, sculpture, mathématiques, musique. C’est cette capacité à faire des ponts entre les disciplines qui me fascine. Et qui sera, je pense, la compétence du XXIe siècle. »
Au fond, ce qu’elle défend, c’est une posture. Une manière d’habiter son époque sans la subir. De dialoguer avec les machines sans s’y soumettre. De préserver ce qui fait l’humain. Elle cite Roland Barthes et son concept de punctum : ce détail d’une image qui déclenche une résonance intime. Et conclu : « Un bon livre, ce n’est plus un livre qui m’apprend quelque chose. C’est un livre qui me déplace. »
Son mantra, enfin, pourrait être une boussole : « Regarder ce qui ne se voit pas tout de suite. Aller dans les interstices. »
à propos de l'auteure: Pascale Caron est vice présidente de MWFI and Tech, Directrice de publication de Sowl Initiative. Elle est cheffe d'entreprise sur Monaco et dirige la société Yunova http://yunovaconsulting.com.
Yasmina Salmandjee [autrice]
Yasmina Salmandjee : ingénieure, autrice de best-sellers, passeuse de l’IA générative
Propos recueillis par Pascale Caron
« Les larmes du cœur se noient dans la sueur du front. » Cette phrase, Yasmina Salmandjee l’a écrite pour elle-même, comme un mantra. Elle clôt notre échange. Mais elle en dit long sur le fil invisible d’un parcours qui traverse les vagues technologiques, les fractures sociales, les reconversions brutales, et les résurrections à répétition. De Polytech Paris-Saclay, à l’édition technique, du tourisme de luxe à l’entrepreneuriat numérique, du yoga aux missions IA, son récit compose une forme rare de résilience active : créer, traduire, transmettre, quoi qu’il en coûte.
Née en 1977, bonne élève au lycée, elle est orientée vers les sciences par un système scolaire qui valorise les performances plus que les préférences. « J’étais plutôt attirée par les langues et les lettres, mais tu connais le système français… quand tu t’en sors bien, on te pousse vers les filières scientifiques. » Le goût des récits ne l’a jamais quittée, même lorsqu’elle décroche en 1995 le Prix de la vocation technique et scientifique des femmes avec un projet artistique. Elle découvre alors la toute jeune école d’ingénieurs de Paris-Saclay : « Ils avaient un argument imparable : l’accès Internet 24/24. »
Elle entre dans l’informatique par défaut, portée par le besoin d’indépendance : « Mon rêve, c’était de faire du cinéma, mais mes parents ont refusé m’aider. Je devais me débrouiller. » La formation est exigeante. Elle persiste, sans adhésion profonde : « J’ai très vite déchanté… mais je suis têtue. Je voulais terminer, avoir mon diplôme, et partir. » Très tôt, elle expérimente une double violence : celle du genre et celle de l’origine. « On était cinq filles dans la promotion sur trente. Deux n’ont pas trouvé de stages. Une autre et moi. » Ce premier échec structure la suite. « J’ai compris que ça allait être plus compliqué pour moi. »
Elle compense par l’initiative. En parallèle de ses études, et pour payer son loyer, elle envoie huit lettres à des maisons d’édition pour proposer ses services de traduction de livres d’informatique. Cinq réponses positives. Elle commence à traduire ouvrage sur ouvrage, de l’anglais vers le français, pendant les week-ends et les vacances. C’est le premier modèle : l’indépendance par la compétence. Après son diplôme, elle entre chez Abalone Games pour développer une version en ligne du célèbre jeu Abalone. Très bien classée dans sa promotion, prix du mémoire de fin d’études (sur l’informatique au service du handicap), elle se retrouve payée 30 % de moins que ses camarades masculins. Un jour, son patron lui demande de taper un texte : « Je suis chef de projet », proteste-t-elle. Réponse : « Tu tapes plus vite. » Elle claque la porte. Et bascule vers l’écriture.
Sans réseau, sans plan de carrière, elle devient autrice pour les Éditions First. Elle assume ce choix à contre-courant. Pas de statut salarié, pas de congés, pas de sécurité, mais la liberté. Celle-ci lui permet d’explorer d’autres voies : création d’une société de speed-dating dès 2000, avant Meetic. « On faisait des soirées dans toute la France, sauf Paris. » Elle apparaît même dans un épisode de la série Un gars, une fille, dédié au speed-dating. Puis, nouveau départ : tour du monde, rêve d’Argentine, et retour.
Elle se reconvertit dans le tourisme, suit un master de luxe à Marne-la-Vallée, devient chef de produit pour les tours du monde. En parallèle, elle inspecte incognito les hôtels de prestige : « Auditrice mystère. Le rêve. » Mais lorsqu’elle tombe enceinte en 2008, elle est immédiatement placardisée. De nouveau, elle reprend le fil de l’écriture. Elle n’a jamais cessé. Elle vend des applications sur l’App Store : « Recettes, bien-être, sport, jeux… et aussi des livres-CD jeunesse, transformés en applis. »
En 2015 une série de fractures — personnelles, sociales, politiques — se conjuguent. Elle quitte son conjoint. Elle découvre une scène qui la choque : les attentats de Charlie Hebdo. « Je ne veux pas continuer comme ça. Peut-être, mourir demain en faisant quelque chose que je n’aime pas. ». Elle publie un livre avec Jérôme Colombain (France Info), devient chroniqueuse radio l’été. Elle connaît bien les écosystèmes politiques et médiatiques. Elle se reconvertit comme prof de yoga. Se forme aussi à l’écriture de scénario. Par un concours de circonstances, elle se rapproche de l’équipe d’« En Marche », alors en gestation. « Ils m’ont proposé de les rejoindre. On m’a dit que mon caractère ne passerait pas dans la cellule Tech. J’ai dit : pas grave. Je suis devenue bénévole, au départ en tant que prof de yoga. » Elle donne ses cours à l’équipe participe aux évènements et cuisine, aussi, parfois. On la surnomme « l’ambianceuse » du mouvement.
Cette visibilité lui colle à la peau. « Aujourd’hui, ça me porte parfois préjudice. Les gens googlent “En Marche” et ferment la porte. » Elle quitte la politique, en silence. Puis plonge. Agression, dépression, complications familiales. « J’ai étudié la question de près, je ne suis pas passée à l’acte, mais j’ai touché le fond. »
Sa reconstruction passe par un exil : les Canaries, puis Gand (Belgique), puis retour à Paris. « Je suis rentrée avec deux valises. À 44 ans, chez mes parents, dans ma chambre d’ado. » Et c’est là, à l’hiver 2022, qu’un nouveau sujet la saisit : ChatGPT. « J’ai tout de suite compris qu’il se passait quelque chose. » Elle se forme en autonomie, tous les jours. Envoie une note à son éditeur. Propose d’écrire ChatGPT pour les Nuls. Il hésite puis il accepte. Elle l’écrit en trois semaines. Le livre sort et il devient numéro 1 sur Amazon. « C’est mon troisième vrai best-seller en presque 30 ans. »
En parallèle, elle est recrutée comme « prompt engineer » dans une grosse entreprise à Sophia-Antipolis. « Une boîte d’astrologie et de voyance. Je ne savais pas qu’ils m’avaient fait venir pour virer des gens. On me regardait comme la Parisienne arrogante. » L’expérience tourne court. Elle part au bout de quelques mois, mais reste sur la Côte. Et enchaîne les missions ponctuelles : chez Palazzo, startup IA de Venus Williams ; Aivancity, en tant qu’enseignante. Elle continue à écrire. Six à sept livres par an. L’art du prompt pour les Nuls, Premier pas avec l’IA… Des formats pédagogiques, mais qui visent une autonomie réelle : « J’ai conçu le dernier pour les seniors, avec usage mobile, vraiment concret. »
Elle donne aussi des conférences, pour des associations, des institutions, et pour Nathan, produit du contenu pour Gloria (diversité, inclusion, LGBT), enseigne à la TIHS Business School. Un modèle économique éclaté, mais autonome. Elle ne se plaint pas : « Je ne suis pas dépensière. » Mais elle cherche un logement pérenne. « Mon propriétaire vend, je dois partir. » Elle envisage Cannes, peut-être un retour à la politique locale.
Quand on lui demande son livre récent préféré, elle évoque le dernier à paraître, Premier pas avec l’IA (Editions First) : « Le premier qui parle vraiment aux débutants, aux seniors, à ceux qui n’ont même pas d’ordi. » Quand on l’interroge sur ses modèles, à la question « quelles sont les personnes qui t’ont inspirée dans la carrière ? » Elle évoque notamment son amitié avec Cédric Villani, qu’elle décrit comme un soutien fidèle dans ses projets personnels, en particulier celui d’un long métrage. « Un jour où j’étais démotivée, il m’a dit : “Tu vas y arriver. Si Emmanuel Macron a réussi à se faire élire, tout est possible.” »
Elle revendique un statut d’indépendante. De survivante aussi. Son seul roman, autoédité, PRISMA, traduit en quatre langues, existe uniquement au format papier. « Je ne veux pas que l’IA l’ingurgite sans mon accord. » Elle cite un outil universitaire qui lui a permis de découvrir que ChatGPT pour les Nuls a été ingéré par les modèles, sans notification ni rémunération.
« J’écris. J’enseigne. Je transmets. Mais je suis lucide. Je suis une passeuse. Rien d’autre. » C’est cette lucidité, brute et désenchantée, qui fait la cohérence de son itinéraire. On pourrait y voir un parcours « discontinu ». Il faut y lire une capacité rare à capter le bon moment et à parler juste quand la technologie déborde tous les repères.
à propos de l'auteure: Pascale Caron est vice présidente de MWFI and Tech, Directrice de publication de Sowl Initiative. Elle est cheffe d'entreprise sur Monaco et dirige la société Yunova http://yunovaconsulting.com.
Assemblée Générale 2024 du Monaco Women in Finance Institute : retour sur une année de transformation
Le 16 décembre 2024, le Monaco Women in Finance Institute (MWFI) a tenu son assemblée générale annuelle, marquant une étape clé dans son développement. Ce rendez-vous a mis en lumière les réalisations de l’année écoulée et les ambitions renouvelées de l’institut pour l’année à venir. Avec un nouveau comité exécutif et des ambassadeurs engagés, MWFI poursuit sa mission de promouvoir une économie inclusive et durable.
Une année exceptionnelle pour MWF Institute et Sowl Initiative !
En 2023-2024, MWF Institute a organisé une série d’événements et d’interviews inspirants, abordant des thématiques majeures comme l’économie, la durabilité, la santé mentale et les innovations technologiques. Nos conférences ont réuni experts et visionnaires autour de sujets clés : protection des actifs digitaux, rôle des femmes dans l’économie, IA générative, durabilité et impact social.
Cette année a également été l’opportunité de développer des partenariats stratégiques : avec la Jeune Chambre Économique lors du Monaco Inspire, la Sohn Monaco Investment Conference, la projection de la pièce « Vivantes » et le Monaco Wealth Summit, renforçant encore notre présence et notre impact. Nous avons renforcé également nos actions avec notre partenaire historique Monacotech.
Parallèlement, 22 interviews réalisées dans notre Webzine Sowl Initiative, ont mis en lumière des personnalités inspirantes : Élisabeth Moreno, ancienne ministre engagée pour l’égalité des chances, Catherine Barba, entrepreneure et pionnière du numérique, Laurence Jenkell, artiste de renommée internationale, ou encore Nelly Chatou Diop, spécialiste en blockchain et finance digitale.
Ces entretiens ont exploré des sujets variés allant de la politique et la technologie, à l’art, au leadership féminin et à la blockchain.
Ces événements et ces rencontres ont témoigné de l’engagement de MWF Institute et de Sowl Initiative à aborder des thématiques ambitieuses et à ouvrir le dialogue sur des problématiques majeures. Nous remercions chaleureusement tous les participants, partenaires et intervenants qui ont contribué à la réussite de cette année.
Ensemble, nous avons renforcé notre vision commune : un monde plus inclusif, durable et orienté vers l’avenir.
Un nouveau Comité Exécutif
L’assemblée générale a officialisé la mise en place d’un nouveau comité exécutif, composé de professionnels passionnés et engagés :
- Patricia Cressot, Présidente : Cofondatrice de MWFI, elle reste le pilier stratégique de l’institut, guidant ses actions avec conviction et vision.
- Johanna Damar-Flores, Vice-Présidente : Leader reconnue, elle continue d’insuffler une dynamique d’innovation et d’inclusion.
- Giorgeth Le Guillouzic, Trésorière : Nouvelle arrivée, elle apporte une expertise précieuse dans la gestion et le développement des projets financiers.
- Sophie Schaad, Nouvelle responsable Administrative : Avec son approche rigoureuse, elle assure une organisation fluide et efficace des initiatives.
- Pascale Caron, Secrétaire Générale : La directrice de rédaction de Sowl Initiative, veille à la mise en œuvre des projets et à leur cohérence avec les valeurs de MWFI. Elle continuera à enrichir les partenariats.
- Jean-Claude Mourad, Relations Extérieures : Responsable du rayonnement de l’institut, il joue un rôle essentiel dans l’établissement de nouveaux partenariats.
Cette nouvelle équipe marque une étape de renouveau, combinant expérience et perspectives modernes.
Nelly Montanera, Aude Lefrevre Krumenacker et Julie Faure compléterons nos actions dans un comité Consultatif.
Les Ambassadeurs : figures de l’engagement
Les ambassadeurs de MWFI incarnent les valeurs de l’institut et participent activement à son rayonnement. Parmi eux : Michel Santi, Économiste, offre des analyses précieuses sur les défis macroéconomiques mondiaux, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Économie, enrichit les débats avec son expérience dans les marchés financiers, Dr. Nathalie Hilmi, Chercheuse en économie durable, contribue à l’exploration des solutions aux enjeux climatiques et sociaux, Joana Foglia et Laurence Vanin, figures influentes dans leurs domaines respectifs, participent activement à l’élaboration de solutions innovantes. Maitre Stéphane Brabant et Andréa Calabro nous accompagnent également.
Ces ambassadeurs, par leur diversité et leurs expertises, renforcent l’impact des actions de MWFI à l’échelle locale et internationale.
Des partenariats stratégiques et une vision inclusive
MWFI a poursuivi son engagement auprès de nos partenaires stratégiques :
- Le Comité des Droits des Femmes, pour promouvoir des initiatives en faveur de l’égalité de genre.
- Monacotech, acteur clé de l’innovation.
- AMFID et MEB (Monaco Economic Board), élargissant les opportunités d’échanges économiques et institutionnels.
- Le Lions club de Monaco avec qui nous nous engageons dans des action caritatives.
Ces partenariats ont permis à MWFI de renforcer sa visibilité et son influence dans des secteurs variés.
Avec un nouveau comité exécutif, des ambassadeurs influents et des projets ambitieux, MWFI a franchi une étape importante en 2024. L’institut s’impose comme un acteur incontournable des réflexions économiques et sociétales, en rassemblant des leaders autour d’une vision commune : construire un avenir plus équitable et durable. Rendez-vous en 2025 pour poursuivre cette dynamique !

Journée de la femme digitale, IA générative, Biodigitaux et Metaverse
Journée de la femme digitale, IA générative, Biodigitaux et Metaverse.
By Pascale Caron
Le 18 avril 2024, dans les locaux d’Extended Monaco, le MWF Institute a organisé une conférence très attendue, la « Journée de la Femme digitale ». Cet événement a rassemblé des professionnels du monde académique et privé pour célébrer et discuter du rôle des femmes dans l’univers de la technologie numérique, un secteur où elles sont historiquement sous-représentées.
Parmi les intervenants, Théo Campana, Dr Yves-Marie Le Bay, Dr Marie-Nathalie Jauffret, Manila Di Giovanni, et Pascale Caron ont apporté leurs perspectives enrichissantes. Chacun a partagé ses recherches et expériences, offrant des aperçus sur l’évolution de la technologie et son impact sociétal. Leurs discussions ont couvert des sujets allant de l’intelligence artificielle générative, des biodigitaux, au métavers, soulignant l’importance croissante de ces technologies dans notre quotidien.
Représentation des Femmes dans la Tech
La conférence a souligné un problème persistant : les femmes représentent seulement 25 à 28 % des employés dans le secteur technologique. Une enquête d’Epitech et Ipsos révèle que les stéréotypes sociétaux influencent encore lourdement les choix de carrière, avec seulement 33 % des filles encouragées à poursuivre des études dans le numérique, contre 61 % des garçons. Les défis ne s’arrêtent pas là ; elles rencontrent également des difficultés majeures à lever des fonds pour les startups technologiques.
Historiquement, elles ont été des pionnières dans le domaine de la Tech. Ada Lovelace, Grace Hopper, et Hedy Lamarr sont des rôles modèles qui ont contribué significativement à son développement. Ces figures illustres démontrent que les femmes ont été un moteur de l’innovation technologique.
Focus sur l’Intelligence Artificielle générative
Le Dr Yves-Marie Le Bay a particulièrement mis en lumière l’intelligence artificielle générative. Cette technologie, qui repose sur le deep learning, permet de produire différents contenus, offrant des possibilités infinies pour la création numérique. Les applications de l’IA générative s’étendent du texte à l’image, et même au développement de logiciels.
Le Dr Le Bay nous a expliqué comment utiliser l’IA générative dans nos entreprises, et comment écrire des prompts pertinents. Il a également abordé les implications managériales liées à l’adoption de l’IA dans les équipes. Il est crucial de se concentrer sur la gestion de la résistance au changement et l’anxiété que peut engendrer l’introduction de l’IA dans les processus de travail. Développer une culture d’innovation est primordial. La création d’un think tank, l’organisation de conférences, la récompense des idées innovantes, et l’établissement d’un cursus de formation sont essentiels pour nourrir une culture d’innovation. Si votre entreprise est plus grande, pourquoi ne pas mettre en place une équipe dédiée à l’évangélisation de l’IA pour garantir une intégration transversale et efficace de cette technologie ?
Il a souligné que l’IA, bien que puissante, doit être gérée avec prudence pour maximiser son potentiel tout en minimisant les risques associés. Il est bien sûr impératif de réviser la qualité des données, de s’assurer de la confidentialité, de vérifier les biais des algorithmes et de prévenir les problèmes éthiques rattachés à l’IA.
Informer et former les clients sur les applications d’IA développées par l’entreprise est essentiel pour leur adoption et leur utilisation correctes. Enfin, il est vital de toujours maintenir un esprit critique envers les réponses fournies par l’IA. L’IA est un assistant qui nécessite une supervision et un contrôle constants.
L’évolution de l’IA générative pose d’importantes questions sur les implications éthiques et les impacts sur l’emploi et la société. La conférence a appelé à une plus grande inclusivité et diversité dans le développement de ces technologies pour éviter les biais et maximiser les bénéfices attendus.
La Biodigitalisation
Dr Marie-Nathalie Jauffret, de l’International University of Monaco, a exploré le concept fascinant de la biodigitalisation. Son intervention a mis en lumière comment l’intégration de ces influenceurs numériques ouvre de nouvelles avenues dans la communication des entreprises.
Le Dr Jauffret a souligné comment l’innovation, particulièrement dans le domaine du marketing, est renforcée par la biodigitalisation. Cela inclut le développement de nouvelles méthodes pour communiquer avec les consommateurs et les marchés de manière plus personnalisée et engageante.
Elle nous a démontré la façon dont la biodigitalisation peut générer des opportunités uniques pour les entreprises, en servant d’ambassadeur ou d’influenceur biodigital. Ces nouveaux acteurs numériques peuvent non seulement porter les valeurs de la marque, mais aussi agir en tant que modèles ou représentants intellectuels et physiques, offrant une nouvelle dimension à l’identité de marque.
Le Metaverse
La conférence c’est ensuite axé sur le Metaverse avec l’intervention très attendue de Manila Di Giovanni, CEO de Dworld. Comment l’IA peut-elle contribuer à l’amélioration des environnements du Metaverse ? Elle a exploré le rôle potentiel de l’intelligence artificielle dans l’amélioration du Metaverse.
Dworld se spécialise dans la création de jumeaux virtuels de haute qualité, pour le Metaverse. Un des projets phares a été la co-création de celui de Monaco. Ce projet a impliqué toutes les parties prenantes locales et visait à produire une réplique virtuelle de la Principauté à la fois réaliste et haut de gamme. L’objectif étant d’aligner cette création numérique avec l’image et les aspirations de Monaco pour renforcer son leadership global et générer une valeur économique tangible pour le pays.
Plus récemment, Dworld a annoncé un autre projet ambitieux : la conception d’un Metaverse dédié à Gênes, qui inclura une renaissance virtuelle de Niccolò Paganini, le célèbre violoniste et compositeur italien. Ce projet illustre la philosophie innovante de l’entreprise, résumée par Di Giovanni elle-même : « Il n’y a aucun risque à créer ou à participer à l’avenir. Cependant, ne pas évoluer ni s’adapter représente un véritable risque de se retrouver à la traîne, incapable de saisir les nouvelles opportunités. »
La « Journée de la Femme digitale » a donc été un moment crucial pour reconnaître et promouvoir le rôle des femmes dans la technologie. L’événement a non seulement servi à éduquer et informer, mais a aussi agi comme un catalyseur pour de futures initiatives visant à renforcer la présence féminine dans ce secteur. L’engagement à continuer de briser les barrières pour les femmes dans la Tech est plus nécessaire que jamais, pour construire un futur où l’innovation bénéficie de toutes les perspectives.
Merci aux participants pour leur questions pertinentes.
Théo Campana, fait partie du Comité pour la promotion et la protection des droits des femmes, Gouvernement Princier.
Yves-marie Le Bay est Docteur Ingénieur en Intelligence Artificielle et consultant en stratégie IA auprès de grandes entreprises et membre de l’institut EuropeIA. Il enseigne aussi en parallèle à l’Université de Nice et à l’EDHEC Business School auprès d’etudiants en Master et en Doctorat.
Yves-Marie Le Bay possède une solide expérience dans le domaine du logiciel, avec plus de 30 ans d'expérience . Récemment, Yves-Marie avait dirigé le Marketing Mondial de la "Génération de prospects" pour Hewlett Packard (HP).
Dr Marie-Nathalie Jauffret est titulaire d’un Doctorat obtenu à l’Universite Nice Côté d’Azur. Elle exerce au sein de l’International University of Monaco. Sémioticienne et spécialiste de la communication non verbale et de l’innovation numérique, elle mène des recherches sur les biodigitaux depuis 2018.
Ses résultats sont publiés à l’international dans des revues scientifiques et elle fait aussi de la vulgarisation dans différents journaux comme TheConversation. Elle travaille à la réalisation de plans de biodigitalisation pour permettre l’innovation sans risque.
Manila Di Giovani, pionnière de la Réalité Virtuelle et du Metaverse, est fondatrice de DWorld. À seulement 23 ans, elle s’est imposée dans un secteur dominé par les hommes dans le monde de la technologie et du metaverse. Elle a établi sa compagnie, DWorld, révolutionnant l’univers du Metaverse. Son travail a été reconnu par de nombreux prix, notamment le « Monte-Carlo Woman of the Year Award » en tant que la plus jeune lauréate. Retrouvez son portrait sur notre site. ICI
Pascale Caron est directrice de rédaction de Sowl Initiative et responsable des partenariat de MWF Institute. Elle est CEO de Yunova Pharma a Monaco. Spécialiste de la Tech, elle était notre maitre de cérémonie.





