Conférence MWFI avec Lionel Beffre : une vision stratégique pour Monaco.
Conférence organisée par MWF Institute (MWFI) et animée par Patricia Cressot, présidente.
Propos recueillis par Pascale Caron
Lionel Beffre, ministre de l’Intérieur de Monaco depuis le 5 août 2024, est un haut fonctionnaire français. Lauréat de l’« Institut d’Études Politiques » de Paris, licencié en droit, ancien élève de l’ENA, il a occupé plusieurs postes de préfet en France, notamment en Lot-et-Garonne, Eure-et-Loir, Pyrénées-Atlantiques, Isère et Seine-et-Marne. Il a également exercé comme Haut-Commissaire de la République en Polynésie française, une mission qui lui a permis d’aborder des problématiques de gestion territoriale et de sécurité à grande échelle.
Sa nomination à Monaco, illustre l’importance stratégique de son rôle. Contrairement à la France où le ministère de l’Intérieur est centré sur la sécurité et l’administration territoriale, Lionel Beffre administre un spectre bien plus large de responsabilités, incluant l’éducation, la jeunesse et les sports, la culture et les relations institutionnelles avec les Cultes et la Mairie de Monaco.
Lors de la conférence organisée par le Monaco Women in Finance Institute (MWFI), Lionel Beffre a partagé sa vision des défis et des opportunités pour Monaco, notamment en matière de sécurité, d’attractivité, d’éducation et d’événementiel. Ce rendez-vous a permis aux entrepreneurs et aux citoyens d’échanger sur les enjeux actuels et futurs de la Principauté.
Un ministère aux attributions étendues
Le périmètre d’action, du ministre de l’Intérieur de Monaco dépasse largement celui de son homologue français. En plus de la sécurité publique, il supervise :
- L’éducation, la jeunesse et le sport, garantissant un enseignement de qualité et un accès aux infrastructures sportives.
- La culture, en soutenant les événements artistiques et la diversité culturelle.
- Les relations avec les cultes, en assurant un cadre de coexistence harmonieuse entre les différentes confessions.
- Les relations avec la mairie de Monaco, favorisant une gestion cohérente entre les institutions publiques.
Cette polyvalence impose une approche transversale et une collaboration étroite avec les autres ministères monégasques et les partenaires internationaux.
Sécurité : un modèle à pérenniser et à renforcer
Monaco est réputée pour être l’un des États les plus sûrs au monde, grâce à une forte présence policière et un système de vidéosurveillance avancé avec plus de 1 200 caméras couvrant l’ensemble du territoire. Le taux de criminalité y est extrêmement bas : en moyenne, un fait de délinquance par jour sur la voie publique, soit un niveau de sécurité incomparable avec d’autres grandes villes ou d’autres États.
Malgré cet environnement ultra-sécurisé, deux incidents récents ont rappelé la nécessité d’une vigilance constante. Une série de cambriolages, orchestrée par une même équipe de malfaiteurs, interpellée en août 2024. Depuis leur arrestation, les cambriolages ont fortement diminué. Deux braquages de bijouteries, dont l’un en décembre 2024. Le premier braqueur n’a pas encore été interpellé, mais le second a été appréhendé en moins de deux heures à Beausoleil grâce à la coopération policière franco-monégasque.
Face à ces défis, Lionel Beffre a détaillé plusieurs mesures pour renforcer la sécurité :
- Augmentation des effectifs policierssur le terrain en les déchargeant de certaines tâches administratives.
- Amélioration des dispositifs de vidéosurveillance, avec des outils d’intelligence artificielle, en respectant les libertés individuelles, pour mieux détecter les anomalies, en particulier en gare de Monaco, en collaboration étroite avec la SNCF.
- Renforcement des contrôles routiers, notamment en matière d’alcoolémie, avec une réforme législative en préparation.
L’objectif est de préserver le haut niveau de sécurité de Monaco tout en s’adaptant aux nouvelles menaces.
Éducation et attractivité des écoles monégasques
Le système éducatif monégasque est reconnu pour son haut niveau de qualité. Avec un taux de réussite exceptionnel au baccalauréat, les écoles de la Principauté offrent des infrastructures modernes, des classes spacieuses et un encadrement pédagogique performant.
Monaco attire également de nombreux élèves français, notamment des villes voisines comme Beausoleil, Cap d’Ail ou Roquebrune-Cap-Martin. Les demandes de dérogation pour intégrer les écoles monégasques sont nombreuses, mais le nombre de places demeure limité.
Les atouts majeurs du système monégasque sont un enseignement numérique avancé (initié il y a plus de 10 ans), la priorité accordée aux langues étrangères, en particulier l’anglais. Les infrastructures sportives de haut niveau permettent des heures supplémentaires de pratique. Enfin une forte présence de la culture et de la musique est intégrée aux cursus scolaires.
L’Événementiel : un atout économique et un défi logistique
Les événements majeurs organisés à Monaco, un exemple étant le Grand Prix de Formule 1, génèrent jusqu’à 200 millions d’euros de retombées économiques et renforcent la visibilité internationale de la Principauté. D’autres événements, tels que le Monaco Yacht Show, ou le Jumping international de Monte-Carlo ou le Rolex Masters de Tennis, participent également à cette dynamique. Cependant, la gestion du calendrier événementiel pose certains défis comme la congestion urbaine, notamment lors du montage et du démontage des infrastructures, l’impact sur la mobilité des résidents et une coordination complexe entre les différents événements. Le départ de la Vuelta en 2026, qui marquera une première pour Monaco, vient s’ajouter à ce défi de planification.
Attractivité et Résidence : simplifier les démarches administratives
Monaco continue d’attirer des résidents fortunés du monde entier, notamment des Britanniques et des Russes. Cependant, les délais pour l’obtention des titres de résidence restent dans certains cas un peu longs, malgré la dématérialisation des documents, ce qui nuit à l’attractivité économique.
Lionel Beffre a reconnu la nécessité de rendre les démarches plus fluides, en intégrant davantage d’outils numériques et d’automatisation. Une des pistes envisagées est la fusion des démarches administratives pour les résidents et les entrepreneurs, permettant un traitement plus rapide et plus efficace des dossiers.

A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie. Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative et secrétaire générale de MWF Institute.
Sur la photo, Pascale Caron, Lionel Beffre, Patricia Cressot présidente de MWF Institute et Ines Bensalah nouvelle ambassadrice MWF Institute.
L’Apport de la Culture à l’Économie : un pilier du rayonnement monégasque
Propos recueillis par Pascale Caron
Le Club Eco Monaco, organisé par le Groupe Nice-Matin et le Monaco Economic Board, a accueilli une table ronde d’exception. Le thème était « L’apport de la Culture à l’Économie », un sujet qui illustre la synergie entre les dynamiques culturelles et économiques de la Principauté.
Modéré par Denis Carreaux, directeur des rédactions de Nice-Matin et Monaco-Matin, des intervenants prestigieux ont partagé leur expertise et leur vision, sur le rôle central de la culture, dans le développement économique de Monaco. Parmi eux, Lionel Beffre, Conseiller de Gouvernement-Ministre de l’Intérieur, Bruno Mantovani, directeur artistique du Printemps des Arts de Monte-Carlo. Egalement Catherine Alestchenkoff, directrice des événements culturels au Grimaldi Forum, Guillaume de Sardes, chargé du développement du Nouveau Musée National de Monaco, Olga de Marzio, directrice d’Artcurial Monaco et Damien Simonnelli, directeur de l’Opéra Gallery. Ce rendez-vous a mis en lumière les investissements significatifs dans la culture et leur impact direct sur l’attractivité, le rayonnement et la prospérité économique de la Principauté.
La Culture, un investissement stratégique pour Monaco
Lionel Beffre, en ouverture, a souligné que la culture représente 4,6 % du budget total de l’État monégasque, une proportion bien supérieure à la moyenne européenne, où elle avoisine souvent 1 %. Cet effort budgétaire traduit une volonté forte de maintenir une offre culturelle diversifiée, accessible et de haute qualité.
« La culture est un levier économique et un vecteur d’identité. Elle contribue à l’attractivité et au prestige de la Principauté », a rappelé le Conseiller de gouvernement, mettant en avant la continuité et la variété de l’offre tout au long de l’année. Concerts, expositions, ballets, opéras, festivals… l’agenda culturel de Monaco s’inscrit dans une logique de qualité et d’excellence qui attire un public international.
Un impact économique et touristique majeur
L’impact de la culture ne se limite pas à l’enrichissement artistique. Il s’agit d’un véritable moteur économique qui génère des retombées significatives pour l’ensemble du tissu monégasque. Bruno Mantovani, directeur du Printemps des Arts de Monte-Carlo, a rappelé l’importance des festivals dans le dynamisme local. Avec des créations d’emplois, techniciens, scénographes, musiciens, agents de sécurité, etc.
L’afflux de visiteurs et de résidents attirés par une programmation exigeante et innovante et la synergie avec l’offre hôtelière et gastronomique. En parallèle, il a insisté la gratuité du festival pour les moins de 25 ans afin de favoriser l’accès à l’art et construire une audience fidèle.
Musées, galeries et maisons de vente : des acteurs économiques de premier plan
La présence d’institutions artistiques majeures comme le Nouveau Musée National de Monaco ou l’Opéra Gallery participe également à cette dynamique. Guillaume de Sardes a mis en avant la dimension stratégique du musée, qui se positionne comme un acteur de l’économie culturelle tout en restant fidèle à une exigence de qualité. La future extension du musée, conçue par Renzo Piano, permettra d’exposer des collections encore peu accessibles au public.
Damien Simonnelli, directeur de l’Opéra Gallery, a souligné le poids du marché de l’art, qui attire de grands collectionneurs et contribue à l’attractivité de Monaco sur la scène artistique mondiale.
Olga de Marzio a mis en lumière le rôle clé d’Artcurial Monaco dans l’écosystème économique, notamment grâce à des ventes aux enchères de prestige et des événements culturels d’envergure comme Monaco Sculptures 2025.
Les retombées concrètes sur l’économie locale
Les événements et expositions génèrent des retombées économiques directes et indirectes. Avec une augmentation de la fréquentation des hôtels et restaurants, le développement du secteur du luxe et de l’art et le renforcement de la visibilité internationale grâce à la médiatisation des manifestations.
Selon une étude du Grimaldi Forum, la consommation moyenne des visiteurs culturels est estimée à 88 euros par jour, ce qui représente plusieurs millions d’euros injectés dans l’économie locale chaque année. Le Grimaldi Forum est un centre culturel et événementiel majeur de Monaco, combinant expositions artistiques, spectacles et congrès internationaux. Il accueille chaque année plus de 120 événements, générant des retombées économiques importantes pour la Principauté, notamment grâce au tourisme d’affaires et aux visiteurs culturels. Les expositions estivales sont le point fort de sa programmation et attirent un large public international. Un projet d’agrandissement est en cours pour étendre les espaces d’exposition et de congrès, positionnant Monaco au premier plan des destinations culturelles et événementielles. L’institution met également en place des initiatives pour rendre la culture accessible : comme des visites nocturnes et privatives, ainsi que la gratuité des expositions pour les moins de 19 ans.
Monaco, un rayonnement culturel international
Dans un contexte de compétition mondiale accrue entre les grandes métropoles culturelles comme Paris, Londres ou Dubaï, Monaco tire son épingle du jeu grâce à un modèle original combinant excellence culturelle et cadre de vie exclusif.
« L’Europe est en léger déclin sur le plan culturel, tandis que de nouvelles puissances émergent. La culture est un moyen essentiel de maintenir notre attractivité », a rappelé Guillaume de Sardes. La présence d’institutions culturelles de premier plan, couplée à une fiscalité attractive et une sécurité importante, incite de nombreux mécènes, artistes et collectionneurs à choisir Monaco plutôt que d’autres destinations.
L’importance du digital et de la communication internationale
Les intervenants ont insisté sur une meilleure visibilité des offres culturelles à l’international. Le lancement récent du portail culturel www.culture.mc vise à centraliser toutes les programmations et à faciliter l’accès aux événements.
Des propositions ont été évoquées pour renforcer la visibilité. Comme développer des expériences exclusives comme des visites privées, intensifier la promotion sur les réseaux sociaux et dans la presse étrangère et multiplier les partenariats public-privé pour des événements innovants. Des initiatives comme le Monaco Art Week ou les collaborations avec les grandes maisons de vente comme Artcurial intensifient cette stratégie de rayonnement.
Tous les acteurs présents ont souligné la nécessité d’innover tout en préservant l’excellence. L’objectif est de maintenir Monaco à la pointe de la scène culturelle mondiale, en intégrant des formes artistiques nouvelles et en attirant des publics toujours plus diversifiés.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative et secrétaire générale de MWF Institute.
Sur la photo, Pascale Caron avec Sophie Arnaud Deromedi, présidente des CCEs Monaco
Assemblée Générale 2024 du Monaco Women in Finance Institute : retour sur une année de transformation
Le 16 décembre 2024, le Monaco Women in Finance Institute (MWFI) a tenu son assemblée générale annuelle, marquant une étape clé dans son développement. Ce rendez-vous a mis en lumière les réalisations de l’année écoulée et les ambitions renouvelées de l’institut pour l’année à venir. Avec un nouveau comité exécutif et des ambassadeurs engagés, MWFI poursuit sa mission de promouvoir une économie inclusive et durable.
Une année exceptionnelle pour MWF Institute et Sowl Initiative !
En 2023-2024, MWF Institute a organisé une série d’événements et d’interviews inspirants, abordant des thématiques majeures comme l’économie, la durabilité, la santé mentale et les innovations technologiques. Nos conférences ont réuni experts et visionnaires autour de sujets clés : protection des actifs digitaux, rôle des femmes dans l’économie, IA générative, durabilité et impact social.
Cette année a également été l’opportunité de développer des partenariats stratégiques : avec la Jeune Chambre Économique lors du Monaco Inspire, la Sohn Monaco Investment Conference, la projection de la pièce « Vivantes » et le Monaco Wealth Summit, renforçant encore notre présence et notre impact. Nous avons renforcé également nos actions avec notre partenaire historique Monacotech.
Parallèlement, 22 interviews réalisées dans notre Webzine Sowl Initiative, ont mis en lumière des personnalités inspirantes : Élisabeth Moreno, ancienne ministre engagée pour l’égalité des chances, Catherine Barba, entrepreneure et pionnière du numérique, Laurence Jenkell, artiste de renommée internationale, ou encore Nelly Chatou Diop, spécialiste en blockchain et finance digitale.
Ces entretiens ont exploré des sujets variés allant de la politique et la technologie, à l’art, au leadership féminin et à la blockchain.
Ces événements et ces rencontres ont témoigné de l’engagement de MWF Institute et de Sowl Initiative à aborder des thématiques ambitieuses et à ouvrir le dialogue sur des problématiques majeures. Nous remercions chaleureusement tous les participants, partenaires et intervenants qui ont contribué à la réussite de cette année.
Ensemble, nous avons renforcé notre vision commune : un monde plus inclusif, durable et orienté vers l’avenir.
Un nouveau Comité Exécutif
L’assemblée générale a officialisé la mise en place d’un nouveau comité exécutif, composé de professionnels passionnés et engagés :
- Patricia Cressot, Présidente : Cofondatrice de MWFI, elle reste le pilier stratégique de l’institut, guidant ses actions avec conviction et vision.
- Johanna Damar-Flores, Vice-Présidente : Leader reconnue, elle continue d’insuffler une dynamique d’innovation et d’inclusion.
- Giorgeth Le Guillouzic, Trésorière : Nouvelle arrivée, elle apporte une expertise précieuse dans la gestion et le développement des projets financiers.
- Sophie Schaad, Nouvelle responsable Administrative : Avec son approche rigoureuse, elle assure une organisation fluide et efficace des initiatives.
- Pascale Caron, Secrétaire Générale : La directrice de rédaction de Sowl Initiative, veille à la mise en œuvre des projets et à leur cohérence avec les valeurs de MWFI. Elle continuera à enrichir les partenariats.
- Jean-Claude Mourad, Relations Extérieures : Responsable du rayonnement de l’institut, il joue un rôle essentiel dans l’établissement de nouveaux partenariats.
Cette nouvelle équipe marque une étape de renouveau, combinant expérience et perspectives modernes.
Nelly Montanera, Aude Lefrevre Krumenacker et Julie Faure compléterons nos actions dans un comité Consultatif.
Les Ambassadeurs : figures de l’engagement
Les ambassadeurs de MWFI incarnent les valeurs de l’institut et participent activement à son rayonnement. Parmi eux : Michel Santi, Économiste, offre des analyses précieuses sur les défis macroéconomiques mondiaux, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Économie, enrichit les débats avec son expérience dans les marchés financiers, Dr. Nathalie Hilmi, Chercheuse en économie durable, contribue à l’exploration des solutions aux enjeux climatiques et sociaux, Joana Foglia et Laurence Vanin, figures influentes dans leurs domaines respectifs, participent activement à l’élaboration de solutions innovantes. Maitre Stéphane Brabant et Andréa Calabro nous accompagnent également.
Ces ambassadeurs, par leur diversité et leurs expertises, renforcent l’impact des actions de MWFI à l’échelle locale et internationale.
Des partenariats stratégiques et une vision inclusive
MWFI a poursuivi son engagement auprès de nos partenaires stratégiques :
- Le Comité des Droits des Femmes, pour promouvoir des initiatives en faveur de l’égalité de genre.
- Monacotech, acteur clé de l’innovation.
- AMFID et MEB (Monaco Economic Board), élargissant les opportunités d’échanges économiques et institutionnels.
- Le Lions club de Monaco avec qui nous nous engageons dans des action caritatives.
Ces partenariats ont permis à MWFI de renforcer sa visibilité et son influence dans des secteurs variés.
Avec un nouveau comité exécutif, des ambassadeurs influents et des projets ambitieux, MWFI a franchi une étape importante en 2024. L’institut s’impose comme un acteur incontournable des réflexions économiques et sociétales, en rassemblant des leaders autour d’une vision commune : construire un avenir plus équitable et durable. Rendez-vous en 2025 pour poursuivre cette dynamique !

L’artiste qui fait fondre le monde
Interview de Laurence Jenkell, alias JENK, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, sculptrice et peintre française d’art contemporain.
Par Pascale Caron
Lorsque l’on mentionne le nom de Laurence Jenkell, une image vient immédiatement à l’esprit : ses célèbres sculptures de bonbons torsadés, monumentales, colorées, et reconnaissables entre mille. Les sculptures de Laurence Jenkell ornent des lieux prestigieux dans plus de 50 pays : musées, collections privées, et espaces publics. De New York à Saint-Tropez, en passant par le World Trade Center et l’aéroport de Nice, son art transcende les frontières géographiques et culturelles.
Son actualité est foisonnante : des expositions à Monaco, Dubaï et Antibes, des collaborations en cours, et le développement de nouvelles collections. Mais malgré ce rayonnement mondial, elle reste fidèle à ses racines et à son amour pour l’enfance et la douceur.
Laurence Jenkell est une artiste passionnée, une entrepreneuse visionnaire, et une femme engagée. Son art, comme elle, est une célébration de la résilience et de l’espoir, un rappel que la beauté peut naître des torsions de la vie. Je vous livre donc notre entretien.
Comment es-tu devenue artiste ?
« Par accident ! », me dit-elle en souriant. « Avant la naissance de mes filles, je travaillais dans l’hôtellerie de luxe à Cannes, notamment au Martinez comme responsable des congrès, et au Carlton en relations publiques. C’était exigeant, mais passionnant. Pendant mon temps libre, je m’essayais aux Beaux-Arts : aquarelle, fusain, dessins de nu… Mais à l’époque, c’était juste un hobby.
Ma vie a basculé avec la naissance de mes filles. Mon mari m’a demandé d’arrêter de travailler pour me consacrer à la maison. C’était difficile à accepter, mais j’ai finalement cédé. » À ce moment-là, Laurence découvre un nouvel espace d’expression dans son sous-sol : « J’ai commencé à travailler sur des compositions. Les bonbons, dont on m’avait privée dans mon enfance, sont vite devenus une obsession. Je les chauffais, mélangeais résines et acryliques, et réalisais des tableaux-pièges enfermés dans du plexiglas. »
Mais sa passion dévorante, alimentée par des nuits entières de travail, devient source de tensions : « L’odeur de la résine agaçait mon mari. C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée d’utiliser les chutes de plexiglas pour créer une sculpture. Un four de cuisine, une torsion à droite, une torsion à gauche… Et le bonbon est né ! »
Et après ce premier bonbon ?
« J’ai travaillé d’arrache-pied pour perfectionner la technique. En 2006, deux hommes travaillant pour le sculpteur Jean-Claude Farhi m’ont aidée à utiliser un four professionnel à Menton. Ça m’a permis de passer à une autre échelle. À ce moment-là, Jenkell s’est révélée. C’est une contraction des prénoms de mes filles : Jennifer et Kelly. »
Sa carrière connaît alors une accélération fulgurante. Coca-Cola commande une série en 2006, et en 2011, ses sculptures ornent la Croisette pendant le G20 à Cannes, sous forme d’énormes « Bonbons Drapeaux ». Ce succès symbolique, qui mêle art et diplomatie, propulse Laurence sur la scène internationale.
Tu as mentionné que la torsion représente plus qu’un simple geste artistique. Que veux-tu exprimer à travers cette signature ?
« La torsion, c’est ma manière de tordre le cou au passé. C’est aussi une métaphore des tensions et des souffrances que l’on traverse dans la vie. Elle évoque la résilience, mais également des problématiques plus larges : l’environnement, les violences faites aux femmes, la surconsommation… »
Ces préoccupations s’expriment dans ses œuvres récentes comme les « Wrapping Twist », qui symbolisent l’emballage froissé du bonbon, ou encore les « Monacandy », un hommage aérien à Monaco, inspiré des éventails d’été.
Parlons de ton installation à Monaco en 2020 sous le nom de JENK. Qu’est-ce que ce changement a représenté pour toi ?
« Monaco, c’était une nouvelle aventure. J’avais besoin de sortir de la démesure dans laquelle j’étais tombée : un atelier de 1000 m², quatre assistants à plein temps, des œuvres gigantesques… Je voulais me recentrer, à la fois sur ma vie et sur mon art. À Monaco, j’ai inauguré un atelier-showroom pour être plus proche des gens, pour partager mon savoir-faire. »
Aujourd’hui JENK redevient Jenkell et cette renaissance s’accompagne d’un moment clé la réouverture de son atelier à Valbonne. « C’est comme retrouver mes racines. Mon atelier et showroom, c’est un espace où je peux expérimenter, créer en toute liberté et exposer mes œuvres. C’est là que je suis vraiment moi-même. »
Dans ces deux ateliers Valbonne et Monaco, elle continue de perfectionner ses sculptures, mais elle explore aussi d’autres territoires : des collections plus petites, plus intimistes, qui allient innovation et excellence.
Sa volonté de transmission prend vie dans les ateliers « Make Your Own Bonbon », qu’elle a lancés en 2022. « Je voulais partager mon savoir-faire avec le public, et ces ateliers sont devenus un vrai succès », raconte-t-elle.
Ces sessions, d’une durée de trois heures, permettent à chacun de concevoir sa propre sculpture en plexiglas, guidé par Laurence elle-même. « C’est un moment de partage, de créativité. Les gens repartent avec leur bonbon unique, signé, et surtout, avec une expérience qu’ils n’oublieront jamais. »
Ouverts aux particuliers, associations et entreprises, ces ateliers reflètent parfaitement sa philosophie : rendre l’art accessible, tout en conservant un haut niveau d’exigence.
Tu es très investie dans les causes humanitaires. Pourquoi est-ce important pour toi ?
« L’art a une responsabilité. En tant qu’artiste, j’ai la chance d’avoir une voix, et je veux l’utiliser pour soutenir des causes qui me tiennent à cœur. » Depuis des années, Laurence participe à des ventes aux enchères caritatives et offre des œuvres pour des associations comme le Téléthon ou les Restos du Cœur.
En 2020, elle a créé une sculpture unique pour la Fondation des Femmes, remise en présence de Brigitte Macron. « C’est l’un des projets dont je suis la plus fière », confie-t-elle.
Comment vois-tu l’avenir de ton art ?
« Mon œuvre, c’est le bonbon, mais c’est surtout l’idée de torsion. Je ne m’arrêterais pas là. Je réfléchis à d’autres médiums, comme une ligne de joaillerie ou d’horlogerie. Et je veux continuer à explorer des thématiques plus profondes, en lien avec la société et l’environnement. »
Quelles sont les personnes ou les artistes qui t’ont inspirée ?
Laurence évoque des artistes comme Camille Claudel, Louise Bourgeois et Niki de Saint Phalle, mais insiste sur l’importance des rencontres. « Être autodidacte, ça me permet d’être curieuse, d’apprendre de tout. »
Elle parle aussi avec émotion de son ancien assistant, Marcel Charmeroy. Il l’a aidée à perfectionner sa technique avant de décéder en 2014. « Il m’a énormément soutenue. C’était un homme fabuleux. »
Enfin, aurais-tu une devise à partager ?
« Quand on veut, on peut », dit-elle avec conviction. « Et puis, j’aime cette phrase : “Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.” C’est toute ma vie. »
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
MONACO INSPIRE: Catherine Barba
On l’a vue dans « Qui veut être mon associé » sur M6, mon émission favorite. Le 30 novembre dernier, elle prenait la parole lors du Monaco Inspire organisé par la jeune chambre économique de Monaco aux côtés notamment de son compère Éric Larchevêque. Son discours pétillant comme de bulles de champagne m’a électrisée. J’ai souhaité tout naturellement en savoir plus.
Qui est Catherine Barma ?
C’est une entrepreneure française pionnière du commerce électronique et de la transformation numérique. Diplômée de l’ESCP Europe, elle débute sa carrière chez iFrance avant de créer plusieurs sociétés marquantes, dont CashStore (site de cashback) et Malinea (cabinet de conseil en e-business), toutes deux revendues avec succès. En 2012, elle lance le Catherine Barba Group pour accompagner les enseignes dans leur transition digitale.
Elle s’installe ensuite aux États-Unis où elle investit dans 20 start-ups des secteurs retailtech, fintech et edtech, tout en soutenant des entrepreneurs de talent comme Céline Lazorthes ou Maud Caillaux. Administratrice indépendante du groupe Renault depuis 2017, elle met son expertise au service de la transformation des grandes entreprises.
En 2022, Catherine Barba cofonde Envi, une école dédiée aux indépendants.
Monaco Inspire
Lors de son intervention à Monaco Inspire, elle a partagé un discourt fort et inspirant. Son nouveau but : coacher les entrepreneurs indépendants, une catégorie souvent oubliée, car on a que le mot start-up à la bouche. Après 25 ans passés à conseiller de jeunes pousses et à côtoyer l’univers de la French Tech, elle s’intéresse désormais à ces « entrepreneurs à leur mesure » : freelances, artisans, consultants, ou encore « slasheurs ».
Contrairement aux start-ups, où beaucoup sont appelés, mais peu réussissent, le monde des indépendants offre une voie accessible et noble. En France 10 millions de personnes travaillent à leur compte. Ce public, en quête d’autonomie, d’équilibre de vie et de sens, est au cœur de son engagement actuel.
Apprendre à « lever des clients » : le nerf de la guerre
Pour Catherine, la clé du succès dans ce cas ne réside pas dans la levée de fonds, mais dans la capacité à « lever des clients ». Elle insiste sur l’importance de maîtriser l’art de la vente : le deuxième métier de tout entrepreneur.
Son conseil phare : consacrer du temps à la prospection et à la relance. Elle estime que la réussite d’un business dépend largement du temps investi à identifier des clients potentiels, rédiger des messages percutants, et les recontacter sans relâche. « L’art de la vente, c’est la relance », affirme-t-elle, en soulignant que la persévérance est un atout crucial pour surmonter les refus et les obstacles.
Les fondements d’un business durable
Pour construire une activité indépendante pérenne, elle conseille plusieurs points. Tout d’abord une motivation profonde : l’entrepreneur doit être capable d’expliquer, en une phrase claire, pourquoi il lance son activité. Cette motivation est essentielle pour surmonter les échecs et maintenir son engagement dans les moments difficiles. Elle encourage d’ailleurs à viser « un échec par jour », une méthode audacieuse pour mesurer l’effort fourni et cultiver la résilience.
Un point fondamental ensuite est un entourage bienveillant : le soutien des proches et la présence de mentors sont primordiaux pour progresser. Elle insiste sur l’importance de s’entourer de personnes qui nous soutiennent : cela permettra à l’entrepreneur en herbe de se dépasser.
L’entreprise doit partir d’une compétence solide : il faut capitaliser sur une expertise forte, tout en restant vigilant face à l’obsolescence rapide des compétences. Elle préconise de consacrer quotidiennement du temps à l’apprentissage et à la veille.
L’important également est de bien définir sa cible : identifier précisément à qui s’adresse le produit ou service est crucial. Il ou elle doit vérifier que sa cible est assez large, solvable, et a un réel besoin que son offre peut combler.
Et bien sûr le modèle économique doit être viable : l’offre doit non seulement répondre à un besoin, mais aussi être financièrement rentable. Catherine Barba met en garde contre les modèles qui ne génèrent pas une marge suffisante.
Une pédagogie centrée sur l’action
Avec son école Envie, Catherine Barba accompagne les entrepreneurs à structurer leur offre, à définir leur singularité et à perfectionner leur discours commercial. Elle leur apprend notamment à utiliser les mots justes pour présenter leur activité. Le meilleur moyen est de s’appuyer sur le langage des clients eux-mêmes, collecté via des enquêtes et des retours d’expérience.
Elle insiste également sur l’importance de tester son idée auprès de la cible visée, avant même de lancer une offre. « Posez les bonnes questions, y compris sur le prix que vos clients seraient prêts à payer », conseille-t-elle, soulignant que les enquêtes bien menées peuvent éviter de nombreuses erreurs stratégiques.
Elle termine son intervention en affirmant que tout cela « s’apprend ». Sa passion pour l’accompagnement et la transmission reflète un désir profond de voir émerger une génération d’entrepreneurs indépendants épanouis et performants !
Crédit photo Philippe Fitte
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
Vivantes
Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes
MWF Institute, en collaboration avec l’association Nous Les Ambitieuses, le Cinéma Sporting et le Comité du droit des femmes de Monaco, a organisé le 29 novembre 2024 une projection de la pièce de théâtre « Vivantes ». Cette œuvre, écrite et mise en scène par Élie Chouraqui et produite par Alexandra Fechner, s’inspire de témoignages réels pour donner une voix puissante aux femmes victimes de violences, mettant en lumière leur résilience face à l’inacceptable.
Une Œuvre théâtrale engagée
« Vivantes » est une création théâtrale poignante qui aborde la thématique des violences faites aux femmes. Élie Chouraqui, reconnu pour son engagement artistique, a conçu cette pièce en s’inspirant de témoignages authentiques, offrant ainsi une tribune aux femmes qui étaient présentes sur scène, protégées par un masque pour exprimer leurs souffrances et leur force. La production d’Alexandra Fechner, ambassadrice nationale de l’association Nous Les Ambitieuses, apporte une dimension supplémentaire à cette œuvre en la rendant accessible à un large public.
La création théâtrale a déjà été vue par plus de 5 000 spectateurs depuis 2022. Elle a été diffusée sur LCP le 24 novembre 2024, suivie d’un débat entre Élie Chouraqui et Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale.
L’Engagement de « Nous Les Ambitieuses »
Fondée en mars 2020, l’association Nous Les Ambitieuses est un réseau dynamique d’experts issus de la société civile, soutenue par des citoyens engagés. Son objectif est de sensibiliser le public de manière bienveillante et positive sur des sujets cruciaux tels que la préservation des océans et la lutte contre les violences faites aux femmes. L’association utilise des œuvres artistiques et des expériences immersives pour susciter une prise de conscience collective.
Chaque année, Nous Les Ambitieuses initient trois grands projets pour toucher des jeunes aux aînés, avec pour mission de bouger les lignes. La pièce « Vivantes » s’inscrit dans cette démarche, recourant au théâtre comme moyen de sensibilisation et d’éducation.
Témoignages et Perspectives
Lors de l’échange, les intervenants ont partagé des réflexions profondes sur la genèse de « Vivantes » et son impact. Alexandra Fechner a évoqué la collecte des témoignages et la collaboration avec des associations telles qu’Excision, Parlons-en, La Voix de l’Enfant et La Maison des Femmes. Ces vivantes ont permis de donner une dimension authentique et émouvante à la pièce.
Virginie Atlan, présidente de Nous Les Ambitieuses, a rappelé que l’objectif est de sensibiliser de manière bienveillante et positive, en utilisant des œuvres artistiques pour toucher le public et susciter une prise de conscience collective. Il est important pour NLA de rendre la pièce accessible à un large public, y compris les jeunes adultes. Elle a évoqué les efforts pour diffuser « Vivantes » à l’international, avec des sous-titres en anglais, afin d’atteindre un public encore plus vaste.
La projection de « Vivantes » à Monaco a été un moment fort de sensibilisation, réunissant des personnalités engagées et un public attentif. Les retours ont été très positifs, soulignant la puissance de l’œuvre et l’importance de telles initiatives pour combattre les violences faites aux femmes.
En donnant une voix aux victimes et en sensibilisant les spectateurs de manière bienveillante, cette pièce contribue à une prise de conscience collective et a encouragé l’action pour éradiquer ce fléau.
La culture, et en particulier le théâtre est un outil puissant de transformation sociale, capable de toucher les cœurs et les esprits, et de susciter des changements durables dans la société.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
Émilie & The Cool Kids : Comment cette franchise s’est imposée comme une success story française ?
Comment une petite boutique de 37 m², lancée avec seulement 7 000 euros d’économies chacun, a-t-elle pu devenir un réseau national de coffee shops artisanaux ? C’est l’histoire fascinante d’Émilie & The Cool Kids, une enseigne qui s’est développée grâce à l’audace de ses fondatrices, Céline Molière et Émilie Zmaher, et à un modèle de franchise bien pensé. Revenons sur les origines de cette aventure, son expansion et ses innovations qui continuent d’inspirer les entrepreneurs.
Lors de Monaco Inspire, j’ai eu le plaisir d’interviewer Céline Molière la fondatrice. Nous l’avions déjà interviewée en 2021 et la franchise a maintenant fait un bon spectaculaire !
Quelles étaient les ambitions initiales ?
En 2007, Céline Molière revient de Californie, marquée par la culture des coffee shops indépendants et l’atmosphère conviviale qui y règne. Elle rêve de recréer cette ambiance en France, mais avec une touche unique : des produits faits maison et un univers chaleureux. Avec Émilie Zmaher, elle conçoit un concept autour des cookies, du café et des moments de partage. L’ouverture du premier magasin à Nice est modeste, mais les retours clients sont immédiatement positifs.
« À l’époque, nous avions très peu de moyens, » raconte Céline. « Mais nous avions une idée claire et une passion immense. Nous avons tout imaginé, de la carte au design des lieux, pour créer une expérience mémorable. » Cette détermination paie : dès les premiers mois, le café attire une clientèle fidèle, séduite par les produits artisanaux et l’atmosphère cosy.
Pourquoi choisir la franchise comme levier de développement ?
Après plusieurs années d’exploitation en propre, l’enseigne décide de se lancer dans la franchise pour accélérer sa croissance. « La franchise permet de partager notre savoir-faire tout en donnant à d’autres entrepreneurs l’opportunité de réussir avec un concept éprouvé, » explique Céline. La première franchise voit le jour en 2017, marquant une étape clé dans l’histoire de l’enseigne.
Aujourd’hui, Émilie & The Cool Kids compte plus de 30 points de vente, dont une majorité en franchise. Le flagship du Forum des Halles à Paris est devenu la vitrine de la marque, renforçant sa visibilité auprès d’une clientèle urbaine et cosmopolite.
La franchise offre un cadre structuré et minimise les risques pour les nouveaux entrepreneurs. L’enseigne met à disposition de ses franchisés des outils performants, comme des logiciels d’analyse de flux piétons et de données consommateurs, qui permettent de choisir les meilleurs emplacements. En moyenne, un point de vente atteint la rentabilité en 9 à 18 mois, un délai remarquable dans le secteur.
Quels défis rencontre-t-on dans la création d’un réseau ?
Comme tout modèle entrepreneurial, la franchise n’est pas sans enjeux. Céline confie que le recrutement des franchisés est une étape critique. « Au départ, il était difficile de dire non à un candidat, surtout lorsqu’il semblait très motivé, » explique-t-elle. Cependant, des erreurs de casting peuvent coûter cher à la marque, c’est pourquoi un processus rigoureux de sélection a été mis en place.
Les candidats passent par plusieurs étapes, incluant une immersion dans les cafés existants pour s’imprégner de l’univers de la marque. « Le test ultime ? Je me demande toujours si j’aurais envie d’aller boire un verre avec cette personne. Si la réponse est non, je sais que la collaboration sur le long terme sera compliquée. »
En quoi le Sugar Mummies Club (SMC) est-il une révolution ?
Un des freins majeurs à la franchise reste l’apport financier initial. Céline a donc imaginé le Sugar Mummies Club (SMC), un programme innovant qui agit comme une pépinière de franchisés. « Nous avons créé le SMC pour aider des candidats talentueux, mais limités financièrement, à concrétiser leur projet, » explique-t-elle. Ce dispositif, conçu en collaboration avec des experts comme Valérie Ammirati (cabinet Skynet) et Julien Siouffi, permet de lever ces freins grâce à un soutien financier et un accompagnement personnalisé.
Les franchisés du SMC commencent comme gestionnaires de points de vente semi-intégrés, avec un objectif clair : devenir indépendants au bout de trois ans. Ce modèle hybride combine la sécurité d’un emploi salarié et les avantages de l’entrepreneuriat. « Nous voulons leur donner les moyens de réussir à la force de leur travail, » ajoute Céline. Actuellement, plusieurs magasins, comme ceux de Marseille et Grenoble, fonctionnent sous ce modèle émergent.
Quelle est la place des valeurs dans ce succès ?
Émilie & The Cool Kids ne se contente pas d’être une franchise performante ; c’est aussi une entreprise profondément ancrée dans des valeurs humaines. Tous les produits sont faits maison, et les franchisés bénéficient d’une formation approfondie pour maîtriser les recettes. « Nous voulons que chaque café ait sa propre âme, tout en respectant les marqueurs visuels de la marque, » précise Céline.
Cette attention au détail s’étend également à la gestion des ressources. L’enseigne a mis en place une centrale d’achat qui permet à chaque franchisé de bénéficier de tarifs avantageux sur les matières premières. « Grâce à cette organisation, nos franchisés atteignent en moyenne une marge brute de 77 %, » souligne Céline.
Comment l’international a-t-il enrichi l’expérience de la marque ?
L’expérience d’un magasin en Islande, ouvert en 2017 et revendu récemment, a offert des enseignements précieux à l’enseigne. « C’était une aventure incroyable, mais nous avons réalisé que franchiser à l’international nécessite une structure différente, » confie Céline. Cette expérience réussie a renforcé la conviction que le marché français reste la priorité pour l’instant.
Quelles sont les ambitions pour les années à venir ?
Avec une croissance annuelle de 25 %, un chiffre d’affaires prévu à 12 millions d’euros en 2024, et l’objectif d’atteindre 50 points de vente d’ici 2026, Émilie & The Cool Kids ne manque pas d’ambition. Céline souhaite également investir davantage dans la communication pour renforcer la notoriété de la marque au niveau national. « Nous aimerions toucher une audience plus large et mieux faire connaître notre concept unique, » explique-t-elle.
Pourquoi cette success story inspire-t-elle autant ?
Au-delà des chiffres, Émilie & The Cool Kids incarne une vision de l’entrepreneuriat fondée sur l’innovation, le partage et la passion. L’histoire de Céline et Émilie montre que même avec des ressources limitées, il est possible de construire quelque chose de grand si l’on y met tout son cœur.
Pour les aspirants franchisés, cette enseigne représente un modèle à suivre, combinant un concept solide, un accompagnement de qualité et des valeurs humaines. « Nous ne cherchons pas seulement des partenaires commerciaux ; nous voulons bâtir une famille, » conclut Céline.
Avec cette philosophie, il n’est pas étonnant qu’Émilie & The Cool Kids continue de séduire autant les consommateurs que les entrepreneurs. Une success story à savourer, un cookie à la main.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
Élisabeth Moreno : Leadership et Impact au Féminin

Interview d’Elisabeth Moreno pour Sowl Initiative by MWF Institute.
Propos recueillis par Pascale Caron
Est-il besoin de présenter Élisabeth Moreno : ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances de 2020 à 2022. Elle a passé la majeure partie de sa carrière dans le monde de l’entreprise, de cheffe d’entreprise aux multinationales technologiques, sur quatre continents (États-Unis, Asie, Europe, Moyen-Orient et Afrique).
En 2018, elle devient vice-présidente du groupe Hewlett Packard en charge du continent africain. Autant de raisons pour moi de la contacter sur LinkedIn et c’est avec une joie non dissimulée que je vous livre notre discussion passionnée.
Au sein de notre équipe chez Monaco Women In Finance, vous êtes un vrai rôle modèle et je mesure ma chance de pouvoir échanger avec vous.
Je vous remercie Pascale, c’est également un plaisir pour moi d’échanger avec vous depuis Monaco ! J’aime beaucoup encourager les femmes qui me disent : « Je ne suis pas assez importante ou connue pour faire ça. » Je leur réponds toujours : « Arrêtez de penser que votre manque de notoriété vous empêche d’accomplir de grandes choses. Si vous pensez être trop petite pour changer le monde, essayez de dormir avec un moustique dans une chambre et vous verrez l’impact qu’il peut avoir. »
Je tiens à vous féliciter pour la création de Monaco Women in Finance, car nous avons plus que jamais besoin d’unir nos forces, nos compétences et nos expertises pour faire avancer les droits des femmes. Le combat est loin d’être gagné.
D’abord parce que les mouvements masculinistes ne nous laissent aucun répit. Il semblerait que nous perturbions les hommes, en les confrontant aux injustices que nous subissons depuis des siècles. Certains en prennent conscience et agissent pour changer les choses, tandis que d’autres opposent une résistance marquée.
Ensuite parce qu’affirmer aux femmes qu’elles détiennent le pouvoir de transformer leur vie peut représenter une charge considérable. Cela peut être un fardeau lourd à porter, et il est parfois plus aisé de penser que l’on n’a pas de prise sur les événements.
Mon expérience en tant qu’aînée d’une grande famille, m’a convaincue que le succès se multiplie lorsqu’il est partagé. Étant encore trop peu nombreuses à occuper des postes à responsabilités, il est essentiel de nous soutenir mutuellement. Je crois fermement qu’une fois cette solidarité féminine bien ancrée, de nombreux changements s’opéreront.
Abordons votre parcours. On connaît votre travail en tant que ministre, mais j’aimerais écouter ce qui vous a amenée à la direction de HP Afrique. Un thème qui nous tient à cœur chez MWF Institute, c’est inspirer les jeunes filles à se tourner vers les métiers de la Tech et vous êtes sans conteste une icône.
C’est essentiel de montrer que la Tech est un domaine accessible à toutes et à tous. Aujourd’hui encore plus que lorsque j’ai démarré il y a 20 ans.
J’ai débuté ma carrière en créant une entreprise dans le secteur du bâtiment à l’âge de 20 ans. Après une décennie, j’ai saisi l’impact transformateur du numérique et décidé de m’y investir pleinement. J’ai donc rejoint France Télécom, sans aucune expertise dans les télécoms, mais convaincue que la technologie et en l’occurrence internet, allaient redéfinir notre manière de travailler, d’étudier, de communiquer et de s’informer. Le poste de manager que j’ai accepté alors était une opportunité d’apprendre et d’explorer un secteur qui m’était étranger.
J’ai ensuite été recrutée par Dell, plus pour mon leadership et ma capacité à construire des équipes performantes que pour mes compétences techniques.
Un moment clé dans mon développement fut lorsque, après avoir âprement défendu mes équipes pour des augmentations salariales, un supérieur m’a dit que je ne réussirais jamais dans ce domaine parce que j’étais « trop humaine ».
Ce commentaire a renforcé ma conviction du management : le respect et la considération pour nos équipes sont essentiels à la réussite. Ce sont eux qui font la réussite d’une organisation. J’ai toujours dirigé en restant fidèle à mes valeurs, et je suis heureuse que l’avenir m’ait donné raison. Le succès vient avant tout des personnes avec qui nous travaillons, nous avons donc tout intérêt à les traiter correctement.
Après 12 ans chez Dell, Lenovo m’a sollicitée, m’offrant l’opportunité de découvrir une entreprise asiatique en pleine expansion. J’ai saisi cette chance, tout en menant un combat pour la parité et la diversité au sein des équipes. J’ai fixé un objectif ambitieux de 50 % de femmes en trois ans, et malgré le scepticisme initial, nous avons attiré des talents en créant un environnement ouvertement inclusif et inspirant.
Quelques années plus tard, HP m’a proposé de diriger leurs activités en Afrique, réalisant ainsi mon rêve de contribuer au développement technologique du continent. La pandémie m’a rapprochée des communautés expatriées, et c’est ainsi qu’à travers un concours de circonstances, mon engagement et mes valeurs m’ont menée à une carrière politique, un chemin que je n’avais jamais envisagé.
Pour ma part vous avez m’avez vraiment réconciliée avec la politique, car vous aviez un franc-parler.
Merci, j’en suis sincèrement honorée, car il faut que nous toutes et tous nous intéressions à la politique si nous voulons que les choses changent.
Vous avez raison de souligner que la sincérité, la spontanéité et la franchise ne correspondent pas aux codes traditionnels de la politique. Mais cela ne m’importait guère, car je n’avais aucune intention de bâtir une carrière politique. Si tel avait été mon objectif, j’aurais certainement dû adapter mon comportement, parce que pour réussir dans un environnement, il est nécessaire d’en accepter les règles. J’aime comparer cela au football : si vous voulez changer les règles du jeu, il faut être sur le terrain, pas rester dans les gradins en spectateur. Il est essentiel de faire ses preuves avant de prétendre pouvoir influencer les choses. En ce qui me concerne, je suis entrée en politique par conviction, et non par ambition. Je m’étais promis de rester fidèle à mes valeurs, sans me conformer pour plaire ou durer. Avec le recul, je me félicite de ce choix : beaucoup de celles et ceux qui me respectent aujourd’hui le font en partie parce que je suis restée fidèle à moi-même tout au long de mon parcours politique.
Quelles sont les actions dont vous êtes le plus fière, durant ces deux années au gouvernement ?
Je suis particulièrement fière d’avoir apporté une approche entrepreneuriale dans un ministère traditionnellement axé sur le militantisme et l’activisme. Forte de mon expérience d’entrepreneure, j’ai voulu introduire une dimension pragmatique. On me disait souvent : « Votre ministère, c’est celui de la parole. » À cela, je répondais : « Je vais en faire un ministère de l’action. » Je n’étais pas là pour simplement parler, bien que la parole soit cruciale, notamment lorsqu’il s’agit de lutter contre des inégalités profondément ancrées. Certes, il fallait exposer et dénoncer, mais je tenais surtout à voir des résultats concrets.
C’est dans cet esprit que j’ai contribué à la loi portée par Marie-Pierre Rixain, visant à instaurer des quotas pour briser les plafonds de verre, dans l’accès aux postes de direction. Grâce à la loi Copé-Zimmermann, des progrès avaient déjà été réalisés au sein des conseils d’administration. Le moment était venu d’étendre ces avancées aux COMEX et CODIR. J’ai donc investi toute mon énergie dans ce projet de loi, et bien qu’il ait fallu partir de très loin, celle-ci a finalement été adoptée.
J’ai également beaucoup travaillé sur les questions de violences sexistes et sexuelles, notamment pour la protection des victimes de violences conjugales, ainsi que leurs enfants. N’oublions pas que tous les 3 jours une femme meurt en France sous les coups de son conjoint ou de son ex. Nous avons mis en place des bracelets antirapprochement, nous avons doublé le nombre de places d’hébergement pour accueillir les victimes… c’est un travail de longue haleine.
Nous avons aussi porté la réforme des pensions alimentaires, un sujet crucial pour les familles monoparentales, dont 85 % sont soutenues par des femmes. Désormais, même en cas de non-paiement par le père, la CAF garantit le versement de la pension et se charge de récupérer les sommes dues. Un autre projet qui me tenait à cœur était l’ouverture de la PMA à toutes. Alors que depuis une décennie, les femmes mariées avaient accès à la procréation médicalement assistée, les femmes célibataires ou lesbiennes en étaient toujours exclues. Je ne comprenais pas comment une telle injustice pouvait persister. Nous avons donc œuvré pour cette loi, et je suis fière du résultat. J’ai également contribué à la gratuité de la pilule contraceptive pour les jeunes femmes jusqu’à 25 ans. Nous avons aussi légiféré contre les thérapies de conversion, pratiques inhumaines qui visaient à « guérir » des jeunes de leur orientation sexuelle, considérée à tort comme une maladie. Parmi les autres mesures concrètes en faveur de l’égalité des chances, j’ai lancé une plateforme de lutte contre les discriminations, en partenariat avec la défenseure des droits, Claire Hedon. Le but était que les personnes maltraitées ne soient pas abandonnées à leur sort.
Ces initiatives ont eu un impact concret dans la vie des gens, ce qui était ma priorité. Bien que mon temps en politique ait été bref, j’ai mené des combats significatifs, qui ont donné du sens à mes engagements de toujours.
Je n’aurais jamais pu obtenir ces résultats sans la coopération des entreprises et associations très engagées. En politique, on ne réussit jamais seul, surtout sur des sujets aussi complexes et vitaux. C’est grâce à ces partenariats que j’ai pu faire progresser tous ces projets qui me tenaient à cœur.
Cette expérience m’a profondément éclairée sur plusieurs sujets ; D’abord les dynamiques du pouvoir au plus haut niveau, et la complexité de la gestion d’un pays comme le nôtre. La France est un grand pays que l’on ne valorise pas toujours à sa juste mesure.
Parlez-nous donc de vos challenges actuels.
Je suis arrivée à un moment de ma vie où je veux recentrer mon énergie sur les sujets qui me passionnent le plus. L’un d’eux est l’impact de l’économie sur les enjeux sociaux et environnementaux de notre époque. C’est pourquoi j’ai rejoint Ring Capital, un fonds d’investissement qui soutient des hommes et des femmes en Europe et en Afrique. Nous sommes tous engagés dans la résolution de problématiques sociales telles que la santé, l’éducation, l’inclusion financière, ainsi que des enjeux cruciaux liés à la transition énergétique et environnementale.
Ces secteurs, bien que fondamentaux, ont souvent du mal à attirer des financements, car les investisseurs traditionnels les perçoivent comme relevant de l’économie sociale et solidaire, donc peu rentables. Pourtant, j’y crois fermement, et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de m’investir pleinement dans ces causes.
En parallèle, j’accompagne également de grandes entreprises sur les enjeux ESG (Environnement, Social, Gouvernance). Depuis plus d’une décennie, ces sujets gagnent en importance et la réglementation devient de plus en plus complexe. Certaines entreprises sont prêtes à agir, mais ne savent pas toujours comment le faire efficacement. J’interviens donc auprès des CEO, COMEX et CODIR pour les aider à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies ESG concrètes et impactantes. Cela constitue un volet central de mon activité professionnelle.
Je poursuis aussi mes engagements philanthropiques en tant que présidente de la Fondation Femme@numérique et j’ai co-fondé il y a deux ans l’association La Puissance du Lien.
Durant mon expérience politique, j’ai pris conscience de la fragmentation croissante de notre société, exacerbée par de multiples crises. Je suis convaincue que la seule façon de relever nos défis est de travailler ensemble, en intelligence collective. Il est impératif de mobiliser des talents divers et de renforcer la solidarité à tous les niveaux : entre femmes et hommes, entre territoires, et entre générations. C’est précisément ce que nous faisons avec La Puissance du Lien. Nous créons des passerelles et renforçons la cohésion pour affronter les grands défis de notre temps. Nous organisons des conférences ouvertes à tous, nous mettons le mentorat, l’entraide et la solidarité au cœur de nos actions. Nous préparons aussi un événement majeur autour du 8 mars, centré sur la place des femmes, auquel les hommes sont bien entendu invités. Il est crucial qu’ils comprennent le rôle essentiel qu’ils ont à jouer dans la lutte pour l’égalité.
Quelles sont les personnes qui vous ont le plus inspirée dans votre carrière ?
Elles sont nombreuses, mais deux figures se distinguent particulièrement : Simone Veil et Nelson Mandela. Ce qui les rend si importants à mes yeux, c’est leur résilience et leur humanité. Tous deux ont traversé des épreuves d’une gravité exceptionnelle, des souffrances à la fois personnelles et historiques, et malgré cela, ils ont su préserver leur humanité et l’utiliser au service du bien commun. Je trouve cela profondément admirable, car peu d’individus possèdent cette capacité. Leur force et leur engagement montrent qu’il est possible de surmonter des obstacles immenses tout en restant fidèle à ses principes.
Simone Veil, avec une carrière remarquable, et Nelson Mandela, qui après 27 ans de prison est devenu le président d’un pays marqué par l’apartheid, incarnent des exemples exceptionnels. Leur parcours prouve qu’en dépit des circonstances les plus adverses, il est possible non seulement de survivre, mais aussi d’apporter un changement profond dans le monde.
Ce qui m’inspire chez eux, c’est autant leur dévouement envers les autres que leur capacité à réaliser des accomplissements extraordinaires. Ils ont démontré que pour atteindre de grands objectifs, il faut à la fois une ténacité inébranlable et un profond respect de l’humanité.
Auriez-vous un livre à nous conseiller ?
Je vous recommande « Sapiens » de Yuval Noah Harari. Cet ouvrage captivant explore l’évolution de l’humanité, de nos origines à l’ère moderne. Ce qui le rend particulièrement intéressant, c’est sa capacité à nous éclairer sur les grandes étapes qui ont façonné notre société, tout en nous offrant des clés de lecture à une époque où nous perdons parfois nos repères. Harari nous pousse à réfléchir sur notre passé pour mieux comprendre les défis de notre avenir.
Et je viens de commencer le livre d’Anne Dufourmantelle, « L’Éloge du risque », qui mène une réflexion profonde sur l’importance du risque dans nos vies. La tendance contemporaine est de rechercher la sécurité et d’éviter les dangers à tout prix. À contrario, elle démontre que les différentes formes de prise de risques — dans l’amour, la création, la pensée, sont précisément ce qui nous connecte à notre liberté et nous permettent de vivre pleinement.
Quelle est votre devise ou votre mantra ?
J’en ai plusieurs 😊
J’aime beaucoup la citation « Visez toujours la lune, vous atteindrez peut-être les étoiles ». Elle me rappelle que chacun peut aspirer à de grandes choses, et même si nous n’atteignons pas exactement nos objectifs, l’essentiel est de viser constamment plus haut que notre point de départ.
Une autre : « La vie te présentera déjà suffisamment de défis, ne t’en impose pas plus que nécessaire. » Nous avons parfois tendance à être très durs envers nous-mêmes. Il faut être bienveillants à notre égard pour pouvoir surmonter certaines épreuves.
Je crois aussi en cette idée issue de l’écrivaine Toni Morison : « Si tu veux lire un livre qui n’a pas encore été écrit, écris-le toi-même. » Si cela est possible, ne pas attendre que d’autres créent ou réalisent nos souhaits, en d’autres termes, être maîtresses et maîtres de notre destin.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
Fifty and Fabulous!
Karine Arneodo, fondatrice de COMISK Coaching et du podcast « 50 ans et toutes mes dents »
Propos recueillis par Pascale Caron.
Après des études de commerce et de théâtre, elle a d’abord poursuivi une carrière en marketing dans le secteur du luxe avant de se réinventer comme coach de dirigeants, il y a 10 ans. À travers son podcast, elle met en lumière des femmes de plus de 50 ans qui, comme elle, vivent cette étape de manière épanouie et libérée. Passionnée par le leadership et la communication, Karine partage sa vision inspirée de l’accompagnement et du développement personnel.
J’ai eu le plaisir d’être interviewée dans son podcast et c’est donc tout naturellement que j’ai décidé d’en savoir plus…
Peux-tu nous expliquer ton parcours ?
J’ai grandi dans une famille de médecins, des parents surdiplômés pour qui les études étaient primordiales. J’ai donc suivi une école de commerce à Paris tout en prenant des cours de théâtre au Cours Simon. Une fois mon diplôme en poche, j’ai annoncé à mes parents : « Vous savez quoi ? Je veux être comédienne. » Et je me suis lancée dans cette voie pendant plusieurs années, jusqu’au moment où mon père a été diagnostiqué avec la maladie de Parkinson. J’avais alors 28 ans. À ce moment-là, j’ai décidé de rassurer toute ma famille en reprenant un chemin plus conventionnel. J’ai intégré une agence de communication et ainsi débuté ma carrière dans ce domaine. J’ai notamment fait partie de la première agence spécialisée dans le buzz marketing, à une époque où Facebook n’existait même pas encore. J’ai toujours eu cette capacité à anticiper, à flairer les tendances. Mon rôle était d’évangéliser les marques de luxe sur l’utilisation des réseaux sociaux, ce qui, à l’époque était vraiment rupturiste.
Cependant, je me suis vite rendu compte que je ne voulais pas rester en agence toute ma vie. J’ai donc décidé de faire un Executive MBA à l’ESCP et de passer chez l’annonceur. Par la suite, j’ai travaillé chez LVMH, mais pas uniquement. J’ai occupé plusieurs postes en tant que directrice marketing et communication, dans le secteur du luxe et à l’international, car ce qui me passionne, c’est la diversité culturelle et la complexité humaine.
Arrivée à la quarantaine, j’ai commencé à ressentir une certaine lassitude. J’avais cette conscience que les métiers du marketing et de la communication vieillissaient peut-être plus vite que d’autres. Et surtout, j’avais envie de donner plus de sens à ce que je faisais. Être directrice marketing dans le luxe n’était plus aligné avec mes aspirations profondes, d’autant plus que j’étais issue d’une famille où mon père était chirurgien ophtalmologue et mon grand-père avocat pénaliste. Le contraste était grand.
J’ai dès lors choisi de me former au coaching à HEC, il y a maintenant dix ans et j’ai créé ma société de coaching, COMISK, qui est la contraction de « Communication Is Key ». Pour moi, être un leader influent nécessite de maîtriser sa communication, d’améliorer sa connexion à soi pour mieux se connecter aux autres et de développer son executive presence.
Lorsque j’ai commencé ma formation à HEC, on m’a dit : « Vous ne vivrez jamais du coaching. » J’adore les challenges, cela a réveillé ma détermination et je me suis investie à fond dans cette nouvelle aventure professionnelle et entreprenariale. La suite m’a prouvé que j’avais fait le bon choix et que ce métier me correspond parfaitement. En un an, j’en vivais pleinement et depuis cette confirmation d’être à ma place n’a cesser de se renforcer. Je me sens alignée, puissante et sereine. Mon métier consiste à accompagner les dirigeants dans leur prise de position, leur développement personnel et professionnel, à travailler leur impact et leur influence, ainsi que leur marque personnelle.
Je n’ai jamais eu besoin de chercher des clients, tout est venu naturellement grâce au bouche-à-oreille. Je travaille avec de grandes entreprises comme L’Oréal, Accenture, Carrefour et BNP, mais aussi avec des dirigeants de PME. Je les coache dans des problématiques telles que développer leur présence de leader, établir leur vision stratégique, embarquer leurs équipes, ou encore booster la motivation et l’impact de leur entreprise.
Je fais également du coaching d’équipes, notamment pour les comités de direction des entreprises. J’interviens sur le top management, en alliant mes compétences en marketing et communication avec le coaching, ce qui est assez rare dans ce domaine. Mon rôle est de les aider à booster leur impact.
Parle-nous de ton Poscast : 50 ans et toutes mes dents ?
En parallèle de ma carrière de coach, je voulais également lancer un nouveau projet en résonance avec mon évolution et l’évolution de la société. J’ai donc décidé de créer un podcast pour mettre en lumière des femmes de plus de cinquante ans, parce que je suis convaincue que la cinquantaine n’est pas une fin en soi, bien au contraire. C’est une période où l’on peut véritablement se libérer, tant sur le plan personnel, que professionnel.
J’ai moi-même vécu cette transformation à cinquante ans. À mes 49 ans, j’ai traversé des épreuves difficiles. J’ai perdu mon père, et ma mère, et j’ai divorcé juste avant mes 50 ans. Ça a été une période très douloureuse, mais elle a marqué un tournant décisif dans ma vie. À ce moment-là, je me suis dit qu’il n’était pas question de continuer à porter des poids inutiles, comme ce mariage qui ne fonctionnait plus. J’ai donc entamé ma cinquantaine avec l’envie de vivre plus librement.
Depuis, je n’ai jamais été aussi épanouie. Je suis avec un compagnon plus jeune que moi, je m’éclate dans mon travail. J’ai même choisi de revenir vivre dans le sud après la pandémie de COVID-19. Je fais des choix plus hardis et plus assumés, et je vis ce que j’appelle ma « best life ». À travers mon podcast, je souhaite montrer que la cinquantaine peut être un moment de renouveau, de puissance, et d’amusement. Ce message s’adresse non seulement aux femmes de cinquante ans, mais aussi aux plus jeunes, car tout cela s’anticipe.
Quels sont très prochains challenges ?
Aujourd’hui, mon prochain challenge est de devenir superviseur de coachs. J’ai décidé de suivre une formation spécifique chez Mosaik après 10 ans de pratique. Je crois qu’il est important d’avoir une expérience solide avant d’accompagner d’autres coachs. Cela me permettra aussi d’enrichir ma propre pratique de coach de dirigeants et d’évoluer encore plus dans ma carrière.
Aurais-tu un livre à nous conseiller ?
Oui je recommande, Stephen Covey et son ouvrage « Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent ». Ce livre est considéré comme un véritable guide pour le développement personnel et le leadership.
Le livre repose sur une idée centrale : il faut travailler sur soi-même en profondeur pour atteindre une efficacité durable. Il explique que les individus et les organisations qui réussissent partagent certains traits et comportements, qu’il nomme « habitudes ». Ces habitudes sont divisées en deux grandes catégories : les habitudes personnelles (centrées sur le développement individuel) et les habitudes interpersonnelles (centrées sur la collaboration avec les autres). Stephen Covey s’est inspiré des travaux de Viktor Frankl, un psychologue autrichien, survivant des camps de concentration, connu pour avoir développé la logothérapie, une thérapie centrée sur la recherche du sens de la vie. Frankl soutenait que même dans les circonstances les plus difficiles, nous avons toujours la liberté de choisir notre réponse. C’est ce principe qui a beaucoup influencé Covey dans sa conception de la proactivité et de la responsabilité personnelle.
L’approche de Covey m’a aidée à structurer mon propre travail en coaching, en particulier avec la notion de cercle de contrôle, d’influence et de préoccupation. Selon cette théorie, il est important de se concentrer sur les choses que nous pouvons contrôler (notre comportement, nos décisions). Il faut identifier les domaines où nous avons une influence (les relations, les collaborations), et de lâcher-prise sur ce qui échappe à notre contrôle (comme la météo par exemple, ou certains événements passés). Cet outil est particulièrement utile pour aider les leaders à gérer leur stress et à canaliser leur énergie de manière efficace.
Quelles sont les personnes qui t’ont inspirée dans ta carrière ?
Je pense en premier lieu à mon père. Il était un pionnier dans le domaine de la chirurgie ophtalmologique en France. Il a amené les premières techniques de chirurgie de la myopie et de la cataracte et a travaillé en collaboration avec des médecins aux États-Unis. Je me souviens qu’il organisait des colloques, notamment au Forum à Monaco, où il donnait des cours sur la chirurgie de la cataracte. J’étais adolescente à l’époque, et je l’assistais en tant qu’hôtesse. C’était impressionnant de le voir innover et transmettre son savoir.
Je suis une dingue de cinéma, donc une autre source d’inspiration pour moi c’est Sharon Stone. Je l’ai toujours admirée pour sa force et sa résilience. Elle a traversé des épreuves très difficiles, comme une tumeur au cerveau, et est revenue sur le devant de la scène après une traversée du désert de plus de 7ans. C’est une vraie « warrior ». Une résiliente. Elle a su imposer une forme de puissance dans un milieu extrêmement compétitif et sexiste, tout en restant authentique. Sa capacité à renaître de ses cendres, à la manière d’un phœnix, résonne profondément en moi.
Une autre figure qui m’inspire est Simone Veil. C’est une femme d’une solidité remarquable, une survivante qui a traversé des épreuves inimaginables et qui a pourtant marqué l’histoire par son engagement et son humanité. Pour moi, ce genre de personnalité incarne la résilience et la force intérieure. Elles ne sont pas seulement solides, elles sont puissantes, des êtres sensibles qui ont su se densifier face aux difficultés de la vie.
Je mentionnerais également Véronique Morali, que j’ai eu l’occasion d’interviewer récemment. Elle a fondé le Women’s Forum et est une figure influente dans le monde des affaires. C’est une personne exceptionnelle qui a gravi les échelons tout en créant un environnement de soutien et de valorisation pour les femmes dans le milieu professionnel. Elle a monté un fond puissant avec ses enfants et incarne à mes yeux une réussite inspirante.
Pour finir quelle est ta devise ou ton mantra ?
Mon mantra, c’est une citation de Jung que j’adore : « Je ne suis pas ce qui m’arrive, je suis ce que je choisis de devenir. » Cela signifie qu’il y a toujours un espace de liberté, un choix à faire, peu importe les difficultés que l’on rencontre. J’essaie de transmettre cette philosophie à mes clients, notamment à travers des outils comme le « cercle de contrôle » et le « cercle d’influence ». Le but est de les aider à mieux gérer leur stress et à se concentrer sur ce qu’ils peuvent véritablement maîtriser et à développer puissance et sérénité.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.
L’influence et son impact sur l’économie

L’influence et son impact sur l’économie : Une Conférence Organisée par MWFI en collaboration avec MonacoTech
Modéré par Pascale Caron directrice de rédaction de Sowl Initiative by MWF Institute
Le 12 septembre 2024, le Monaco Women in Finance Institute (MWFI) en collaboration avec Monacotech a organisé une conférence fascinante sur « L’influence et son impact sur l’économie ». Cet événement a réuni plusieurs experts pour discuter de la façon dont l’influence, qu’elle soit médiatique, sociale, numérique ou économique, façonne notre société moderne. L’idée était de permettre aux participants de réfléchir sur les nouveaux moteurs de l’économie dans un monde de plus en plus digitalisé, où les influenceurs jouent un rôle central dans la formation des comportements et des décisions économiques.
MWFI. Ce think tank, créé en 2021 par Patricia Cressot et Joanna Damar Flores, se concentre sur le renforcement de la place des femmes dans la finance et les prises de décisions économiques. Le MWFI composé d’une équipe mixte et dynamique de 8 personnes, est un acteur clé du networking à Monaco. Il organise des événements réguliers, abordant des sujets cruciaux, notamment le rôle des femmes dans les marchés financiers, l’économie, et les enjeux de société.
La conférence a été enrichie par des interventions d’experts qui ont apporté des perspectives variées sur l’influence et son impact économique.
- Véronique Jeannot, auteur du roman Les Hivernants, a captivé le public en traçant une ligne historique entre les figures influentes de la Belle Époque et l’ère actuelle. Elle a exploré l’évolution de l’influence, depuis les pionniers du tourisme jusqu’aux stars de cinéma, aux sportifs et aux influenceurs digitaux d’aujourd’hui. Elle a notamment expliqué comment les personnalités publiques ont, au fil du temps, modelé des comportements sociaux et économiques à travers les arts, la mode et le tourisme, créant des mouvements globaux qui ont perduré pendant des décennies.
- Dr Marie-Nathalie Jauffret, chercheuse associée à l’Université Côte d’Azur, a abordé le sujet fascinant de la biodigitalisation. Cette nouvelle frontière de l’influence, où les entités numériques et l’intelligence artificielle jouent un rôle croissant dans la publicité et la communication, interroge sur l’avenir de l’influence invisible. Elle a mis en lumière l’impact des biodigitaux, ces entités numériques qui, bien que non humaines, ont la capacité de simuler des comportements humains, créant ainsi des liens émotionnels avec les consommateurs. L’intervention du Dr Jauffret a ouvert un débat éthique sur la place de l’humain dans un monde où l’intelligence artificielle et les algorithmes déterminent de plus en plus les comportements de consommation.
- Romain Fourel, créateur de The Secret Society, a partagé son expérience dans le marketing d’influence. Ayant créé la plus grande plateforme d’influenceurs au Moyen-Orient, il a offert un regard concret sur l’impact économique direct des influenceurs sur des secteurs tels que la restauration et le luxe. Il a souligné l’importance des influenceurs dans l’économie moderne: ces figures peuvent non seulement orienter les comportements des consommateurs, mais aussi générer une croissance exponentielle pour les entreprises qui adoptent des stratégies d’influence bien pensées.
L’histoire de l’influence
Véronique Jeannot a tracé un parcours captivant des figures d’influence à travers les époques, illustrant comment des personnalités comme Henri Negresco et Auguste Escoffier ont redéfini l’industrie touristique et gastronomique en Europe. Ces figures historiques ont été les premiers à utiliser leur notoriété pour influencer des comportements économiques, un phénomène qui a pris une ampleur mondiale avec l’avènement d’Internet et des réseaux sociaux.
Les Pionniers de l’Influence : La Belle Époque et les Années Folles
Véronique Jeannot a ouvert son intervention en revenant sur une période charnière, la Belle Époque (fin du XIXe siècle — début du XXe siècle). Cette période est souvent considérée comme l’une des plus influentes en matière de changements sociaux, culturels et économiques. Durant cette époque, des figures emblématiques ont émergé dans différents secteurs comme le tourisme, la gastronomie, et les arts, et ont su modeler les comportements économiques et sociaux de l’époque.
Elle a mis en lumière le rôle d’entrepreneurs visionnaires comme Cézar Ritz, Henri Negresco et Auguste Escoffier, qui ont influencé l’industrie du tourisme et de la restauration de luxe. Ces personnalités ont contribué à la création de nouveaux standards de confort et d’élégance, en mettant en place des services exceptionnels, que ce soit dans les hôtels ou dans les cuisines. Henri Negresco, par exemple, a fondé l’emblématique hôtel Negresco à Nice, qui est devenu un symbole du luxe et de la haute société, attirant une clientèle prestigieuse. De son côté, Auguste Escoffier, chef renommé, a révolutionné la cuisine en créant des plats devenus des classiques, et en réorganisant les brigades de cuisine.
Les Années 50-70 : L’âge d’or du Cinéma et des Acteurs
La présentation a ensuite exploré l’influence croissante du cinéma dans les années 50 à 70, où les acteurs sont devenus de véritables icônes culturelles et économiques. Véronique Jeannot a évoqué des figures marquantes comme Marilyn Monroe, Audrey Hepburn, ou encore James Dean, qui ont influencé non seulement la mode, mais aussi les tendances de consommation.
Elle a expliqué comment ces stars, grâce à leur notoriété et leur charisme, ont commencé à collaborer avec de grandes marques, devenant les premières égéries modernes. Ces partenariats ont marqué le début d’une relation entre célébrité et consommation, où le cinéma ne se limitait plus à un simple divertissement, mais devenait un puissant moteur de l’économie. Les stars étaient désormais des modèles à suivre, et leur style de vie était largement imité par le grand public.
Les Années 80-90 : L’émergence des Super-modèles et de la Musique
Véronique Jeannot a poursuivi en évoquant les années 80 et 90, marquées par l’émergence des super-modèles et de l’influence croissante de la musique. C’est à cette époque que les mannequins, comme Cindy Crawford, Naomi Campbell, ou Claudia Schiffer, ont atteint un statut de célébrité équivalent à celui des stars du cinéma. Elles ont influencé non seulement les tendances de la mode, mais ont aussi contribué à définir les normes de beauté de toute une génération.
Parallèlement, la musique, et plus particulièrement le mouvement hip-hop et le rock, ont commencé à jouer un rôle crucial dans l’évolution des comportements de consommation. Des figures comme Michael Jackson et Madonna ont non seulement dominé la scène musicale, mais ont aussi influencé les tendances vestimentaires et culturelles à travers leurs clips et leurs apparitions médiatiques.
Les Années 2000 : L’avènement d’Internet et des Réseaux Sociaux
L’arrivée d’Internet et des réseaux sociaux dans les années 2000, a profondément transformé le paysage de l’influence. Elle a expliqué comment ces nouveaux outils ont démocratisé l’influence, permettant à n’importe qui de devenir une figure publique, à condition de savoir utiliser les plateformes comme Facebook, Instagram, ou YouTube.
Les stars de cinéma et de la mode ont dû partager l’espace médiatique avec une nouvelle génération d’influenceurs digitaux. Ces personnes issues de divers horizons qui, grâce à leur créativité et leur authenticité, ont réussi à capter l’attention d’un public toujours plus large. Des influenceurs comme Kim Kardashian sont devenus des phénomènes mondiaux, capables de générer des millions de dollars grâce à leur présence en ligne et leurs partenariats avec des marques.
Véronique Jeannot a montré que l’influence a toujours existé sous diverses formes, évoluant au fil du temps avec les technologies et les changements culturels.
Cette exploration historique a posé les bases pour comprendre l’influence dans son contexte contemporain. Elle a introduit des réflexions profondes sur la manière dont ces acteurs, qu’ils soient entrepreneurs, artistes ou mannequins, ont participé à la transformation de l’économie mondiale.
L’impact de l’IA et des biodigitaux sur l’influence économique
Dr Jauffret a ensuite plongé l’audience dans un futur qui est aussi actuel, où les biodigitaux redéfinissent la publicité et la communication. Ces entités numériques, combinées à l’intelligence artificielle, simulent des comportements humains complexes pour influencer subtilement les décisions d’achat. L’un des points marquants de son intervention a été l’analyse des risques éthiques associés à cette nouvelle forme d’influence, notamment en termes de collecte de données et de manipulation émotionnelle. L’impact de l’intelligence artificielle (IA) et des biodigitaux sur l’influence économique, est un sujet fascinant qui explore l’évolution de l’influence dans un monde où les technologies numériques jouent un rôle central. L’intervention du Dr Jauffret a abordé la manière dont les entités virtuelles et l’intelligence artificielle redéfinissent les interactions humaines et économiques, en créant de nouvelles dynamiques d’influence.
Qu’est-ce qu’un biodigital et comment fonctionne-t-il ?
Un biodigital est une entité numérique qui simule des comportements humains, souvent si réalistes que les utilisateurs peuvent avoir l’impression d’interagir avec une véritable personne. Grâce à des algorithmes sophistiqués et à l’IA, ces entités peuvent reproduire des émotions, des expressions et des interactions sociales complexes. Ce sont des influenceurs numériques à l'apparence totalement humaine, utilisés de plus en plus dans le marketing et la communication pour influencer les comportements des consommateurs.
Le Dr Jauffret a expliqué que ces entités numériques ne sont pas seulement des outils de communication, mais des vecteurs d’influence puissants. Elles sont capables de capter l’attention des consommateurs de manière plus ciblée et personnalisée, ce qui en fait des acteurs clés dans l’économie moderne. Elles peuvent interagir avec les utilisateurs sur les réseaux sociaux, dans des environnements virtuels, ou même en tant qu’assistants personnalisés dans des interfaces de vente en ligne.
L’intelligence artificielle et la personnalisation de l’influence
L’une des caractéristiques les plus marquantes des biodigitaux est leur capacité à personnaliser leur interaction avec les utilisateurs grâce à l’IA. L’intelligence artificielle permet de collecter et d’analyser des quantités massives de données comportementales sur les consommateurs, ce qui permet de créer des expériences d’interaction sur mesure. Par exemple, un biodigital peut adapter son discours en fonction des préférences de l’utilisateur, ou encore prédire ses besoins futurs en fonction de ses choix passés.
Cette capacité de personnalisation renforce l’efficacité des stratégies marketing. Les entreprises peuvent utiliser les biodigitaux pour influencer subtilement les comportements d’achat, en créant des recommandations qui semblent parfaitement adaptées à chaque individu. Ainsi, l’IA permet aux marques de pousser des contenus et des produits de manière ciblée, ce qui augmente considérablement les chances de conversion.
L’impact sur la publicité et le marketing
L’IA et les biodigitaux modifient profondément le paysage publicitaire. Ces entités numériques peuvent être configurées pour incarner différents personnages, adopter des styles de communication spécifiques, ou même simuler des comportements émotionnels, afin de rendre les interactions plus authentiques et engageantes pour les consommateurs. Cela permet d’exploiter l’attachement émotionnel des utilisateurs, rendant les messages publicitaires plus impactants et plus persuasifs.
Un des exemples donnés par Dr Jauffret concerne l’utilisation de biodigitaux dans la publicité pour des marques de luxe. Ces entités peuvent incarner des ambassadeurs virtuels, qui parlent aux clients de manière personnalisée, avec une esthétique raffinée qui correspond à l’image de la marque. Cela permet non seulement de toucher une audience plus large, mais aussi de créer un lien émotionnel fort, augmentant ainsi la fidélité des consommateurs à la marque.
De plus, l’IA permet aux entreprises de mesurer précisément l’impact de leurs campagnes d’influence en temps réel. Les algorithmes peuvent analyser les réactions des consommateurs, ajuster les stratégies en fonction des retours, et optimiser continuellement les campagnes pour maximiser leur efficacité. Cela crée une boucle de rétroaction continue qui améliore les résultats économiques des campagnes publicitaires.
Les risques éthiques et le libre arbitre des consommateurs
Si l’utilisation de l’IA et des biodigitaux ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises, elle soulève également des questions éthiques importantes, notamment en ce qui concerne le libre arbitre des consommateurs. Dr Jauffret a évoqué la manière dont les biodigitaux peuvent manipuler subtilement les émotions et les perceptions des utilisateurs, créant l’illusion du libre arbitre alors que leurs choix sont en réalité influencés par des algorithmes invisibles.
L’un des risques majeurs est que les consommateurs peuvent perdre de vue leur capacité à prendre des décisions autonomes face à des recommandations si finement personnalisées qu’elles semblent répondre à des besoins intimes. Les entreprises peuvent exploiter ces informations pour diriger les comportements des consommateurs vers des produits ou des services qui ne correspondent pas nécessairement à leurs besoins réels, mais qui servent avant tout les intérêts commerciaux.
En outre, la collecte massive de données personnelles nécessaire pour le bon fonctionnement des biodigitaux et de l’IA soulève des préoccupations en matière de vie privée. Les biodigitaux apprennent de chaque interaction, accumulant des informations sur les préférences, les habitudes et les émotions des utilisateurs, ce qui pourrait être utilisé de manière abusive par certaines entreprises. Il est donc essentiel de réguler cette technologie pour garantir la transparence et protéger les droits des consommateurs.
Le futur de l’influence : vers une économie biodigitale ?
L’impact de l’IA et des biodigitaux ne se limite pas à la publicité et au marketing. Comme l’a souligné Dr Jauffret, ces technologies ont le potentiel de transformer de nombreux secteurs économiques. Dans l’éducation, par exemple, les assistants biodigitaux peuvent personnaliser l’apprentissage pour chaque étudiant. Dans la santé, ils peuvent guider les patients à travers des programmes de soins, en répondant de manière empathique à leurs besoins.
Le développement de cette technologie crée également de nouvelles opportunités économiques. Des start-ups spécialisées dans la création de biodigitaux et des solutions d’IA apparaissent, générant des emplois dans des secteurs émergents comme la bio-ingénierie numérique. Cependant, il y a aussi des risques de concentration des richesses, car les grandes entreprises technologiques (GAFAM) sont en première ligne pour dominer ce marché en plein essor.
L’avenir de l’économie biodigitale semble donc prometteur, mais il dépendra de notre capacité à équilibrer l’innovation technologique avec une régulation éthique rigoureuse.
Le rôle des plateformes d’influence dans l’économie moderne
Romain Fourel a mis en évidence l’évolution du marketing d’influence, passant d’un phénomène marginal à un acteur majeur dans plusieurs secteurs économiques. Sa plateforme The Secret Society est un exemple frappant de la manière dont les influenceurs peuvent impacter directement les industries, notamment en augmentant la visibilité et les ventes de produits ou services.
Le rôle des plateformes d’influence dans l’économie moderne, est crucial et continue de croître à mesure que les influenceurs digitaux deviennent des acteurs clés dans le marketing et les stratégies économiques des entreprises. Ces plateformes, comme The Secret Society fondée par Romain Fourel, permettent aux marques d’accéder à un large public à travers des partenariats avec des influenceurs. Ils sont capables de façonner les comportements des consommateurs et d’influencer directement les décisions d’achat.
Une Expansion Internationale et une Stratégie Révolutionnaire avec les Influenceurs
TSS, sous la direction de Romain Foutel, s'est imposée comme une référence dans le domaine du marketing d'influence à travers plusieurs pays. En combinant innovation, technologie et une approche unique du partenariat avec les influenceurs, l'entreprise a su se démarquer en transformant la manière dont les marques collaborent avec les créateurs de contenu.
Un déploiement international
Démarré au Moyen-Orient, TSS établi à Dubai a rapidement étendu son activité à travers différents pays, notamment l’Asie et l’Europe, ce qui a permis à la société de toucher des audiences variées et d'adapter ses stratégies en fonction des cultures locales. Cette expansion mondiale a permis de renforcer l'image de TSS en tant qu'acteur incontournable dans le secteur du marketing d'influence.
TSS adapte ses campagnes en fonction des particularités de chaque marché, ce qui lui permet de se positionner comme un intermédiaire stratégique entre les marques et les influenceurs.
L'effet de masse avec les influenceurs
Une des forces majeures de TSS réside dans sa capacité à exploiter l’effet de masse en travaillant avec une multitude d’influenceurs, souvent de micro-influenceurs ou de nano-influenceurs, dont l'audience, bien que plus modeste, est extrêmement engagée. Contrairement à la tendance qui vise à travailler avec de grandes célébrités du web, TSS mise sur le volume et l'authenticité, en orchestrant des campagnes avec un large éventail d'influenceurs.
Cette stratégie permet de créer une onde de choc, où la répétition du message à travers divers canaux et profils engendre un impact significatif pour les marques. Ces influenceurs, bien qu’ils ne disposent pas de millions de followers, permettent une pénétration plus profonde et plus authentique dans des communautés ciblées.
Une approche unique des contreparties
Ce qui distingue également TSS, c’est sa manière innovante de gérer les partenariats avec les influenceurs. Contrairement aux pratiques classiques où les influenceurs sont rémunérés pour leur promotion, TSS propose une approche différente : les collaborations ne sont pas monétisées de manière directe. Au lieu de recevoir une compensation financière, les influenceurs bénéficient d'avantages exclusifs, tels que des produits gratuits, des invitations à des événements VIP, ou encore des accès privilégiés aux coulisses des marques.
Cela crée un sentiment d'exclusivité et de privilège pour les influenceurs, qui voient dans ces partenariats une opportunité de s'associer à des marques prestigieuses et de se distinguer auprès de leur audience. Pour les marques, cette approche permet d’obtenir des collaborations authentiques, basées sur un échange de valeur qui ne se réduit pas à une simple transaction financière.
La sélection des influenceurs : un processus simplifié et technologique
L’un des aspectss novateurs de TSS réside dans sa manière de sélectionner les influenceurs. En s'inspirant du modèle des applications de rencontre, la société utilise un système de swiping pour évaluer et sélectionner les influenceurs potentiels. Ce processus simplifié permet aux équipes de TSS d’identifier rapidement les créateurs de contenu qui correspondent aux besoins des marques, en se basant sur des critères spécifiques tels que l’audience, les centres d'intérêt, et le taux d’engagement.
Cette approche technologique et intuitive permet à TSS de travailler de manière efficace avec un grand nombre d’influenceurs, tout en garantissant que chaque collaboration est pertinente et bien alignée avec les objectifs des marques.
Conclusion
Cette conférence a marqué un moment important dans l’exploration de l’influence et de son impact sur l’économie. En réunissant des experts de divers horizons, l’événement a permis de mieux comprendre les enjeux complexes liés à l’influence dans une ère numérique en constante évolution. Que ce soit à travers les figures historiques ou les technologies émergentes, il est clair que l’influence continuera de jouer un rôle prépondérant dans l’économie mondiale.
A propos de l’auteur : Pascale Caron est membre du comité de MWF Institute et spécialiste de la technologie dans le domaine de la santé. Elle est CEO de la société Yunova Pharma, implantée depuis 2020 à Monaco et commercialise des compléments alimentaires dans la Neurologie.
Pascale est également directrice de rédaction de Sowl-initiative.











