Diamants de laboratoire : comment DAEHN BEAUMONT redéfinit l’éthique du luxe
À Monaco, la première rencontre du Club Femmes de SG s’est tenue au CREM, entre midi et deux. L’événement était organisé par SGPB Monaco, dans le cadre du lancement local d’un réseau déjà implanté dans neuf villes françaises. Cette communauté, destinée aux femmes dirigeantes, investisseuses et entrepreneures, entend créer un espace de réflexion et d’influence autour des transformations sociales, technologiques et économiques.
Le cycle se poursuivra début mars avec un thème majeur : comment l’intelligence artificielle transforme la lutte contre le cancer. Pour cette rencontre inaugurale, un sujet inattendu, mais stratégique a été choisi : le diamant de laboratoire. Un thème qui interroge la valeur du luxe, les modèles économiques hérités et les impératifs écologiques contemporains.
Les intervenantes, Charlotte et Véronique, cofondatrices du bureau diamantaire DAEHN BEAUMONT, ont livré une présentation dense et éclairante. Leur démarche repose sur une conviction forte : le diamant de laboratoire constitue aujourd’hui une alternative crédible, responsable et scientifiquement irréprochable au diamant naturel. Leur positionnement s’exprime à travers un concept structurant : le Future-Proof Diamond, un diamant « à l’épreuve du futur ».
Une rencontre entre expertise joaillière et rupture technologique
DAEHN BEAUMONT , fondé en 2023, fonctionne comme un bureau diamantaire traditionnel : stock physique à Paris, exigence gemmologique, approche B2B et B2C. La rupture tient ailleurs : les fondatrices ne travaillent que des diamants de laboratoire, convaincues de leur pertinence éthique et écologique.
Charlotte, ancienne rédactrice en chef du magazine Dreams, a passé dix ans à analyser les stratégies des maisons de haute joaillerie. En enquêtant en 2008 sur l’origine du diamant, elle découvre qu’un laboratoire américain parvient à faire pousser de véritables diamants, structurellement identiques aux diamants naturels. L’idée modifie son rapport au métier : elle entrevoit la possibilité d’un matériau noble, reproductible, traçable, et surtout capable d’ouvrir une nouvelle page créative.
Véronique, gemmologue expert, possède un parcours de haute précision. Elle a acheté des diamants pour Cartier et Van Cleef & Arpels, dirigé le service pierres de Dior Joaillerie, puis travaillé rue de la Paix auprès d’un stock majeur de pierres de couleur. En 2020, elle rejoint une start-up issue du CNRS, dédiée à la croissance cristalline du diamant, et observe quotidiennement la naissance de diamants dans les réacteurs. Cette immersion scientifique change sa perception : le diamant de laboratoire n’est pas une imitation, mais une autre origine du même matériau.
Fin 2022, les deux femmes perçoivent un basculement du marché. Les maisons observent, testent, investissent discrètement. Les clientes interrogent leurs choix. Le sujet devient stratégique. Elles créent alors DAEHN BEAUMONT pour structurer une filière exigeante et intelligible.
Le diamant : une matière, pas un mythe
Véronique ouvre leur intervention par un rappel scientifique essentiel.
Un diamant, naturel ou de laboratoire, est uniquement composé d’atomes de carbone. Cette maille cristalline compacte explique :
- sa dureté exceptionnelle,
- son éclat,
- sa stabilité dans le temps.
Sur l’échelle de Mohs, le diamant se situe au niveau 10. Mais la différence avec les autres pierres est spectaculaire : le diamant est environ 140 fois plus dur qu’un saphir, pourtant classé 9. Cette dureté explique pourquoi les diamants se transmettent sans que leurs arêtes ne s’émoussent, contrairement aux émeraudes, rubis et saphirs qui demandent souvent une retaillle après quelques décennies.
Dans la nature, la forme idéale du diamant — l’octaèdre parfait — demeure rare. La majorité des diamants bruts sont opaques ou inclus, et 85 % de la production mondiale est destinée à l’industrie lourde, non à la joaillerie.
Le voyage géologique du diamant naturel
Le diamant naturel se forme à environ 150 kilomètres de profondeur, sous des températures et pressions extrêmes. Porté par des éruptions volcaniques anciennes, il remonte dans une roche particulière : la kimberlite.
Les gisements primaires, exploités à ciel ouvert, prennent la forme de cratères gigantesques, notamment en Russie, au Canada ou au Botswana. L’érosion peut ensuite entraîner certains diamants vers les rivières, créant des gisements secondaires et tertiaires, parfois jusqu’aux littoraux. En Namibie, certains diamants reposent même au fond de l’océan, dans des zones désormais exploitées par des navires spécialisés.
L’impact écologique : une disproportion difficile à ignorer
Charlotte aborde ensuite la dimension environnementale, souvent ignorée du grand public.
Avant même d’extraire la première pierre, il faut :
- construire des routes dans des zones désertiques,
- créer des logements pour les équipes,
- installer des générateurs fonctionnant au diesel,
- mobiliser des engins géants consommant 5000 litres de carburant par jour.
L’industrie minière dans son ensemble est aujourd’hui la première source de pollution mondiale.
Le broyage des roches diamantifères nécessite des volumes d’eau colossaux. Une mine du Botswana, seule à avoir ouvert ses portes à la presse, revendique l’usage de 50 millions de litres par jour. Une partie seulement est recyclée. Le reste est stocké dans des bassins retenus par des digues fragiles, dont les ruptures provoquent régulièrement des catastrophes.
L’extraction sous-marine, au large de la Namibie, est encore plus destructrice. Des navires raclent le fond océanique « à l’aveugle », remontent les sédiments, filtrent les diamants, puis rejettent la boue dans l’eau, annihilant les écosystèmes.
La disproportion est frappante :
Pour obtenir un diamant de 1 carat, il faut extraire jusqu’à 250 tonnes de minerai.
Le diamant de laboratoire : science, maîtrise et reproductibilité
Les applications technologiques (spatial, armement, électronique, quantique) nécessitent des diamants parfaits. La nature ne peut pas fournir ce volume. Deux procédés scientifiques sont aujourd’hui utilisés :
HPHT – Haute Pression Haute Température
Il reproduit les conditions du manteau terrestre. On place un germe de diamant dans une capsule contenant du graphite. Sous pression extrême, les atomes migrent et cristallisent. Produire un diamant brut d’un carat exige environ un mois.
CVD – Chemical Vapor Deposition
C’est la méthode privilégiée par DAEHN BEAUMONT pour ses Future-Proof Diamonds.
On injecte hydrogène et méthane dans une chambre à vide. Le plasma libère les atomes de carbone, qui se déposent en couches successives sur un germe. La croissance est régulière, traçable, calibrée.
Contrairement à une idée reçue, produire un diamant n’est pas un processus automatique : défauts, inclusions et croissances ratées existent, comme dans la nature.
Une fois taillées, les pierres passent dans les mêmes circuits que les diamants naturels. 95 % sont taillées en Inde, les plus grosses passant par Anvers, Tel Aviv ou New York.
Distinguer l’origine, pas la matière
À l’œil nu, un diamant naturel et un diamant de laboratoire sont indiscernables. Les laboratoires de gemmologie utilisent la photoluminescence, qui révèle la morphologie de croissance : 8 directions pour le diamant naturel, 14 pour le diamant HPHT, 1 seule pour le diamant CVD.
Les certificats GIA, IGI ou HRD indiquent clairement l’origine. Les pierres sont ensuite gravées au laser sur leur ceinture, garantissant traçabilité et sécurité.
Le mythe de l’investissement
On présente souvent le diamant naturel comme un investissement. Charlotte nuance. Seules les pierres très exceptionnelles (plus de 5 carats, pureté et couleur élevées) se valorisent réellement. Pour un diamant de taille courante, la valeur réside dans : la maison, le design, la signature, la rareté du modèle, non dans la pierre elle-même.
En 2018, les États-Unis ont modifié la définition du diamant : « A diamond is a diamond », quelle que soit son origine. Une évolution majeure pour la reconnaissance du diamant de laboratoire.
SCS-007 : mesurer l’empreinte carbone
DAEHN BEAUMONT sélectionne des producteurs audités selon le label SCS-007, l’un des rares à évaluer l’impact écologique du diamant.
Les chiffres parlent : Diamant de laboratoire SCS-007 : 20 kg de CO₂/carat alors que le Diamant naturel : minimum 160 kg de CO₂/carat
Aucune entreprise minière n’a accepté d’être auditée selon ce standard. Six producteurs de diamants en laboratoire ont obtenu la certification.
Future-Proof Diamond: une vision pour demain
Le concept de Future-Proof Diamond résume l’ambition de DAEHN BEAUMONT : créer des diamants adaptés aux enjeux futurs du luxe et de la planète.
Ce concept repose sur : une traçabilité complete, un impact écologique mesurable, une qualité gemmologique constante, une accessibilité creative et une responsabilité locale dans la fabrication des bijoux
Pour Charlotte et Véronique, le diamant du futur n’est pas une concession. C’est une évolution logique du luxe vers la cohérence entre beauté, technologie et responsabilité.

A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative. en photo avec de droite à gauche: Patricia Cressot Présidente et Johanna Damar Vice Présidente
Rencontre avec Isabelle Rome : une parole libre face aux défis de l’égalité femmes-hommes
Novotel Monaco & Lycée Rainier III — 20 novembre
La rencontre organisée par le Comité des droits des femmes de Monaco et modérée par Céline Cottalorda, a proposé un moment d’échanges dense et incarné avec Isabelle Rome: Magistrate, ancienne ministre de l’égalité femmes-hommes, et aujourd’hui ambassadrice pour les droits de l’homme. Son intervention avec les associations le matin, suivie d’une conférence le soir au Lycée Rainier III, a offert un panorama lucide des politiques publiques françaises, mais aussi une plongée sensible dans quarante ans d’engagement au service des plus vulnérables.
Une trajectoire marquée par le terrain
Isabelle Rome ouvre son propos en rappelant l’importance d’un travail collectif entre institutions, associations et acteurs du territoire. Cette approche, dit-elle, est née de son premier poste à 23 ans. Nommée juge d’application des peines dans les prisons lyonnaises, elle découvre la réalité brute des existences cabossées : misère sociale, violences, addictions, troubles psychiatriques, échecs de réinsertion.
Ce choc fondateur installe chez elle une conviction durable : la justice ne peut agir efficacement que si elle coopère avec les acteurs sociaux, médicaux, associatifs et territoriaux.
Elle raconte également sa longue proximité avec les publics en marge : toxicomanes, réfugiés, personnes hospitalisées en psychiatrie. Une question émerge : comment garantir les droits fondamentaux des personnes vulnérables lorsqu’elles n’ont plus les moyens de les revendiquer ?
Cette interrogation guidera l’ensemble de sa carrière.
L’irruption tardive, mais déterminante de la question des violences faites aux femmes
C’est à l’âge de 40 ans qu’Isabelle Rome prend la mesure du fléau des violences faites aux femmes. Présidente de cour d’assises, elle juge des féminicides, des viols, des agressions sexuelles.
Le constat est implacable : la violence envers les femmes est massive, systémique et structurelle.
Elle cite les données françaises : 80 % des victimes de viols sont des femmes ; 80 % des homicides conjugaux visent des femmes. Selon elle, toute politique égalitaire passe par une réduction drastique des violences. Peut-on réellement parler d’égalité lorsque les rapports sociaux restent imprégnés d’une violence séculaire envers les femmes ?
Une lecture structurelle : l’apport de la Convention d’Istanbul
Pour appuyer son propos, Isabelle Rome renvoie au texte fondateur : la Convention d’Istanbul. Son préambule reconnaît explicitement que la violence contre les femmes est un phénomène structurel, ancré dans l’organisation des sociétés. Cette reconnaissance change tout : elle oblige les États à mettre en place des politiques cohérentes, articulant prévention, protection et répression.
Cela pose une question essentielle : comment faire évoluer les mentalités si la société reproduit des modèles violents depuis des siècles ?
Le rôle du droit : quotas, parité et modernisation des pratiques
Isabelle Rome revient longuement sur les avancées législatives françaises. L’introduction des lois sur la parité dans les années 2000 constitue un tournant historique.
Avant ces lois, l’Assemblée nationale ne comptait que 11 % de femmes députées.
Aujourd’hui, elles sont 37 %. Elle rappelle également la loi imposant 40 % de femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées, positionnant la France parmi les pays les plus avancés. L’arrivée des femmes dans ces sphères n’a pas affaibli les compétences : elle a brisé des cercles d’entre-soi.
Une question souterraine émerge : pourquoi la compétence féminine doit-elle encore être justifiée, quand celle des hommes ne l’est jamais ?
L’égalité professionnelle dans les administrations
La loi de transformation publique de 2019 oblige chaque ministère à élaborer un plan d’égalité femmes-hommes et à mettre en place des cellules d’écoute pour les victimes de discriminations.
Isabelle Rome insiste :
« ce type de politique améliore le fonctionnement global des organisations, au-delà de l’objectif égalitaire. »
Travailler sur l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle bénéficie à tous. Les politiques d’égalité deviennent ainsi des leviers de modernisation.
Cette approche invite à interroger nos modèles managériaux : comment intégrer durablement l’égalité comme critère de qualité organisationnelle ?
Mesurer pour transformer : l’exemple de l’index égalité
L’Index Égalité, obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, impose un score minimal de 75/100 sous peine de sanctions. Là encore, Isabelle Rome insiste sur la logique statistique :
« Ce qui ne se compte pas ne compte pas. »
Elle décrit le plafond de verre observé dans la magistrature : profession féminisée à 70 % mais seulement 30 % de femmes aux plus hauts postes. Le décrochage survient autour de 43 ans et ne se rattrape jamais.
Cette mécanique interroge : comment maintenir les trajectoires professionnelles des femmes lorsqu’elles entrent dans la période où charges familiales et responsabilités professionnelles se cumulent ?
Le plan « Toutes et tous égaux »
Lancé en 2023, ce plan comporte 160 mesures et s’articule autour de quatre axes :
- Égalité professionnelle et économique.
- Lutte contre les violences.
- Santé des femmes.
- Éducation à l’égalité.
Cette architecture reflète une vision globale : l’égalité se construit dans le droit, dans les pratiques, dans les corps et dans les représentations.
Les violences : un chantier majeur
Isabelle Rome revient sur un moment clé : le Grenelle des violences conjugales en 2019.
Cette mobilisation a permis : des lois structurantes ; une amélioration massive des formations pour policiers, gendarmes, magistrats et médecins ; une compréhension nouvelle du phénomène d’emprise.
Elle explique que la psychologie a nourri le droit. La compréhension de l’emprise a transformé la manière d’interpréter les retraits de plaintes et les comportements ambivalents des victimes.
Elle pose une question essentielle : comment protéger une personne qui n’a plus conscience du danger qu’elle encourt ?
L’évolution des lois sur l’emprise et la protection des victimes
Plusieurs avancées majeures ont été obtenues : possibilité pour les médecins de révéler des violences en cas de danger vital ; réduction des délais d’ordonnances de protection (de 40 jours à 6 jours, voire 48 heures) ; mise en place du bracelet antirapprochement ; renforcement des téléphones « grave danger ».
Ces dispositifs incarnent une justice plus réactive et plus connectée aux réalités sociales.
La prise en compte des enfants : un changement de paradigme
Longtemps, les enfants témoins étaient considérés comme extérieurs au conflit conjugal.
Or la recherche montre qu’un enfant exposé à des violences conjugales subit un traumatisme comparable à celui vécu en zone de guerre.
Depuis 2021, ces enfants sont juridiquement reconnus comme victimes. Cette évolution impose de revisiter l’exercice de l’autorité parentale dans ces situations.
Interdiction des médiations en cas de violences
Isabelle Rome rappelle un point clé : la médiation est incompatible avec une relation de domination.
Le déséquilibre psychologique et matériel rend impossible la négociation.
La médiation pénale et la médiation familiale sont désormais interdites dans ces cas.
Le besoin de formations continues
Selon Isabelle Rome, certains juges pensent encore « ne pas avoir besoin de formation après trente ans d’expérience ».
Pourtant, comprendre l’emprise, la domination, les effets sur les enfants, la psychologie du pouvoir violent nécessite une mise à jour régulière.
La spécialisation des cours dédiées aux violences intrafamiliales répond à cette exigence.
Santé des femmes : une dimension trop longtemps négligée
Dans son plan, Isabelle

Rome a défendu un chapitre dédié à la santé des femmes.
Elle évoque plusieurs sujets :
– la précarité menstruelle, encore peu reconnue ;
– le coût des protections ;
– les expérimentations de distribution gratuite dans les universités ;
– le débat sur les congés menstruels en cas de règles incapacitantes ;
– l’endométriose, longtemps invisibilisée, diagnostiquée en moyenne après 7 ans.
Elle insiste sur l’importance d’intégrer les inégalités territoriales, par exemple en facilitant l’accès aux consultations gynécologiques via des structures mobiles en zones rurales.
Cette ouverture invite une question : comment rendre la santé des femmes accessible, continue et non conditionnée à des contraintes territoriales ou sociales ?
Femmes dans la tech : un champ de bataille emblématique
Au fil de son intervention, Isabelle Rome élargit la réflexion à un terrain qui concentre à la fois les espoirs et les résistances : la place des femmes dans la tech. Pour elle, le numérique et les technologies ne sont pas un secteur comme les autres. Ils structurent désormais l’économie, l’emploi, l’information, la démocratie. Laisser ce champ se développer sans les femmes, c’est accepter de construire le monde de demain avec la moitié seulement des talents disponibles.
Elle insiste sur un point clé : les mécanismes à l’œuvre dans les violences, les discriminations ou les plafonds de verre se retrouvent aussi dans les entreprises technologiques, les grandes écoles d’ingénieurs, les start-ups et les géants du numérique. Les biais ne sont pas seulement individuels, ils sont organisationnels, culturels et symboliques. Comment s’étonner alors que les algorithmes reproduisent des stéréotypes, si les équipes qui les conçoivent ne sont ni mixtes ni diversifiées ?
Isabelle Rome rappelle que la question n’est pas seulement celle de l’accès aux métiers tech, mais aussi de la capacité à exercer le pouvoir dans ces secteurs. Si les femmes restent minoritaires dans les comités exécutifs, les boards et les directions produits, leur influence sur les grandes orientations technologiques demeurera limitée. Là encore, les outils juridiques de parité, de transparence et de gouvernance inclusive peuvent jouer un rôle. Mais suffisent-ils à transformer des cultures d’ingénierie encore marquées par l’entre-soi masculin ?
La diplomatie féministe qu’elle défend rejoint ici les préoccupations des femmes engagées dans l’écosystème numérique. Elle souligne l’importance : des modèles féminins visibles dans les métiers de la data, du cloud, de la cybersécurité, de l’IA ; des politiques de recrutement et de promotion qui ne se contentent pas d’afficher des intentions, mais fixent des objectifs mesurables ; de la formation initiale, dès le collège et le lycée, pour lutter contre l’autocensure et les stéréotypes qui éloignent les jeunes filles des filières scientifiques et informatiques.
Pour moi qui évolue dans la tech, ce passage résonne comme un appel. La question n’est plus seulement : comment « ouvrir » les portes des métiers technologiques ? Elle devient : qui programme le monde dans lequel nous allons vivre et selon quelles valeurs ?
Cette réflexion rejoint un combat plus large, porté par de nombreuses professionnelles de la tech : faire de la mixité un principe de conception des technologies, et non un ajustement a posteriori. Comment garantir que les futurs systèmes d’IA, les plateformes numériques, les outils de décision automatisés intègrent dès leur conception les enjeux de mixité, de non-discrimination et de respect des droits fondamentaux ?
En reliant les politiques publiques d’égalité, la lutte contre les violences faites aux femmes et la question de la place des femmes dans la tech, Isabelle Rome trace une ligne de force. Sans femmes aux postes où se décident les architectures numériques, les lois d’aujourd’hui risquent de se heurter aux logiciels de demain.

A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative. en photo avec de droite à gauche: Patricia Cressot Présidente et Johanna Damar Vice Présidente
MWFI: Intelligence émotionnelle et intelligence artificielle
Le 11 septembre 2025, le MWF Institute a organisé une conférence au One Business Office de Monaco autour d’un thème essentiel : « Quand l’émotion devient votre performance ». Deux regards ont structuré la discussion : celui de Marc Monteil, spécialiste de l’intelligence émotionnelle, auteur de « Beyond the hidden door » et celui de Pascale Caron, experte en IA et co-auteure de « L’EntrepreneurIA : conseils d’entrepreneurs ».
Les émotions comme moteur de l’action
Marc Monteil a rappelé que nous vivons entre 200 et 400 émotions par jour. Elles ne sont pas positives ou négatives, mais agréables ou désagréables, et elles contiennent toutes une information utile. Leur rôle : déclencher ou inhiber l’action.
« La présence vaut mieux que la perfection », a-t-il souligné. Entre un déclencheur et la réponse qu’on lui apporte, il existe un espace. L’intelligence émotionnelle se joue dans cet intervalle.
S’appuyant sur les travaux de Daniel Goleman et sur les recherches de Paul Ekman et Antonio Damasio, Marc Monteil a montré que la performance durable s’appuie sur cinq piliers. Conscience de soi, maîtrise de soi, motivation, empathie et compétences sociales.
L’IA comme amplificateur d’action
En deuxième partie, Pascale Caron a repositionné l’IA dans l’entreprise : « L’IA outille l’action. L’IE donne le cap. »
Elle a montré comment l’IA peut objectiver les signaux faibles et assister les équipes. Exemple avec Edenred : analyse prosodique en temps réel dans les centres d’appel pour détecter frustration et irritation. L’agent humain reçoit les informations et ajuste son discours.
Autre cas : Saas Office, qui combine IoT et IA pour réorganiser les espaces de travail en fonction des usages réels. Ici encore, la donnée éclaire, mais c’est l’humain qui décide.
Sortir du « tunnel algorithmique »
Face à la tentation de tout déléguer à l’IA, Pascale Caron a mis en garde : « Le risque n’est pas seulement pédagogique, il est stratégique. Quand on ne sait plus expliquer, on ne sait plus décider. »
Elle a évoqué la philosophe Laurence Vanin, qui alerte sur l’« entonnoir algorithmique » : suivre aveuglément les suggestions de l’IA réduit l’imaginaire critique.
Une étude du MIT (2025) confirme ce danger : l’usage exclusif d’outils comme ChatGPT crée une dette cognitive qui affaiblit mémoire et raisonnement.
Complémentarité IE–IA : conditions de réussite
Pour les deux intervenants, la performance durable passe par la combinaison des deux intelligences.
Côté IE : instaurer des rituels simples (respiration, cohérence cardiaque, carnet d’émotions).
Côté IA : définir des cas d’usages précis, disposer de données propres, former ses équipes, définir les KPIs, tester en conditions réelles et maintenir un contrôle humain.
« Sans mesure, l’IA reste un gadget. Avec elle, elle devient un levier de marge », a insisté Pascale Caron.
Un message partagé
Les participants ont retenu un enseignement central : l’IA peut accélérer et mesurer, mais elle ne doit pas remplacer la souveraineté de la décision humaine.
Comme le résumait une entrepreneuse à l’issue de la conférence : « Nous repartons avec des clés pour mieux comprendre nos émotions et pour mieux utiliser l’IA. L’un sans l’autre ne suffira pas. »
Références
Goleman, D. (1995). Emotional Intelligence. Bantam Books.
Ekman, P. (2003). Emotions Revealed. Times Books.
Damasio, A. (1994). Descartes’s Error. Putnam.
MIT (2025). Your Brain on ChatGPT. MIT Press.
Capgemini Research Institute (2019). Emotional Intelligence—The Essential Skillset for the Age of AI.
Sophie Arnaud Deromedi : du branding au sens, entre Singapour, Paris et Monaco
Sophie Arnaud Deromedi est fondatrice d’Adstoria, présidente du comité des Conseillers du Commerce Extérieur de Monaco, et membre du Bureau Exécutif au niveau mondial. Une femme de stratégie et de conviction, qui construit depuis plus de vingt ans des passerelles entre storytelling, marques de prestige et attractivité territoriale.
Une passion précoce pour la scène… et l’Asie
L’aventure commence loin de Paris. Sophie a 15 ans quand sa famille part vivre à Singapour. Elle y passe son baccalauréat. De retour à Paris, elle poursuit des études à Dauphine, tout en suivant les cours du soir au Cours Florent. Deux passions se croisent : la communication et le théâtre. Deux formes d’expression qui demandent justesse, écoute et audace.
Elle repart ensuite en Asie, pour y construire les premières fondations de son parcours professionnel. Chez Cartier d’abord, puis chez Publicis en stratégie de marque. Très vite, elle est repérée par Singapore Press Holdings. Elle n’a que 27 ans lorsqu’elle devient directrice de la communication du plus grand groupe de presse d’Asie. Elle dirige alors la stratégie de 11 journaux et 7 magazines.
« À Singapour, si tu fais tes preuves, tu avances vite. J’avais 27 ans… et 27 personnes sous ma responsabilité. »
C’est aussi à cette époque qu’elle conçoit ses premiers grands événements. Elle orchestre le lancement de journaux gratuits pour contrer l’arrivée d’un concurrent. Elle organise des records du monde : marche géante à travers la ville, course de canards en plastique sur la rivière, inaugurée par le président.
« Ce sont des formats originaux, mais à fort impact émotionnel. L’idée, c’est de faire parler. De créer un souvenir. »
Retour en Europe et immersion dans le luxe
Revenue à Paris, elle intègre le siège de Publicis, sur les Champs-Élysées. Elle pilote les stratégies de communication de marques comme L’Oréal Luxe, Helena Rubinstein, Hermès ou encore Perrier-Jouët. Elle rejoint ensuite l’agence de luxe du groupe, où elle accompagne les plus grandes maisons dans leur positionnement international.
En parallèle, elle organise bénévolement un premier événement pour la Fondation du Prince Albert II à Singapour. Ce lien entre causes environnementales, culture et mécénat deviendra un fil rouge.
Naissance d’Adstoria : un choix assumé
C’est un dirigeant de L’Oréal qui la pousse à créer sa propre agence. Elle hésite, puis accepte. Elle monte Adstoria seule, d’abord pour répondre à une mission de refonte stratégique sur six marques de santé et beauté. Elle développe une méthodologie spécifique, construit des matrices de storytelling, et forme les équipes internes.
Peu à peu, Adstoria s’impose comme une agence singulière. Positionnée à l’intersection du branding, du contenu audiovisuel et de la stratégie d’image, elle développe une signature forte. À Paris, Monaco et Singapour, l’agence déploie des narrations cohérentes sur tous les supports : web, presse, vidéo, événementiel.
« Mes clients sont des gens brillants. Ce que je leur apporte, c’est un miroir stratégique, un accompagnement sur-mesure, une dynamique de confiance. »
Avec son associé Stéphane Nicolopoulos, réalisateur et créateur de contenus reconnu, elle imagine des campagnes visuelles d’envergure, comme pour Safran. Le défi ? Mettre en scène un moteur d’avion d’exception, destiné à l’aviation privée haut de gamme. Ils font appel à un photographe de mode, et créent un univers de marque qui conjugue précision industrielle et esthétique de luxe.
Monaco, terre d’innovation et de diplomatie
Depuis sept ans, Sophie partage son temps entre Paris et Monaco. Elle y conseille de nombreuses institutions et entreprises. Elle retravaille notamment l’identité du Musée Océanographique, en partant d’un constat simple : une marque n’existe pas sans une vision partagée. En réalisant des interviews internes, elle révèle un manque de cohérence. Elle reformule alors leur positionnement, redonne sens à leur récit.
Autre projet structurant : le rebranding de la vitrine d’innovation de Monacotech. L’équipe interne voulait l’appeler showroom. Elle propose un autre nom : le Runway. Une idée à double sens — podium et piste de décollage — qui donne à l’initiative une dimension internationale.
Tous les deux ans depuis seize ans, Sophie conçoit et produit le Ball In Monaco, gala caritatif majeur pour la Fondation Prince Albert II. Elle en fait une expérience immersive spectaculaire : 1 800 m² de projection, 46 projecteurs, 4 heures de contenus visuels sur les murs de la salle. Chaque édition est thématisée, repensée, scénarisée.
« L’idée n’est pas seulement de séduire, mais de transmettre. L’innovation n’est jamais gratuite. Elle est au service d’un message. »
Le gala devient un marqueur visuel fort, salué dans la presse internationale, jusqu’en une du New York Times.
Un regard sur le monde, entre littérature et conviction
Quand on lui demande quels livres l’inspirent, elle cite Balzac et Boris Vian. Mais aussi Éric-Emmanuel Schmitt, pour la justesse de ses récits et la densité symbolique de ses histoires. Elle évoque aussi sa passion pour l’écriture. Elle n’exclut pas de publier, un jour.
Et sa devise ?
« When someone says you can’t do it, do it twice and take pictures. »
Une phrase à son image : élégante, tranchante, déterminée.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
De Saigon à l’intelligence artificielle : itinéraire d’une pionnière
Propos recueillis par Pascale Caron
Comment une enfant chinoise ayant grandi dans le tumulte de Saigon devient-elle chercheuse au MIT, pionnière de l’IA, entrepreneure tech et passeuse culturelle entre la France, la Chine et les États-Unis ? L’interview que m’a accordée Thérèse Vien est celle d’une vie traversée par l’exil, la reconstruction, l’innovation, la diplomatie économique et l’engagement sociétal. Une conversation libre et profonde, entre souvenirs et convictions.
Une enfance entre rizières, missionnaires et alertes diplomatiques
Thérèse Vien est chinoise. Son père est originaire de Shanghai, sa mère de Hong Kong. Elle passe ses jeunes années au Vietnam, dans un Saigon encore cosmopolite, où elle reçoit une éducation catholique au Couvent des Oiseaux. Elle garde un souvenir fort du père Paul Richard, missionnaire français au parcours incroyable :
« Il a été chassé du Tibet, de l’Inde, de la Chine… Il avait quitté son Jura natal à 16 ans. Il m’a transmis la rigueur, le courage, et cette idée que le savoir est un passeport. »
En 1973, son père comprend que la chute de Saigon est imminente. La famille part du Vietnam avec une valise chacun. Elle a 13 ans. Beaucoup de ses camarades d’école fuiront plus tard en hélicoptère depuis l’ambassade américaine.
« On est arrivés à Paris sans réseau. Mon père avait plus de 50 ans. Repartir à zéro, c’était un défi. »
Le restaurant Tong Yen et les premières leçons d’indépendance
À leur arrivée à Paris, la famille s’appuie sur un point d’ancrage : un cercle familial déjà installé, propriétaire du restaurant Tong Yen, à deux pas de l’Élysée. L’adresse est connue des habitués du pouvoir. Jacques Chirac y vient en famille, et le Tout-Paris politique et économique y dîne dans une ambiance feutrée.
Thérèse y travaille pendant les vacances scolaires. Elle recevait les clients, les plaçait, s’occupait du vestiaire et vendait des cigarettes et cigares ! : elle apprend à observer, à décoder les jeux d’influence, à flairer les rapports de force.
« Je vendais aussi des cigarettes et des cigares. Je faisais ma marge. J’arrivais à 400 francs de pourboire par soir. »
Les journées sont longues : service de 10 h à 15 h, pause, puis reprise de 18 h à minuit. Elle utilise l’intervalle pour se reposer brièvement, avant de retrouver certains clients dans les clubs huppés, comme l’Elysée Matignon ou Castel. Elle comprend très tôt que l’intelligence sociale est une forme d’intelligence stratégique.
« C’était un poste d’observation, et un test d’endurance. »
Mais elle n’envisage pas d’y rester. Ce monde de velours et de fumée n’est qu’un passage.
« Je voulais étudier. Viser plus haut. Tracer ma route. »
Math sup, Beaux-Arts, MIT : le triptyque formateur
Thérèse Vien intègre la classe de mathématiques supérieures du lycée Saint-Louis à Paris. Elle y côtoie une génération brillante, dont plusieurs deviendront dirigeants de grandes entreprises industrielles françaises. Curieuse, déterminée, elle choisit ensuite d’explorer l’architecture. Elle entre aux Beaux-Arts, où elle découvre l’harmonie entre dessin, espace et pensée structurelle.
C’est là qu’elle rencontre Jean-Marie Charpentier, architecte à la parole libre, qu’elle retrouvera bien plus tard dans un tournant décisif de sa trajectoire.
Très tôt fascinée par la technologie, elle saisit une opportunité rare : une bourse du ministère des Affaires étrangères, pour intégrer le MIT Media Lab, aux États-Unis, en 1983. Elle entre alors dans un monde où l’art, la science et l’informatique dialoguent sans hiérarchie.
« Ma thèse portait sur la création d’un logiciel pour les architectes. Je programmais en LISP, l’ancêtre des langages IA. On pouvait générer des plans, des modélisations 3D, et les intégrer dans l’environnement urbain sous forme de vidéos. »
Son projet intéresse immédiatement les industriels. Son travail est financé par plusieurs partenaires privés. En parallèle, elle a décroché un poste de « Resarch Assistant » et « Teaching Assistant », cumulant deux emplois sur le campus.
« Je gagnais 2 000 dollars par mois, en plus du “tuition waiver” : je n’avais donc pas à payer les frais d’inscription. Aujourd’hui, ils avoisinent les 80 000 dollars. Le MIT avait cette particularité rare, même aux États-Unis : toutes les disciplines y cohabitaient sur un même campus. L’école de médecine, l’ingénierie, les lettres, les arts… Et une fois admise, j’avais aussi accès aux cours d’Harvard.
C’était comme si, en France, on avait HEC, la Sorbonne et Médecine réunies au même endroit. Il nous a fallu quarante ans pour créer un équivalent : Paris-Saclay. »
Le Media Lab devient pour elle un laboratoire d’idées et un catalyseur d’audace.
« C’était un lieu unique. Là où l’art, l’architecture et la tech se rencontraient sans filtre. »
L’effervescence de la Silicon Valley
En 1995, Thérèse rejoint BroadVision, une des premières entreprises à proposer des solutions de personnalisation de la vente en ligne : e-Commerce. En avance sur son temps, la société développe des moteurs de recommandation et des plateformes de commerce électronique dynamiques.
« Je parlais d’algorithmes de recommandation à une France encore sur le Minitel. »
Elle est chargée d’ouvrir la filiale française. Elle incarne la marque, en assure la visibilité, et devient l’ambassadrice de cette révolution technologique dans un écosystème français encore sceptique.
Elle enchaîne ensuite avec iMediation, une startup spécialisée dans l’affiliation et le ciblage publicitaire. Elle y décroche un premier contrat majeur avec Cegetel Entreprises, pour un montant d’un million d’euros. Ce contrat ouvre la voie à plusieurs levées de fonds spectaculaires : 10, puis 40, puis 100 millions d’euros. L’euphorie est palpable. Jusqu’au krach.
« La bulle a explosé. Et tout s’est arrêté. C’était le jeu. Il fallait savoir rebondir. »
Elle rebondit immédiatement. Elle fonde avec son ex-mari EZ Login aux États-Unis, un portail financier dédié à la gestion sécurisée des identifiants. La société est rapidement revendue avec succès, à un moment où le marché redéfinit ses priorités vers la sécurité numérique.
Retour à l’architecture, diplomatie économique et Chine
Revenue à Paris après la vente de sa startup, Thérèse Vien croise par hasard l’architecte Jean-Marie Charpentier à un feu rouge, quai d’Orsay. Une rencontre inattendue, mais symbolique : elle l’avait connu bien plus tôt, alors qu’elle était encore étudiante en architecture, lors d’une visite sur les villes nouvelles autour de Paris. C’est ainsi qu’elle découvre, dans les années 80, les prémices de ce qui deviendra l’un des grands cabinets d’architecture français.
Des années plus tard, il lui lance avec malice :
« L’architecture, c’est comme le vélo. Ça ne s’oublie pas. »
Il lui propose de rejoindre son agence pour développer le marché chinois, lui qui avait réalisé l’opéra de Shanghai. Elle accepte. Elle redevient architecte, mais dans un rôle à sa mesure : elle coordonne les équipes en phase concours, monte des projets stratégiques, négocie les appels d’offres, prépare les dossiers de candidatures.
Elle travaille notamment sur le le Premier Centre de R&D de Saint-Gobain et L’Oréal à Shanghai, la rénovation du siège d’Areva rue Lafayette à Paris ou le siège social de Dassault Systèmes à Vélizy. Elle joue un rôle d’interface entre les partenaires publics et privés, français et chinois. Elle permet également à Charpentier de réintégrer les délégations présidentielles françaises en Chine : Chirac en 2005, Sarkozy en 2007, Hollande en 2015, Macron en 2018.
« J’ai retrouvé dans ces missions le lien entre culture, industrie et diplomatie. »
Jean-Marie Charpentier restera, selon ses mots, la figure la plus inspirante de sa trajectoire professionnelle.
Chasseuse de têtes entre Shanghai et Paris
En 2014, Thérèse Vien rejoint Bo-Le & Associates, un cabinet de recrutement d’origine chinoise implanté à Shanghai, spécialisé dans le placement de profils internationaux pour des groupes industriels et technologiques. Elle y développe le portefeuille client, avec un focus sur les grands comptes européens en Asie.
Elle pilote notamment la relation avec Saint-Gobain Asie-Pacifique ou JC Decaux, Thalès, etc., tout en vivant entre Paris et Shanghai. Ce double ancrage lui permet d’orchestrer des missions de chasse complexes, dans des contextes interculturels exigeants.
« J’avais deux écosystèmes, deux fuseaux horaires, deux styles de management. Et c’était fluide. »
Mais en 2020, la pandémie de Covid-19 interrompt brutalement cette dynamique. Les frontières se ferment, les marchés se replient, la mobilité internationale s’effondre. Le cabinet est racheté, recentré sur le marché domestique chinois, vidé de sa dimension globale.
Thérèse rentre en France, contrainte, mais sans amertume.
« Ce n’était pas la fin d’un cycle. C’était le début d’un autre. »
L’engagement dans la santé mentale et l’IA
Depuis, elle investit dans des startups à impact. Notamment une, qui travaille sur des IRM pour prédire les risques de dégénérescence cognitive.
« Je n’ai pas fondé de startup IA. Mais j’en soutiens qui savent utiliser l’IA au bon endroit. »
Vers une autobiographie, entre mémoire et résilience
Aujourd’hui, Thérèse voyage entre l’Asie du Sud-Est et l’Europe. Elle prépare un livre autobiographique.
« J’ai connu trois moments dans ma vie où j’ai tout perdu : le toit, le réseau, le travail. Et j’ai toujours su rebondir. »
Un livre de chevet ?
Elle recommande The Troublemaker, de Mark Clifford, sur Jimmy Lai, fondateur de Giordano, d’Apple Daily, Next et figure de la dissidence hongkongaise. « Il est resté à Hong Kong alors qu’il pouvait partir. C’est un héros. »
Et quand on lui demande sa devise, elle répond simplement :
« Never give up. Il faut oser. The sky is the limit. »
Pour en savoir plus, regardez son TEDX
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
Faire prospérer son entreprise comme Sapiens : Sandie Giacobi réinvente le storytelling entrepreneurial à MonacoTech

Propos recueillis par Pascale Caron
À l’occasion de la sortie de son ouvrage Faire prospérer son entreprise comme Sapiens, Sandie Giacobi, cofondatrice de My Marketing Xperience, a donné une conférence inspirante à MonacoTech, à l’invitation de Sandrine Sauval. En reliant habilement l’évolution de l’humanité à celle du monde entrepreneurial, elle a proposé une lecture originale de la stratégie, ancrée dans ce qui fait la force de l’espèce humaine depuis toujours : l’adaptabilité, la collaboration et la curiosité.
S’inspirant des premiers Sapiens, Sandie Giacobi invite à regarder l’entreprise autrement. Nos ancêtres ont su s’organiser, s’entraider, repérer les bons territoires et s’adapter à leur environnement. Sans outils sophistiqués, ils ont pourtant prospéré. Un parallèle éclairant pour les entrepreneurs d’aujourd’hui, souvent trop occupés à courir après la nouveauté au lieu de cultiver la justesse.
Elle rappelle aussi une évidence souvent oubliée : il n’y a pas de marché sans besoin réel. Identifier les bons clients, comprendre leurs douleurs, observer les signaux faibles du changement — autant de réflexes simples, mais vitaux pour durer. Car le monde bouge, les attentes évoluent, et seules les entreprises capables de se remettre en question restent debout.
L’échec, chez Sandie Giacobi, n’est pas un mot tabou. Au contraire : c’est une étape naturelle du parcours. Elle rappelle que, comme Sapiens avant nous, les plus résilients sont ceux qui apprennent en avançant, qui acceptent les tâtonnements et les recommencements. Ce n’est pas la force ni le génie qui garantissent la réussite, mais la capacité à se relever.
Face à l’incertitude, la tentation du repli guette. Réduire les coûts, freiner l’innovation, attendre des jours meilleurs… Autant de réflexes qui mènent à l’immobilité. Or, rappelle-t-elle, c’est justement dans les périodes de turbulence qu’il faut rester visibles, présents et confiants. Le danger, c’est de disparaître avant même que la crise ne passe.
Dans un contexte où tout le monde cherche à se rassurer, la clé n’est pas d’être le meilleur, mais le plus sûr. L’entreprise qui inspire confiance, qui sait raconter son histoire avec sincérité et cohérence, devient naturellement le choix de moindre risque. Et cette confiance se construit par l’émotion, la clarté du discours et la constance de la présence.
Sandie Giacobi insiste aussi sur la puissance du collectif. Comme nos ancêtres, aucune entreprise ne survit seule. Écouter, co-construire, impliquer les équipes : c’est là que naît la vraie intelligence.
Enfin, elle invite à rompre avec le « syndrome de l’attente ». Le marché n’attend personne, et aucune opportunité ne tombe du ciel. Il faut oser créer, provoquer la rencontre, avancer malgré l’incertitude.
À travers Faire prospérer son entreprise comme Sapiens, Sandie Giacobi ne signe pas un manuel de plus sur la stratégie : elle propose un retour à l’essentiel. Une façon de repenser la réussite à l’échelle de l’humain — celui qui observe, s’adapte et avance ensemble.
À propos de Sandie Giacobi
Sandie Giacobi est cofondatrice de My Marketing Xperience. Elle accompagne depuis 15 ans des dirigeants d’entreprise dans leur stratégie de croissance. Conférencière engagée, elle anime également My Marketing Podcast, un programme hebdomadaire pour aider les entrepreneurs à développer leur business et leur territoire émotionnel.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative et secrétaire générale de MWF Institute.
Leïla Ghandi : oser, affirmer, incarner – Le leadership au féminin
Propos recueillis par Pascale Caron
Connue au Maroc comme « la Ibn Batouta au féminin », et à Monaco comme la « Wonder Woman multiculturelle », Leïla Ghandi incarne une figure singulière du paysage médiatique francophone. Photographe, journaliste, réalisatrice de films documentaires et conférencière, elle s’impose par son engagement en faveur du dialogue interculturel et de l’émancipation des femmes. Formée à Sciences Po Paris, elle conjugue une trajectoire atypique marquée par l’audace, l’exigence et la fidélité à ses convictions profondes. Invitée par Patricia Cressot, Présidente du MWF Institute, dans le cadre d’un événement de notre association, Leïla Ghandi a livré un témoignage vibrant sur sa vision du leadership féminin. Une parole libre, émaillée d’expériences personnelles qui, toutes, convergent vers un même credo : le courage de sortir du rang.
Une rencontre en toute simplicité
C’est sans micro, et avec une énergie communicative que Leïla Ghandi s’adresse au public. Elle remercie d’abord les femmes présentes, qu’elle reconnaît comme « modernes », résilientes et actrices de leurs trajectoires. D’emblée, elle désamorce les tensions potentielles sur la question du genre. Elle rappelle qu’aucune opposition n’est fondée entre les femmes et les hommes dans le leadership : « Ce n’est pas en opposition qu’on œuvre, mais en partenariat. » Ce positionnement inclusif trace les contours d’un leadership féminisé, non excluant, à rebours des stéréotypes et des polarités stériles.
Pour Leïla Ghandi, être leader, c’est avant tout savoir sortir du cadre. Aller à contre-courant. Dès ses premières années, elle expérimente cette posture subversive — non par esprit de contradiction, mais par fidélité à une intuition intérieure. « J’ai souvent été à contre-courant de mon école, de mes amis et c’est là qu’il s’est passé de belles choses. » Le récit de ses premiers pas sur scène, lors d’un concert de Dee Dee Bridgewater à 19 ans, donne le ton : dansant dans la fosse elle se retrouve propulsée sur scène, un moment d’audace qui deviendra fondateur.
L’audace comme ligne de conduite
Refusant la voie tracée, Leïla Ghandi raconte comment elle a refusé des stages classiques à Sciences Po pour tenter — et réussir — l’aventure internationale : Chili, Chine, Pérou, Russie, Argentine. À chaque fois, elle choisit l’inconfort, l’ailleurs, l’imprévu. Et à chaque fois, cette audace ouvre un nouveau champ d’expérience : un livre primé, des expositions photographiques, des collaborations avec des médias. Ce qui lui vaut les critiques des uns devient ensuite, pour ces mêmes personnes, une « chance ». À cela, elle rétorque avec humour : « La chance, ça se provoque. »
Résister aux injonctions : un acte politique
Être femme, musulmane, arabe et voyager seule ? Inconcevable pour certains. Mais Leïla Ghandi s’en empare comme d’un levier pour déconstruire les assignations. Elle partage l’exemple marquant de sa séquence filmée à Jénine, en Cisjordanie, où, encerclée par des hommes agressifs lui reprochant de ne pas porter le voile, elle tient tête calmement, affirme son choix et provoque un débat national. Cette séquence, initialement controversée, devient virale et l’impose comme une voix nécessaire. « À partir du moment où j’y crois, j’y vais. »
Écouter son cœur, et agir
L’un des fils conducteurs du témoignage de Leïla Ghandi est sa capacité à écouter son cœur et à passer à l’action sans attendre que toutes les conditions soient réunies. « Le moment parfait n’existe pas. » Elle insiste sur la force du premier pas : ouvrir un document Word, écrire une ligne, partager une idée. À ses yeux, tout commence là. Et c’est souvent ce geste simple, mais radical, qui distingue celles et ceux qui concrétisent leurs rêves de ceux qui se contentent de les imaginer.
La notoriété de Leïla Ghandi naît d’un refus d’obéissance aux formats imposés. Repérée par le PDG de la plus grande chaine télévisée du Maghreb, 2MTV, elle est sollicitée pour créer sa propre émission de télévision, produit ses reportages, réalise ses documentaires. Seule, ou presque. Avec un caméraman, elle sillonne le monde, interroge des chefs d’État, filme dans des zones de conflit. Mais plus encore, elle donne la parole à celles et ceux qu’on entend peu. « Je voulais travailler aux Nations Unies pour changer le monde, mais j’ai découvert que les médias étaient un levier de transformation aussi, voire plus puissant. »
Avec plus de 5 millions de téléspectateurs, ses émissions deviennent des vecteurs d’influence sociétale. Leïla Ghandi y traite des tabous : harcèlement sexuel en Égypte, excision en Tanzanie, place des femmes dans les sociétés musulmanes. Chaque film suscite des réactions, parfois violentes, souvent transformatrices. Elle assume la polémique comme un indicateur de pertinence : « Si personne ne s’indigne, c’est que ça n’a pas touché un nerf. »
Le leadership, c’est aussi désobéir
Dans son parcours, le refus d’obéir aux normes prend de multiples formes. Accepter de présenter un événement mal organisé ? Elle le fait, par conviction, et en tire de nouvelles opportunités. Réaliser une interview en arabe classique avec un Chef d’Etat ? Elle relève le défi malgré ses appréhensions. Gravir le Kilimandjaro sans préparation intensive ? Elle s’y risque et en extrait une séquence inspirante. À chaque fois, elle choisit l’expérience plutôt que la sécurité. Et en fait un manifeste de leadership incarné.
Se réinventer sans cesse
Le parcours de Leïla illustre une agilité entrepreneuriale rare. À Paris, elle crée sa société en d’autoentrepreneur. Au Maroc, elle fonde une société de production. À Monaco, elle développe son activité de conférencière. Chaque lieu, chaque période, chaque conjoncture lui inspire une adaptation. « La vie est une partie d’échecs : il faut sans cesse repositionner ses pions. » Elle refuse l’idée fixe, préfère le mouvement, la transformation continue.
Elle ne gomme pas les difficultés : critiques, menaces, isolement, échecs. Mais elle les replace dans une perspective de croissance. À l’image de la culture anglo-saxonne, elle valorise l’échec comme preuve d’apprentissage. « Ce n’est pas un échec si tu en tires quelque chose. » Ce regard, elle le transmet aussi à ses enfants : apprendre à ne pas avoir peur, apprendre à tenter, apprendre à oser malgré tout.
Inspirer une nouvelle génération
Ce rôle d’inspiratrice, Leïla Ghandi le revendique avec fierté. Lorsqu’on lui dit « je vous regardais enfant, vous m’avez donné envie d’entreprendre, de voyager, vous avez changé ma vie », elle mesure l’impact silencieux, mais puissant de ses choix. Elle multiplie aujourd’hui les conférences dans les écoles, les universités. Elle développe un « one-woman show » pour transmettre autrement. Une forme hybride, sensible et inspirante, entre récit de vie et manifeste de confiance.
Le leadership, dans la bouche de Leïla Ghandi, n’a rien d’un exercice de pouvoir. Il s’ancre dans un alignement intérieur, une cohérence entre ce que l’on pense, ce que l’on dit et ce que l’on fait. Ce qu’elle appelle « écouter son cœur » est en réalité un processus exigeant de lucidité, d’engagement et d’action. « Je ne cherche pas à plaire à tout le monde. Plaire à tout le monde, c’est plaire à n’importe qui. »
Sortir du rang pour ouvrir des possibles
En filigrane, ce témoignage est un appel à celles et ceux qui doutent, hésitent, attendent. Un plaidoyer pour l’action dans l’incertitude, pour la parole quand elle dérange, pour le pas de côté, comme condition de l’invention de soi. « On ne peut pas faire des choses extraordinaires en faisant des choses ordinaires. » Cette phrase, prononcée presque en confidence, résume l’éthique de Leïla Ghandi : un leadership par l’exemple, nourri par le réel, orienté vers l’impact.
En clôture de son intervention, Leïla Ghandi cite Saint Augustin : « Avance sur ta route, car elle n’existe que par ta marche. » Une phrase qui synthétise sa trajectoire. Elle n’a pas suivi un plan tout tracé. Elle a construit sa voie en marchant, souvent seule, toujours debout. Et c’est précisément cette marche, incertaine et volontaire, qui constitue sa plus grande leçon de leadership.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative et secrétaire générale de MWF Institute.
« Parlons d’IA » : à Monaco, l’intelligence artificielle se conjugue au féminin et au futur
Propos recueillis pas Pascale Caron
Le 17 avril 2025, le MWF Institute a donné rendez-vous aux acteurs de la tech à Monacotech pour une matinée exceptionnelle consacrée à l’intelligence artificielle. Intitulée « Journée de la femme digitale — Parlons d’IA », la rencontre a réuni, entrepreneures, ingénieures et leaders visionnaires autour d’une ambition commune : penser une IA éthique, inclusive, et porteuse de sens.
Pascale Caron, Secrétaire Générale du MWF Institute, a ouvert la conférence « Nous remercions chaleureusement Monacotech pour son accueil et CMB Monaco pour son précieux soutien à cette initiative. ». Patricia Cressot, Présidente de MWF Institute dans son introduction à rappelé les engagements de l’association et think tank, en faveur de la place des femmes dans les métiers de demain.
Un premier panel mettant à l’honneur les métiers de la tech
Pascale Caron, également co-auteure du livre L’EntrepreneurIA, a ensuite pris la parole en tant que modératrice. L’ouvrage qu’elle a co-écrit avec le Dr Yves-Marie Le Bay rassemble 100 témoignages d’entrepreneurs qui transforment leur secteur par l’intelligence artificielle. Cinq d’entre eux étaient présents ce jour-là à Monaco pour illustrer la diversité des usages, des parcours et des visions de l’IA : trois femmes et deux hommes engagés dans des initiatives résolument innovantes.
Laura Degioanni, responsable IA et Innovation chez Saas Office, a ouvert la discussion. Venue de la finance, elle s’est formée à la data science avant de rejoindre Accenture Labs, où elle a travaillé sur la confidentialité des données et la durabilité de l’IA. Aujourd’hui, elle pilote l’intégration de solutions d’intelligence artificielle adaptées aux besoins concrets des entreprises, tout en mettant l’accent sur la responsabilité environnementale.
Hala Najmeddine, Directrice de la Recherche chez Active Asset Allocation, incarne la transversalité entre les mondes de l’énergie, de la finance et de l’IA. Après un parcours scientifique dans des institutions telles que le CEA et EDF, elle s’est tournée vers la gestion d’actifs, apportant avec elle une expertise pointue en modélisation des signaux. Sa voix est également forte, dans la défense d’une plus grande représentativité des femmes dans les disciplines scientifiques.
Aïda Meghraoui, fondatrice d’AMKbiotech, incarne quant à elle une vision humaniste et scientifique de l’innovation. Pharmacien et Immunologiste, elle a lancé son entreprise pour accélérer la recherche sur des pathologies lourdes comme le cancer du foie. En combinant imagerie hyperparamétrique et analyse IA, elle ouvre la voie à une médecine personnalisée, plus rapide et plus précise.
Du côté des entrepreneurs de Monacotech, Louis, cofondateur d’Altores, développe des chatbots souverains pour les entreprises, misant sur la protection des données et l’automatisation intelligente. Andréa, cofondateur de Maliz.ai, s’appuie sur des modèles open source pour concevoir des IA personnalisables et souveraines. Leur credo : une IA locale, éthique, décentralisée, au service des utilisateurs.
Une conversation croisée structurée autour de deux grands thèmes
Les intervenants ont été invités à une discussion structurée autour de trois grandes thématiques.
L’IA au service de l’humain et de l’éthique
Tous ont insisté sur la nécessité de concevoir des solutions technologiques en adéquation avec les besoins sociétaux. « l’IA n’a de valeur que si elle répond à un usage utile et respectueux ». Ils ont souligné les enjeux de transparence dans la conception des algorithmes médicaux.
La place des femmes dans l’IA et la tech
L’ensemble du panel a appelé à une politique volontariste pour diversifier les talents dans la tech, dès le plus jeune âge.
Marco Landi : une vision européenne et humaniste de l’IA
Le second temps fort de la matinée a été l’intervention de Marco Landi, ancien COO d’Apple Monde et fondateur de l’Institut EuropIA. Dans un entretien captivant, il a partagé son parcours hors norme, depuis ses débuts chez Texas Instruments jusqu’à son rôle clé au retour de Steve Jobs chez Apple dans les années 1990.
Mais c’est surtout son engagement actuel qui a marqué l’auditoire : « L’Europe a une responsabilité historique : proposer une IA centrée sur l’humain, respectueuse de nos valeurs démocratiques. » À travers le WAICF (World AI Cannes Festival) et le WAiFF (World AI Film Festival), il entend créer des ponts entre technologie, culture et société. Pour lui, « l’IA doit rester un outil au service de la créativité humaine, jamais une fin en soi ».
Une matinée riche en contenus, porteuse d’avenir
Les questions du public, ont confirmé l’intérêt croissant de la communauté MWF Institute pour l’intelligence artificielle.
En conclusion, Pascale Caron a annoncé la prochaine parution du livre l’EntrepreneurIA, Conseils d’entrepreneurs aux éditions Ovadia, une synthèse passionnante des témoignages recueillis sur le terrain.
Cette « Journée de la femme digitale » a démontré qu’il existe une autre manière de penser l’IA : inclusive, éthique, locale, et portée par des talents divers. Dans un contexte de mutation rapide, où l’IA façonne déjà les usages et les imaginaires, ces voix incarnent une vision résolument européenne, lucide et tournée vers l’humain.
CWB, une soirée d’exception au Shangri-La: à l’honneur deux femmes du Luxe et de la Finance
Depuis sa création, le Cercle Wine Business, fondé et animé par Alain Marty, s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de vin et les acteurs du monde des affaires. Ce réseau exclusif, qui rassemble dirigeants, entrepreneurs et experts du secteur, offre une plateforme d’échanges privilégiée autour de la passion du vin et des dynamiques économiques qui l’entourent.
Le mardi 11 mars 2025, le Shangri-La Paris a accueilli une soirée d’exception où notamment deux femmes influentes du luxe, de la finance et de la gastronomie ont été mises à l’honneur. Animée par Alain Marty, cette rencontre a permis de découvrir le parcours et la vision de dirigeantes d’exception, parmi lesquelles Ariane de Rothschild, CEO du groupe Edmond de Rothschild, et Karin Nebot, Directrice générale de la Maison Kaviari.
Un Programme d’Excellence pour une soirée inoubliable
Les invités ont été conviés à une dégustation exclusive, mettant en avant des maisons emblématiques du savoir-faire français. Nous avons pu déguster les champagnes Barons de Rothschild, Maison Villevert, spécialiste des spiritueux d’exception, Maison Poilâne, icône de la boulangerie artisanale, Vignoble La Dourbie, domaine viticole engagé dans une viticulture durable.
Cette édition du Wine Business Club a accueilli des personnalités de premier plan, issues de différents horizons. Jean-Claude Lavorel, Président du Groupe Lavorel, Karin Nebot, Directrice générale de la Maison Kaviari, Florian Grill, Président de la Fédération Française de Rugby et enfin Ariane de Rothschild, CEO d’Edmond de Rothschild ont apporté leurs témoignages.
À travers des interviews captivantes, ces figures emblématiques ont partagé leur approche du leadership, leur vision stratégique et leur engagement pour l’innovation dans leurs secteurs respectifs.
Pour conclure cette soirée en beauté, un dîner gastronomique d’exception a été orchestré par :
Tony Xu, Chef 1 étoile au Guide Michelin e Quentin Testart, Chef Exécutif des cuisines du Shangri-La
Les plats ont été sublimés par une sélection de vins, du Domaine de La Dourbie, présentée par Laurent Graell, Directeur Général Adjoint du domaine.
Cette soirée du Wine Business Club a célébré le talent et l’audace de dirigeants visionnaires et de femmes d’influence, tout en offrant aux invités une expérience œnologique et gastronomique d’exception. J’ai été particulièrement intéressée par les interventions des Entrepreneures de renom, voic donc un compte rendu des interventions de ces deux femmes inspirantes.
Karin Nebot : À la tête de Kaviari, l’Excellence du Caviar Français
Karin Nebot, Directrice générale de la Maison Kaviari, a partagé sa vision du marché du caviar et son engagement pour préserver l’héritage et l’excellence de cette maison historique. Son intervention a mis en lumière les défis du secteur, l’évolution des modes de consommation et l’importance du savoir-faire artisanal dans un marché en pleine mutation.
Avant de rejoindre la Maison Kaviari, Karin Nebot a évolué dans l’univers du luxe et de la mode, chez Ralph Lauren et Cartier, où elle a occupé plusieurs postes stratégiques en marketing et communication. Cela lui a permis de développer une approche orientée marque et expérience client, qui se reflète aujourd’hui dans le positionnement de Kaviari sur le marché du caviar.
Elle a également travaillé en boutique et en filiale, notamment aux États-Unis et à Miami, ce qui lui a offert une vision internationale des attentes des clients du luxe. En rejoignant Kaviari en 2009, elle a relevé le défi de moderniser l’image de la marque tout en préservant l’authenticité et le prestige d’un produit d’exception.
Fondée dans les années 1970, la Maison Kaviari est aujourd’hui une référence incontournable dans le monde du caviar d’élevage. Avec l’interdiction du caviar sauvage en 2009, l’entreprise a su s’adapter aux nouvelles réglementations tout en conservant une qualité artisanale unique. Kaviari travaille avec les meilleurs élevages à travers le monde, notamment en France, en Italie et en Chine, les trois plus grands producteurs mondiaux de caviar d’élevage. L’objectif est de garantir une sélection rigoureuse et une traçabilité parfaite des produits.
Aujourd’hui, Kaviari propose une gamme variée de caviars, adaptés aux attentes des gastronomes et des chefs étoilés :
- Caviar Baeri : d’une grande finesse, appréciée pour sa texture délicate.
- Caviar Osciètre : plus iodé et complexe en bouche.
- Caviar Beluga : le plus prestigieux, à la texture fondante et aux notes subtiles.
- Caviar Kristal : variété très prisée, aux grains dorés et à l’intensité aromatique unique.
Chaque caviar est issu d’un processus de maturation spécifique, permettant de développer ses arômes et sa texture avant d’être mis en vente.
Kaviari adopte une stratégie de distribution exclusive, en privilégiant :
- 70 % du chiffre d’affaires de l’entreprise provient de la haute gastronomie, avec des collaborations avec les plus grands chefs étoilés du monde.
- Kaviari est présent dans des établissements emblématiques du luxe alimentaire.
- Les boutiques Kaviari situées principalement à Paris, offrent une expérience immersive aux clients en quête de découverte et d’exception.
Karin Nebot a insisté sur l’importance de l’expérience client dans l’univers du caviar. Contrairement à d’autres produits gastronomiques, il reste un mets de luxe souvent méconnu, et l’un des objectifs de Kaviari est d’éduquer le consommateur sur sa dégustation et son histoire.
Sous la direction de Karin Nebot, Kaviari a développé un concept unique de boutiques dédiées au caviar, où les clients peuvent découvrir les différentes variétés de caviar grâce à des dégustations guidées. Ils peuvent apprendre les meilleures associations culinaires pour sublimer le produit et participer à des ateliers immersifs avec des chefs spécialisés.
Ces boutiques offrent une expérience multisensorielle, qui va au-delà d’un simple achat. L’objectif est de démocratiser l’accès au caviar tout en maintenant son image d’exception et d’exclusivité.
Karin Nebot a souligné les défis auxquels fait face l’industrie du caviar. Notamment en raison ses réglementations strictes sur la pêche et l’élevage : depuis l’interdiction du caviar sauvage en 2009, les producteurs doivent respecter des normes drastiques pour garantir la traçabilité et la durabilité du produit.
La Chine étant aujourd’hui le premier producteur mondial, les guerres commerciales entre l’Europe et la Chine peuvent avoir un impact sur l’approvisionnement et les prix. Pour faire face à ces défis, Kaviari privilégie des contrats à long terme avec ses fournisseurs afin de garantir une stabilité des prix et une qualité constante.
Le marché du caviar connaît une évolution notable avec de nouveaux profils de consommateurs :
- Une clientèle plus jeune et curieuse, attirée par des expériences gastronomiques uniques.
- Un intérêt croissant pour des produits d’exception accessibles, notamment à travers des formats plus petits et des présentations innovantes.
- Une recherche de transparence et de traçabilité, avec une attention particulière portée aux méthodes d’élevage durables.
Face à ces nouvelles attentes, Kaviari innove avec des présentations plus adaptées, des recettes créatives et une communication axée sur le savoir-faire artisanal et l’authenticité.
En tant que Directrice générale, Karin Nebot joue un rôle clé dans l’évolution de Kaviari. Son expérience dans le luxe lui permet d’apporter une approche moderne et élégante à une maison historique.
Ariane de Rothschild : une visionnaire à la tête de l’empire Edmond de Rothschild
Ariane de Rothschild, Présidente du groupe Edmond de Rothschild, a ensuite partagé son parcours, sa vision du luxe et de l’innovation, ainsi que les défis liés à la gestion d’un empire familial. Entre finance, viticulture, hôtellerie et engagement humanitaire, elle incarne une approche moderne du leadership, fondée sur l’excellence et l’anticipation des grandes mutations économiques.
Née à San Salvador, d’une mère française et d’un père allemand, Ariane de Rothschild a grandi dans un environnement international qui a forgé sa vision globale du monde des affaires. Après des études en finance et commerce international, elle entame sa carrière aux États-Unis, travaillant notamment pour la Banque américaine Chase Manhattan et d’autres institutions financières.
Son approche pragmatique de la finance et sa capacité à anticiper les tendances économiques la distinguent rapidement. En 1999, elle rejoint Edmond de Rothschild Group, un acteur majeur de la gestion d’actifs et de la banque privée. Le groupe gère aujourd’hui plus de 180 000 clients à travers plusieurs filiales en Europe et au Moyen-Orient (France, Suisse, Luxembourg, Espagne, Italie, Israël, Émirats arabes unis…).
Devenue CEO en 2015, elle apporte une nouvelle dynamique au groupe, misant sur l’innovation financière, la diversification des investissements et le renforcement du positionnement sur les secteurs de l’hôtellerie et du luxe.
Le groupe Edmond de Rothschild, fondé en 1953, repose sur une double expertise : la gestion de fortune et les investissements à long terme. L’objectif est d’accompagner les grandes fortunes et les entreprises dans la structuration et la transmission de leur patrimoine.
Ariane de Rothschild insiste sur l’importance d’une approche sur mesure, adaptée aux besoins des entrepreneurs et des familles fortunées. Le groupe ne se contente pas de gérer des actifs, il structure les stratégies de croissance, conseille sur la gouvernance et l’optimisation fiscale, et facilite les transmissions d’entreprises familiales.
Un des enjeux majeurs qu’elle souligne est la nécessité d’adapter ces services à une clientèle de plus en plus jeune et tournée vers l’entrepreneuriat. La nouvelle génération de clients ne se contente plus d’un simple conseil financier : elle recherche une approche éthique, engagée et connectée aux tendances de durabilité et de responsabilité sociale.
Le nom Rothschild est indissociable de la grande tradition viticole. Dès les années 1970, la famille investit dans plusieurs domaines viticoles prestigieux, développant une stratégie axée sur la diversification et la qualité. Sous l’impulsion d’Ariane de Rothschild, le groupe possède aujourd’hui des vignobles en France (Bordeaux), en Argentine, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande et en Espagne. L’objectif n’est pas seulement de produire du vin, mais de réinventer l’approche viticole, en intégrant des techniques durables et en recherchant des terroirs d’exception. Cette diversification permet à la maison Edmond de Rothschild d’occuper une place unique sur le marché du vin de luxe, tout en capitalisant sur une image d’excellence et d’innovation.
Autre secteur clé du groupe : l’hôtellerie de prestige. Héritière d’une tradition initiée dès 1904 par la famille, Ariane de Rothschild a renforcé l’implantation du groupe dans l’hôtellerie haut de gamme, notamment à travers des partenariats stratégiques avec Four Seasons. Ces investissements dans l’hôtellerie de luxe s’inscrivent dans une vision long terme, où l’expérience client et l’art de vivre sont placés au cœur de la stratégie. Chaque établissement reflète l’ADN Rothschild, mêlant élégance, discrétion et raffinement, tout en intégrant des éléments contemporains pour séduire une clientèle exigeante.
Si le groupe Edmond de Rothschild est un acteur majeur de la finance et du luxe, il joue également un rôle clé dans le secteur philanthropique. Ariane de Rothschild poursuit une tradition familiale d’engagement, notamment à travers la Fondation Edmond de Rothschild, qui soutient des initiatives dans l’éducation, la recherche médicale et la culture.
Parmi les projets les plus emblématiques :
- La Fondation Ophtalmologique Rothschild, située à Paris, qui est un centre de référence dans le traitement des pathologies oculaires complexes, notamment celles liées au cerveau.
- Les Maisons d’Enfants Rothschild, qui accueillent et accompagnent des enfants en difficulté, perpétuant un engagement initié après la Seconde Guerre mondiale.
- Des projets éducatifs et culturels, visant à promouvoir l’égalité des chances et l’innovation sociale.
L’innovation médicale est un axe particulièrement stratégique pour Ariane de Rothschild. Elle souligne que les avancées en intelligence artificielle et en neurosciences révolutionnent les soins de santé, et la fondation s’efforce de financer des projets à fort impact dans ce domaine.
Ariane de Rothschild ne se contente pas de gérer un héritage familial. Elle impose sa propre vision, combinant rigueur financière, passion pour le luxe et engagement sociétal.
Sa capacité à allier tradition et innovation en fait une figure clé du capitalisme familial moderne. Elle se distingue par une approche pragmatique du business, en mettant en avant l’adaptabilité et la responsabilité sociale, deux piliers qui définissent aujourd’hui les grands leaders d’entreprise.
Son prochain grand projet : le lancement du Gitana 18, un trimaran volant ultra-innovant, qui incarne à la fois l’excellence technique et l’héritage sportif des Rothschild dans le monde de la voile. Ce projet illustre la recherche permanente d’innovation et de dépassement, qui caractérise le leadership d’Ariane de Rothschild.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
L’influence de la nutrition, de l’IA et de l’art sur le cerveau : une exploration interdisciplinaire
Le 27 février 2025, le Monaco Women in Finance Institute a accueilli une conférence sur l’impact de la nutrition, de l’intelligence artificielle (IA) et de l’art sur le cerveau humain. Animée par Pascale Caron, fondatrice de Yunova Pharma, et Laurence Jenkell, artiste renommée, cette rencontre a offert une plongée approfondie dans les liens qui unissent la biologie, la technologie et la créativité au service du bien-être mental et cognitif.
Nutrition et santé mentale : une approche scientifique et une prise en charge globale
La santé mentale est un enjeu majeur de notre époque, influencée par de nombreux facteurs dont la nutrition et les avancées technologiques comme l’intelligence artificielle (IA). Cet article explore comment ces deux domaines peuvent transformer notre approche de la santé mentale et la prise en charge des douleurs chroniques.
Le lien entre nutrition et santé mentale
La psychiatrie nutritionnelle est un domaine émergent qui étudie l’impact de notre alimentation sur notre humeur et notre bien-être mental. Bien que les « comfort foods » puissent procurer un sentiment de bien-être immédiat en libérant de la dopamine, elles peuvent avoir un effet négatif à long terme sur notre humeur. La recherche montre que la nutrition joue un rôle crucial non seulement dans la régulation de notre humeur, mais aussi dans la gestion des douleurs chroniques.
L’axe intestin-cerveau
L’axe intestin-cerveau est une connexion bidirectionnelle entre notre système digestif et notre cerveau. Des déséquilibres dans notre flore intestinale, appelés dysbioses, sont souvent associés à des troubles de l’humeur. En rétablissant l’équilibre de notre microbiote, nous pouvons soutenir notre santé mentale de manière naturelle.
Les psychobiotiques sont des souches spécifiques de probiotiques capables d’influencer positivement notre santé mentale. En produisant des neurotransmetteurs comme le GABA ou la sérotonine, ils aident à réguler l’humeur et à réduire le stress, agissant comme des anxiolytiques naturels. Leur utilisation offre une approche novatrice pour la prise en charge des troubles mentaux, sans nécessairement recourir aux médicaments traditionnels.
Le cortisol, souvent appelé « hormone du stress », peut avoir des effets néfastes sur le corps et le cerveau lorsque son taux reste élevé sur de longues périodes. Les plantes adaptogènes comme la Rhodiola, le safran ou le ginseng peuvent aider à réguler ce taux en aidant notre corps à s’adapter au stress et en normalisant la production de cortisol.
Alimentation et prévention des troubles de l’humeur
Une alimentation équilibrée peut jouer un rôle préventif contre les troubles de l’humeur. Voici quelques aliments bénéfiques pour la santé mentale :
• Légumes-feuilles : riches en nutriments essentiels pour notre microbiote
• Fruits et légumes colorés : bons pour la mémoire et l’humeur
• Huiles végétales : facilitent l’absorption des nutriments
• Produits de la mer : riches en oméga-3 et vitamine D, bénéfiques pour le cerveau
• Noix, haricots et graines : sources de protéines végétales, fibres, vitamines et minéraux essentiels
• Épices et herbes : aident à réduire l’inflammation et soutiennent la mémoire
• Aliments fermentés : améliorent la diversité du microbiote et réduisent l’inflammation
• Chocolat noir (minimum 70 % de cacao) : associé à un risque réduit de dépression
Gestion des douleurs chroniques
La gestion des douleurs chroniques nécessite une approche multidisciplinaire. La neuro-nutrition offre des solutions prometteuses, notamment :
• Le PEA (Palmitoyléthanolamide) : une molécule naturellement présente dans notre corps
• La Myrrhe : un anti-inflammatoire naturel
Ces substances agissent sur les récepteurs de la douleur qui transmettent l’information au cerveau. En combinant ces approches avec d’autres stratégies comme l’acupuncture, la méditation ou la sophrologie, il est possible de moduler la perception de la douleur, de détendre le corps et l’esprit, et d’améliorer la qualité de vie. Il est important de se fixer des objectifs réalistes, en visant une amélioration de la qualité de vie tout en acceptant de vivre avec une sensation résiduelle.
Prévention du déclin cognitif
Le déclin cognitif peut être accéléré par divers facteurs comme le stress, une mauvaise alimentation ou un manque d’activité physique. Cependant, il est possible de ralentir ce processus en adoptant une alimentation riche en oméga-3 et en antioxydants, et en pratiquant une activité physique régulière. Des substances comme l’homotaurine et l’Huperzine peuvent agir sur les agrégats de protéines qui altèrent la neurotransmission. La phosphatidylsérine, un élément essentiel des membranes cellulaires des neurones, peut améliorer la communication entre ces cellules, favorisant ainsi la mémoire et la concentration.
L’influence de l’IA dans la santé mentale
L’intelligence artificielle (IA) révolutionne notre approche de la santé mentale. Elle permet d’analyser de grandes quantités de données et d’identifier des tendances, ce qui la rend de plus en plus utile pour détecter les troubles mentaux, personnaliser les traitements et surveiller les patients en continu.
Diagnostic précoce des troubles mentaux
L’IA peut analyser des données complexes pour détecter précocement les troubles mentaux :
• Interactions vocales : L’IA peut analyser le ton, la vitesse et le rythme de la voix pour détecter des signes de dépression ou d’anxiété.
• Expressions faciales : En observant des micro-expressions, l’IA peut identifier des émotions non exprimées verbalement.
• Comportement numérique : Les habitudes numériques peuvent révéler des anomalies dans le comportement qui traduisent des troubles mentaux.
Par exemple, Ellipsis Health utilise l’IA et l’analyse vocale pour évaluer et gérer les symptômes de dépression et d’anxiété, facilitant ainsi le diagnostic et le suivi des patients dans les applications de santé et les consultations à distance.
Personnalisation des traitements
L’IA permet d’adapter précisément les soins aux besoins individuels en prenant en compte l’historique médical, les préférences et la réponse aux traitements précédents. Elle peut ajuster les thérapies en temps réel, offrant ainsi une approche plus dynamique et personnalisée du traitement.
L’IA et l’autogestion de la santé mentale
De nombreuses applications utilisent l’IA pour offrir un soutien en santé mentale accessible et autonome :
• Woebot : un chatbot utilisant des techniques de thérapie cognitive comportementale pour aider à gérer le stress et l’anxiété.
• Wysa : un chatbot thérapeutique mettant l’accent sur la psychologie positive.
• Headspace: analyse en temps réel les données comportementales pour fournir un soutien mental personnalisé.
• Kaia Health : utilise l’IA et la thérapie physique pour proposer des programmes de réhabilitation personnalisés contre les douleurs chroniques.
Risques et limites de l’IA en santé mentale
Malgré ses nombreux avantages, l’utilisation de l’IA en santé mentale soulève également des préoccupations :
• Problèmes de confidentialité : les outils d’IA collectent des données sensibles qui peuvent être vulnérables aux violations de confidentialité.
• Biais algorithmiques : peuvent affecter la qualité des diagnostics et des traitements, particulièrement pour les minorités et les groupes sous-représentés.
• Dépendance technologique : l’automatisation des services de santé mentale peut réduire les interactions humaines, essentielles pour une prise en charge globale des patients.
Il est donc crucial de maintenir une supervision humaine dans l’utilisation de ces technologies.
L’influence de l’Art sur le cerveau : une exploration émotionnelle et cognitive
L’artiste Laurence Jenkell a pris le relais en expliquant comment l’art agit directement sur notre cerveau. Elle a rappelé que l’art active plusieurs zones cérébrales, notamment :
• L’amygdale, qui traite les émotions.
• Le cortex préfrontal, impliqué dans l’analyse et la prise de décision.
• Le système de récompense, qui libère de la dopamine, générant du plaisir et réduisant le stress.
Laurence Jenkell a ensuite retracé l’évolution de l’art en lien avec l’histoire de la pensée humaine. Depuis les peintures rupestres, où l’art était un outil de narration et de transmission, jusqu’à l’art contemporain, qui joue sur les perceptions et les émotions, chaque mouvement artistique reflète une part de notre psyché collective.
Elle a particulièrement insisté sur les artistes ayant marqué la psychologie de l’art :
• Van Gogh, dont les œuvres traduisent une forte intensité émotionnelle.
• Yves Klein, qui a exploré l’impact des couleurs sur le ressenti humain.
• Picasso, qui considérait l’art comme un moyen de purification psychique.
Les sculptures bonbon : un art chargé d’émotions
Enfin, elle a présenté son propre travail artistique autour des sculptures bonbon. Selon elle, ces œuvres éveillent un sentiment de nostalgie rassurante, en activant la mémoire autobiographique des spectateurs.
Elle a expliqué comment la torsion, élément clé de ses sculptures, représente la résilience et la transformation, deux notions fondamentales dans le parcours émotionnel de chacun.
Elle a conclu en affirmant que l’art ne se limite pas à l’esthétique : il joue un rôle thérapeutique avéré. Il est utilisé dans l’art-thérapie pour aider les patients atteints de stress post-traumatique, d’anxiété et de dépression. En stimulant la créativité, l’art permet de libérer des émotions, favorisant ainsi le bien-être mental.
Une convergence entre science, technologie et créativité
Cette conférence a mis en lumière les interactions profondes entre la nutrition, l’intelligence artificielle et l’art sur le cerveau humain. Si la neuro-nutrition et l’IA offrent des outils concrets pour améliorer la santé mentale, l’art demeure un vecteur fondamental d’émotions et d’équilibre psychologique. À travers ces trois disciplines, il devient clair que prendre soin de son cerveau nécessite une approche globale, mêlant science, technologie et expression artistique. Un véritable appel à repenser notre rapport à la santé mentale dans une société en perpétuelle évolution.












