Maroc: le Manifeste 490

par Christian Carbone

Le manifeste des 490 publié par Leïla Slimani, prix Goncourt 2016, sur l’impensable procès et sentences que vient de subir la journaliste marocaine Hajar  Raissouni.

Les relations sexuelles hors mariage sont en effet interdites par l’article 490 du code pénal marocain, qui punit «d’emprisonnement d’un mois à un an toutes personnes de sexe différent qui, n’étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles ». L’avortement est aussi interdit, sauf quand la vie de la mère est en danger. L’article 453 du code pénal prévoit jusqu’à deux ans de prison pour une femme qui se fait avorter, et jusqu’à cinq ans de prison pour une personne pratiquant un avortement sur autrui, rappelle « Libération ».

« AUJOURD’HUI, JE NE VEUX PLUS AVOIR HONTE. MOI QUI AIME, AVORTE, AI DES RELATIONS SEXUELLES SANS ÊTRE MARIÉE. MOI QUI ME CACHE. MOI QUI RISQUE LE DÉSHONNEUR, L’INFAMIE, LA PRISON. »

Les signataires de cette tribune demandent un changement rapide de législation, qui ne correspond pas à la réalité de la population marocaine. « Aujourd’hui, je ne veux plus avoir honte. Moi qui aime, avorte, ai des relations sexuelles sans être mariée. Moi qui me cache. Moi qui risque le déshonneur, l’infamie, la prison », peut-on lire dans le manifeste.

Il est aussi écrit qu’en 2018, 3 048 personnes ont été incarcérées pour adultère au Maroc. C’est ce que risquait la journaliste marocaine Hajar Raissouni, arrêtée pour « relations sexuelles hors mariage» et « avortement illégal »

Alors que le procureur avait reporté son jugement à fin septembre, elle avait été incarcérée et risquait jusqu’à deux ans de prison. Le manifeste des «hors la loi » a eu un impact sur le procès de cette jeune femme de 28 ans.  Le 16 octobre 2019, le Roi du Maroc a gracié la journaliste.

En 2018, deux articles du code pénal marocain (art.490 – art.453) ont conduit dans les geôles marocaines 3 048 personnes pour adultère. 

Un cri de révolte le Prix Goncourt 2016, Leïla Slimani :

« Aujourd’hui, je ne veux plus avoir honte.
Moi qui aime, avorte, ai des relations sexuelles sans être mariée.
Moi qui me cache.
Moi qui risque le déshonneur, l’infamie, la prison »

Un manifeste est publié sur internet : [email protected]

« De nombreuses personnalités du monde culturel et artistique et de la société civile nous rejoignent …

Notre combat est le vôtre.
Nous n’attendons plus que vous … Lisez et signez !!! »  -Christian Carbone

 

 

photo credit HuffingtonPost Maghreb