Sophie Arnaud Deromedi : du branding au sens, entre Singapour, Paris et Monaco

Sophie Arnaud Deromedi est fondatrice d’Adstoria, présidente du comité des Conseillers du Commerce Extérieur de Monaco, et membre du Bureau Exécutif au niveau mondial. Une femme de stratégie et de conviction, qui construit depuis plus de vingt ans des passerelles entre storytelling, marques de prestige et attractivité territoriale.

Une passion précoce pour la scène… et l’Asie

L’aventure commence loin de Paris. Sophie a 15 ans quand sa famille part vivre à Singapour. Elle y passe son baccalauréat. De retour à Paris, elle poursuit des études à Dauphine, tout en suivant les cours du soir au Cours Florent. Deux passions se croisent : la communication et le théâtre. Deux formes d’expression qui demandent justesse, écoute et audace.

Elle repart ensuite en Asie, pour y construire les premières fondations de son parcours professionnel. Chez Cartier d’abord, puis chez Publicis en stratégie de marque. Très vite, elle est repérée par Singapore Press Holdings. Elle n’a que 27 ans lorsqu’elle devient directrice de la communication du plus grand groupe de presse d’Asie. Elle dirige alors la stratégie de 11 journaux et 7 magazines.

« À Singapour, si tu fais tes preuves, tu avances vite. J’avais 27 ans… et 27 personnes sous ma responsabilité. »

C’est aussi à cette époque qu’elle conçoit ses premiers grands événements. Elle orchestre le lancement de journaux gratuits pour contrer l’arrivée d’un concurrent. Elle organise des records du monde : marche géante à travers la ville, course de canards en plastique sur la rivière, inaugurée par le président.

« Ce sont des formats originaux, mais à fort impact émotionnel. L’idée, c’est de faire parler. De créer un souvenir. »

Retour en Europe et immersion dans le luxe

Revenue à Paris, elle intègre le siège de Publicis, sur les Champs-Élysées. Elle pilote les stratégies de communication de marques comme L’Oréal Luxe, Helena Rubinstein, Hermès ou encore Perrier-Jouët. Elle rejoint ensuite l’agence de luxe du groupe, où elle accompagne les plus grandes maisons dans leur positionnement international.

En parallèle, elle organise bénévolement un premier événement pour la Fondation du Prince Albert II à Singapour. Ce lien entre causes environnementales, culture et mécénat deviendra un fil rouge.

Naissance d’Adstoria : un choix assumé

C’est un dirigeant de L’Oréal qui la pousse à créer sa propre agence. Elle hésite, puis accepte. Elle monte Adstoria seule, d’abord pour répondre à une mission de refonte stratégique sur six marques de santé et beauté. Elle développe une méthodologie spécifique, construit des matrices de storytelling, et forme les équipes internes.

Peu à peu, Adstoria s’impose comme une agence singulière. Positionnée à l’intersection du branding, du contenu audiovisuel et de la stratégie d’image, elle développe une signature forte. À Paris, Monaco et Singapour, l’agence déploie des narrations cohérentes sur tous les supports : web, presse, vidéo, événementiel.

« Mes clients sont des gens brillants. Ce que je leur apporte, c’est un miroir stratégique, un accompagnement sur-mesure, une dynamique de confiance. »

Avec son associé Stéphane Nicolopoulos, réalisateur et créateur de contenus reconnu, elle imagine des campagnes visuelles d’envergure, comme pour Safran. Le défi ? Mettre en scène un moteur d’avion d’exception, destiné à l’aviation privée haut de gamme. Ils font appel à un photographe de mode, et créent un univers de marque qui conjugue précision industrielle et esthétique de luxe.

Monaco, terre d’innovation et de diplomatie

Depuis sept ans, Sophie partage son temps entre Paris et Monaco. Elle y conseille de nombreuses institutions et entreprises. Elle retravaille notamment l’identité du Musée Océanographique, en partant d’un constat simple : une marque n’existe pas sans une vision partagée. En réalisant des interviews internes, elle révèle un manque de cohérence. Elle reformule alors leur positionnement, redonne sens à leur récit.

Autre projet structurant : le rebranding de la vitrine d’innovation de Monacotech. L’équipe interne voulait l’appeler showroom. Elle propose un autre nom : le Runway. Une idée à double sens — podium et piste de décollage — qui donne à l’initiative une dimension internationale.

Tous les deux ans depuis seize ans, Sophie conçoit et produit le Ball In Monaco, gala caritatif majeur pour la Fondation Prince Albert II. Elle en fait une expérience immersive spectaculaire : 1 800 m² de projection, 46 projecteurs, 4 heures de contenus visuels sur les murs de la salle. Chaque édition est thématisée, repensée, scénarisée.

« L’idée n’est pas seulement de séduire, mais de transmettre. L’innovation n’est jamais gratuite. Elle est au service d’un message. »

Le gala devient un marqueur visuel fort, salué dans la presse internationale, jusqu’en une du New York Times.

Un regard sur le monde, entre littérature et conviction

Quand on lui demande quels livres l’inspirent, elle cite Balzac et Boris Vian. Mais aussi Éric-Emmanuel Schmitt, pour la justesse de ses récits et la densité symbolique de ses histoires. Elle évoque aussi sa passion pour l’écriture. Elle n’exclut pas de publier, un jour.

 Et sa devise ?

« When someone says you can’t do it, do it twice and take pictures. »

Une phrase à son image : élégante, tranchante, déterminée.

 

A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.

Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.


Les influenceurs de la Belle époque

Interview de Véronique Jeannot, auteure des « Hivernants » sur les influenceurs de la belle époque.

 By Pascale Caron

 

Véronique est une passionnée, elle a eu plusieurs vies en une.

Férue de voyages et d’art, elle a fondé son entreprise, « 8 ᵉ Art », après une formation chez Christie’s. Son parcours l’a ensuite menée au prestigieux hôtel Negresco, où elle a contribué à developper l’événementiel, et au Musée du Sport, où elle a lancé des initiatives novatrices. En parallèle, Véronique a écrit un livre inspiré de la Belle Époque, mettant en lumière des figures influentes de cette période. C’est une personne solaire avec une grande capacité à rebondir et à se réinventer, en restant toujours guidée par ses passions.

Je l’avais rencontrée il y a quelques années lors d’une conférence qu’elle donnait sur les arts de la table à travers les âges. Sa maitrise du « storytelling » nous avait tous fascinés. C’est tout naturellement que j’ai voulu en savoir plus.

 

Peux-tu nous expliquer ton parcours et ce qui t’a amené à embrasser plusieurs carrières ?

 J’ai obtenu un Master 2 en hôtellerie internationale. Donc forcément, dans la lignée de mes études, j’ai commencé ma vie professionnelle dans le tourisme. J’ai deux grandes passions : les voyages et l’art.

À mes débuts donc, je concevais des voyages sur mesure pour les entreprises. Puis je me suis mariée et j’ai quitté Nice pour aller vivre à Bruxelles et suivre mon époux dans ses pérégrinations. Ensuite à Paris, nous avons eu un premier enfant, une fille, et ensuite un garçon. Pendant ces années où je voulais vraiment rester centrale dans la vie de mes enfants, je ne travaillais plus qu’en free-lance. Et comme je m’ennuyais quand même un peu, j’ai passé un diplôme chez Christie’s, où je me suis immergée dans le monde l’art. J’avais 30 ans. Et là, le grand coup de foudre s’est opéré. Quand je faisais ces études sur l’art et l’histoire de l’art, tout le monde m’enviait dans mon cercle d’amis. Je me suis rendu compte que les gens adoraient apprendre, mais qu’ils n’avaient pas le temps.

Forte de ce constat, je fonde ma première boite, que j’ai toujours considérée comme mon troisième enfant : « 8 ᵉ Art », c’est l’art d’être en phase avec ses compétences. Tout comme Lagardère, et puisque « les gens n’avaient pas le temps d’aller à l’art, j’ai amené l’art aux gens ». J’ai animé des événements d’entreprises internes et externes, sur des sujets autour de l’histoire de l’art. L’aventure a duré une dizaine d’années. J’ai travaillé essentiellement pour les labos pharmaceutiques, et pour les banques. Les thèmes étaient très variés généralement en synergie avec les spectateurs qui venaient m’écouter. Je crois beaucoup au fait d’apprendre en s’amusant et c’est ce que j’ai fait.

 

Tu avais donné une conférence fascinante sur « L’art de la table, au fil des siècles » pour la société de mon mari.

L’art de la table plait à tout le monde, car les Français sont de fins gourmets : à quel moment on invente la fourchette, pourquoi mange-t-on salé, épicé, pourquoi masque-t-on les goûts ? Pour les laboratoires, j’ai abordé des thèmes comme l’histoire de la peinture, à travers différentes spécialités médicales : la cardiologie, la neurologie, l’évolution du rôle de l’enfant pour les pédiatres. Autrefois l’enfant n’avait pas d’existence sociale, il n’était pas baptisé, et ne recevait pas son prénom avant l’âge d’un an, à cause du fort taux de mortalité. Avant ce cap, il n’existait pas et les parents ne voulaient pas s’attacher. On donnait un même prénom à une fratrie : Vincent Van Gogh par exemple avait le prénom d’un frère aîné mort. Pour les pédiatres, j’ai trouvé intéressant de raconter l’évolution des courants artistiques en illustrant avec l’évolution de la représentation infantile en peinture. J’ai fait aussi bien d’autres sujets mettant en synergie peinture et patients.

Par la suite, j’ai divorcé, et je suis rentrée à Nice, ma région d’origine, avec mes deux enfants. Et là, j’ai continué à travailler trois ans pour 8 ᵉ Art. Mais à distance, les gens ne pensent plus forcément à toi. Je me suis donc dit que c’était peut-être le moment de passer à autre chose, et j’ai rejoint le Negresco.

Et là, nouveau coup de foudre : je tombe amoureuse de cet établissement à la fois désuet, mais en même temps, à la pointe. Au milieu de ces 6 000 œuvres d’art, je trouve l’environnement parfait pour m’épanouir. Je passe de l’autre côté du miroir, et découvre comment courtiser des agences, et leur proposer le lieu qui va convenir à leurs événements. Je deviens l’ambassadrice du Negresco, sur les marchés américains, français, mais aussi je voulais rendre cet hôtel aux Niçois. Dans les périodes creuses, j’ai organisé des mariages avec des couples modestes. Je voyais arriver les futurs mariés, des étoiles pleins les yeux s’écriant : « jamais je n’aurais pu rêver me marier au Negresco ». Et ça me donnait la chair de poule.

Avant que la brasserie de la Rotonde ne soit rénovée, comme elle l’est aujourd’hui, j’ai orchestré avec mes grands comptes, une « demolition party ». J’ai fait venir Faben, notre célèbre graffeur niçois. On a habillé tout le monde avec des combinaisons, des masques, des lunettes, et des surchaussures. On aurait dit qu’on était dans un bloc opératoire ! Faben leur a appris à taguer. Et les gens s’en sont donné à cœur joie sur les murs du Negresco ! Ça reste un de mes souvenirs mémorables. Responsable des marchés français et américain, j’ai pu participer à de nombreux salons et workshops. Je ne suis jamais aussi heureuse que quand je fais une valise. Mais ensuite, il y a eu la Covid, et l’hôtel a fermé, réouvert, à plusieurs reprises. Finalement, ils se sont séparés de toutes les personnes qui voyageaient. J’ai donc fait partie d’un plan social qui m’a sur le coup, beaucoup chagrinée.

Pendant un temps j’ai assuré une mission au sein du Negresco, et j’ai participé à la création d’une boutique « concept store ». C’était un challenge, car je ne connaissais rien au départ à cet univers. Je suis partie benchmarker tous les concept stores de Paris, et je suis revenue avec une proposition sur le thème des cinq sens. La boutique proposait des objets, qui se mangeaient, se buvaient pour illustrer le goût, se sentaient avec des fragrances, des bougies, des parfums pour l’olfactif. Il y en avait que l’on touchait, telle que des foutas fabriquées avec des déchets des océans recyclés. Pour la vue, on vendait des lunettes de soleil et des livres, et même des earpods au logo de l’hôtel pour l’ouïe.

J’ai voulu par la suite étendre mon idée et en faire une entreprise de réalisations de concept-store pour palaces. Mais il n’y a quasiment aucun palace indépendant avec une identité propre, il n’y a que des hôtels de chaines et j’ai dû abandonner l’idée. C’est comme cela que finalement, je suis rentrée au Musée du Sport : avec de nouveau une grande remise en question. Très honnêtement, quand je suis arrivée là-bas, je ne connaissais rien au monde du sport. Je suis sportive, mais il faut se rendre à l’évidence : à part boire des coupes de champagne dans les loges de l’Alliance Riviera, je n’étais pas une experte. J’ai donc décidé de m’immerger dans ce monde en me formant notamment auprès de mes collègues médiateurs. J’allais écouter dès qu’ils faisaient une visite, en absorbant comme une éponge tout ce que je pouvais. Au bout de trois mois, je faisais mes visites avec mes propres clients. J’ai bâti au fur et à mesure un chouette storytelling. L’idée, c’était de faire rêver. Je ne sais pas travailler quelque part sans être passionnée. Quand tu racontes des histoires qui te touchent, tu rends le discours intéressant.

 

Et tu organises aussi des conférences sur le sport et la santé.

Oui, j’ai eu l’idée de créer des Matinales sport-santé. Le but c’est vraiment de faire prendre conscience aux gens qu’il faut bouger, ne serait-ce que 30 minutes par jour. Avec toutes ces évolutions de technologies, on se demande si on n’a pas fini par oublier que l’on a un corps. L’homme n’est pas fait pour la sédentarité. Le chasseur-cueilleur marchait 16 heures dans la journée pour aller chercher sa nourriture. Dans le musée, on a travaillé avec le ministère des Sports en intégrant des bornes interactives qui proposent des exercices : désormais, le visiteur, en parcourant le musée, peut faire ses 30 minutes d’activité.

C’est dans toute cette mouvance-là, que j’ai eu envie de créer des matinales gratuites. Je fais dialoguer à chaque fois : trois scientifiques et trois personnes expertes du milieu sportif autour d’une thématique. Le fil rouge, c’est l’incidence de l’activité physique sur la santé. On a abordé la dépression, le diabète, le cancer, les maladies cardiovasculaires et les maladies neurodégénératives que sont Parkinson et Alzheimer. J’organise ces conférences en binôme avec le département. J’ai depuis intégré un partenaire supplémentaire qui me permet de faire des captations audios. On va donc les transformer en podcasts pérennes et gratuits pour toucher un plus grand nombre.

 

Peux-tu nous parler de ton livre, « Les hivernants » ?

Pendant la Covid, j’ai écrit un roman. C’est la synergie de toutes mes expériences. Le héros voyage, puisqu’il part de Bucarest, vit à Paris, Monte-Carlo, Londres et puis revient à Nice. La rencontre avec l’hôtellerie et ce coup de foudre professionnel sont ma grande source d’inspiration. J’ai utilisé une toile de fond historique réelle pour parler de la Belle Époque, de la création de la French Riviera, cette légendaire Côte d’Azur qui se met en place au début du XXe siècle. J’y ai rajouté des personnages fictifs et des personnages réels à qui j’ai ensuite projeté une vie imaginaire. Mon héros, c’est Henri Negresco ; dont on ne connaît vraiment que très peu de choses. Je suis partie sur ses traces, pour raconter cette fameuse période de la Belle Époque et surtout mettre en avant qui étaient les influenceurs, qui sont ses contemporains, qu’il a pu croiser ou pas. Je lui ai fait rencontrer des personnes qui ont existé et marqué leur époque, comme César Ritz, par exemple.Tout est plausible et pourrait avoir existé, mais cela reste une fiction. C’est le parti pris pour dresser un canevas historique. J’ai dépeint de grands influenceurs réels, comme Auguste Escoffier, qu’on appelait « le roi des cuisiniers ou le cuisinier des rois ». Il donnait des noms à ses plats quand il avait été impressionné par une cantatrice ou par une impératrice au gré de ses rencontres : la Poire belle Hélène, la crêpe Suzette, la pêche Melba, etc. viennent de là. On suit donc Henri Negresco pas à pas, du moment où il quitte Bucarest jusqu’à Nice. Tout se précise dans sa tête au fur et à mesure pour arriver jusqu’à la création de ce mythique palace qu'il voulait proposer comme LA référence hôtelière de tous les temps.

 

En quoi ont-ils influencé leur époque ?

Chacun a été un influenceur à sa manière par exemple, Auguste Escoffier va concevoir la brigade en cuisine, un système hiérarchisé et structuré au sein des cuisines professionnelles. Ritz lui, va mettre en place les grands codes de l’hôtellerie de luxe. Il est le premier à avoir l’idée d’installer l’eau courante dans ses palaces. Tout comme lui, Henry Ruhl, que Negresco va énormément jalouser, a vu l’importance d’intégrer des commodités modernes telles que l’électricité, les salles de bains privées et le chauffage central dans les chambres d’hôtel. Il a aussi inventé des tubes qui permettaient de sa chambre, d’envoyer un message papier qui arrivait directement à la réception. Un influenceur, c’est quelqu’un que l’on a envie de copier, et qui marque sa génération ou en tout cas sa période.

À Monaco quand mon héros rencontre sa logeuse imaginaire chez qui il loue son appartement. Elle va lui raconter la genèse de Monte-Carlo, la création des casinos sous la houlette de François Blanc, un des plus grands influenceurs à retenir dans la vie de Monaco. Quand Henri Negresco rencontre son architecte, c’est pareil : le designer est en train de restaurer l’hôtel de Paris à Monte-Carlo. Naturellement mon héros va absolument vouloir l’employer pour son hôtel. C’est quelqu’un que je considère comme un influenceur, un architecte phare de son époque. L’idée maitresse du livre, c’est vraiment d’avoir de très nombreux storytellings qui marquent parce que tout est plausible et que cela raconte une tranche d’histoire réelle. Du coup on apprend beaucoup d’anecdotes en s’amusant. Je finis avec une réflexion et une dystopie sur l’avenir de la Côte d’Azur dans quelques centaines d’années.

 

Où peut-on trouver ton livre ?

À Nice, à la librairie Jean Jaurès et la librairie Masséna et sur Amazon. Pour l’anecdote, je réfléchissais à la couverture. En fouillant dans les affaires de mon papa, j’ai retrouvé une photo de ma grand-mère dénudée sur un lit. Ce qui est amusant, c’est qu’elle était extrêmement prude, très réservée, très chaste. Je trouve cette image plutôt osée pour l’époque, mais elle reste très esthétique. Ma grand-mère est née la même année que l’hôtel Negresco, elle était l’incarnation la Belle Époque : c’est tout naturellement que j’ai voulu l’afficher sur ma couverture et mon père a accepté.

 

Pourquoi ce titre « Les hivernants » ?

C’était le nom que l’on donnait aux touristes qui venaient sur la Côte d’Azur fin XIXe et début XXe. À cette époque on se devait d’avoir une peau diaphane. On se protégeait beaucoup du soleil. On voyageait à Nice pour son climat clément uniquement en hiver.

 

Quels sont tes prochains challenges ?

Le premier, c’est de faire rayonner ce livre. J’ai eu vraiment de très bons retours, de la part de lecteurs très variés. Cela m’encourage. Et puis, pourquoi ne pas en écrire un deuxième, un jour ?

 

Quelles personnes t’ont inspirée dans ta carrière ?

Souvent des femmes chefs d’entreprises, car j’ai à maintes reprises travaillé pour des sociétés dirigées par des femmes. Évidemment, je pense à Henri Negresco, mais on connaît tellement peu de choses de lui. Ça sera plutôt l’ancien directeur général de l’hôtel qui était à l’époque Pierre Bord. Il était l’ambassadeur parfait de cet endroit. C’est quelqu’un d’extrêmement élégant, exigeant, très raffiné. Il était en phase avec ce lieu mythique. Et puis, je pense aussi à Madame Augier, qui a racheté l’hôtel en 1957 et qui en a fait ce qu’il est aujourd’hui. Elle était une visionnaire hors norme de son temps : elle était à contrecourant de tout ce qui se faisait. Elle aimait les couleurs acidulées, avait fait dessiner des tenues du XVIIIe pour les grooms. Une dame qui m’a beaucoup inspirée.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

J’apprécie une auteure qui s’appelle Sophie Chauveau. Elle écrit des romans sur les peintres. Je trouve qu’elle permet de s’instruire en s’amusant. C’est un style extrêmement précis : c’est de la belle littérature, mais très facile à lire. Elle a écrit sur Sandro Botticelli, Léonard de Vinci, Raphaël, Jean-Honoré Fragonard.

 

Quelle est ta devise ou ton mantra ?

J’aime bien une petite devise de Sénèque : « La vie, ce n’est pas attendre que les orages passent, mais d’apprendre à danser sous la pluie ». Tout au long de ma carrière, j’ai toujours rebondi avec un fil rouge qui était de faire plaisir aux gens, de les divertir. Finalement je suis un peu une amuseuse, une ambianceuse.

À méditer…

 

A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.

Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.