[Femmes] Scientifique

Les Femmes au service de la recherche scientifique

Dans le monde, moins de 30% des chercheurs, sont des femmes, selon l’UNESCO, nombreuses d’entre elles sont exclut des postes à plus hauts niveaux. En Suède, les femmes constituent la majorité en licence (60%), puis ne représentent plus que 49% en doctorat et 36% de chercheurs. En France elles sont 26% à occuper des postes à hauts niveaux.

A Monaco, le Centre Scientifique de Monaco est un réel exemple international, les trois responsables d’équipe dans le département de biologie marine sont des femmes Dr Christine Ferrier-Pagès Directeur de Recherche de la section Ecophysiologie et Ecologie, Dr Sylvie Tambutté Directeur de la section Physiologie et Biochimie et Dr Nathalie Hilmi Responsable de la thématique Economie Environnementale.

Pourquoi il est urgent de lutter contre le changement climatique? Dr.Nathalie Hilmi spécialisée en macroéconomie et finance internationale, tranche « un retard d’actions, engendrera des coûts plus élevés ». Dr Nathalie Hilmi s’est spécialisée sur l’économie du développement. Auparavant elle a enseigné l’économie et la finance avant d’être stratégiste dans le «Hedge Fund Research Institute».

En 2009, elle rejoint le Centre Scientifique de Monaco en tant que responsable de la section «Economie environnementale» et a collaboré avec les Laboratoires de l’environnement de l’AIEA pour lancer des études de corrélation entre les sciences de l’environnement et l’économie afin de mieux évaluer l’étendue socioéconomique des impacts et des coûts de l’action par rapport à l’inaction face aux émissions de carbone.

Cette spécialiste a vue un réel changement de perception en 10 ans « donner une valeur économique au capital naturel et la biodiversité permet de reconnaître l’importance du service rendu par les écosystèmes. C’est un moyen d’inciter les acteurs économiques et financiers à protéger et restaurer les espèces »

Elle est aussi chargée de la coordination, de la préparation et de l’organisation de la série d’ateliers «Combler le fossé entre les conséquences de l’acidification des océans et l’évaluation économique», organisés à Monaco. En 2011, elle a obtenu son diplôme d’habilitation à diriger des recherches (HDR) en soutenant un sujet sur «une approche multidisciplinaire du développement durable ».

Elle est auteure principale du Rapport spécial du GIEC sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique (SROCC) et du prochain rapport principal du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le rapport AR6 qui sortira en 2021. Ce groupe créé en 1988 à la suite d’une initiative politique de nature internationale, dépend de l’Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l’environnement.

Dr Hilmi publie régulièrement sur la thématique de l’économie environnementale au travers de 3 axes : les impacts socio-économiques du changement climatique et de l’acidification des océans, l’évaluation et valorisation des récifs coralliens, et les politiques économiques et développement durable.


[Enfance] AMADE

L’AMADE, est une ONG dédiée à la protection de l’enfance, créé par la Princesse Grace et présidée aujourd’hui par S.A.R La Princesse Caroline. Son engagement repose sur une vision, celle d’un monde ou chaque enfant, quelque soient ses origines sociales, religieuses ou culturelles puisse vivre dignement, en sécurité, dans le respect des ses droits fondamentaux. Celle d’un monde où tout enfant peut pleinement développer ses potentiels.

Entretien avec Jérôme Froissart, Secrétaire Général de l’AMADE

  • Quels sont vos projets en cours en Afrique dans le secteur de l’éducation?

L’éducation des jeunes filles en Afrique, notamment au secondaire, est un axe important pour l’AMADE. Nous travaillons actuellement au Niger sur un vaste projet d’accès à l’éducation des jeunes filles à proximité de Niamey la capitale, sur le plateau de Ganguel qui réunit 6 villages. Nous avons réalisé ou réhabilité 6 écoles primaires, ainsi qu’un collège. Les 1.000 enfants de ces villages sont à présent scolarisés au primaire et 500 jeunes devraient avoir accès au collège en 2021. Si au primaire nous avons à présent atteint la parité, grâce notamment à la forte implication des familles et des communes, seulement une jeune fille sur cinq de la communauté sort diplômée du secondaire. Notre objectif est de porter cette part relative à 50%.

  • Pourquoi est-ce important selon vous de soutenir spécifiquement les filles?

L’éducation est la clef du développement. C’est la condition sine qua non. L’éducation permet à chacun de développer au mieux ses potentiels, de trouver la place que l’on mérite dans la société, d’être libre. Une jeune fille éduquée est une jeune femme en capacité de se projeter, d’identifier ce qui est bien ou non pour elle, de choisir son mari, le nombre d’enfants qu’elle souhaite. En tant que femme éduquée elle a également beaucoup à apporter à sa communauté, notamment en termes de règlement des conflits, de conseils aux femmes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Les leaders communautaires que je rencontre, les personnes qui incarnent une vision, sont souvent des femmes…. Dans notre quotidien, sur le terrain, nous remarquons que les enfants des mamans peu éduquées, font partie des enfants les plus vulnérables. Les enfants nées de femmes éduqués ont clairement plus de chance de survie. Nous ne naissons pas égaux, et la trappe de la pauvreté est une réalité froide.

  • Quelle est la prochaine étape ? Comment gérez vous à distance et avec les contraintes liées au covid ?

Pour ce qui est des femmes, nous avons développé un programme intitulé « Dignité pour les Femmes », qui outre l’accès des jeunes filles à l’éducation secondaire, nous permets d’intervenir en vue de prévenir et prendre en charge les jeunes filles et les femmes victimes de violences sexuelles. Nous collaborons sur ce sujet avec le Dct Denis Mukwege en RDC, Prix Nobel de la Paix. Nous souhaitons également favoriser l’accès à l’hygiène intime qui est souvent un handicap pour les jeunes filles au collège qui abandonnent leur étude au moment de la puberté. Nous venons également de réaliser à Goma, dans l’est de la RDC un centre de santé communautaire mère enfant au sein de l’Hôpital Heal Africa. Ce centre est dédié aux femmes enceintes, de leur grossesse jusqu’à l’accouchement et  au suivi des nouveaux nés. C’est une très belle réalisation qui donne beaucoup d’espoir à cette région des Grands lacs.

Nous nous sommes adaptés à cette situation particulière liée au COVID, la flexibilité est dans notre ADN. Nous avons l’avantage de travailler avec des partenaires de terrain qui assurent la mise en œuvre des projets, aussi nous ne sommes pas trop impactés. Nous avons tout de même hâte de repartir sur le terrain au plus près de nos partenaires, des bénéficiaires, c’est d’eux que nous vient la force d’agir.

L’AMADE, est une ONG dédiée à la protection de l’enfance, créé par la Princesse Grace et présidée aujourd’hui par S.A.R La Princesse Caroline. Son engagement repose sur une vision, celle d’un monde ou chaque enfant, quelque soient ses origines sociales, religieuses ou culturelles puisse vivre dignement, en sécurité, dans le respect des ses droits fondamentaux. Celle d’un monde où tout enfant peut pleinement développer ses potentiels.

Entretien avec Jérôme Froissart, Secrétaire Général de l’AMADE

  • Quels sont vos projets en cours en Afrique dans le secteur de l’éducation?

L’éducation des jeunes filles en Afrique, notamment au secondaire, est un axe important pour l’AMADE. Nous travaillons actuellement au Niger sur un vaste projet d’accès à l’éducation des jeunes filles à proximité de Niamey la capitale, sur le plateau de Ganguel qui réunit 6 villages. Nous avons réalisé ou réhabilité 6 écoles primaires, ainsi qu’un collège. Les 1.000 enfants de ces villages sont à présent scolarisés au primaire et 500 jeunes devraient avoir accès au collège en 2021. Si au primaire nous avons à présent atteint la parité, grâce notamment à la forte implication des familles et des communes, seulement une jeune fille sur cinq de la communauté sort diplômée du secondaire. Notre objectif est de porter cette part relative à 50%.

 

  • Pourquoi est-ce important selon vous de soutenir spécifiquement les filles?

L’éducation est la clef du développement. C’est la condition sine qua non. L’éducation permet à chacun de développer au mieux ses potentiels, de trouver la place que l’on mérite dans la société, d’être libre. Une jeune fille éduquée est une jeune femme en capacité de se projeter, d’identifier ce qui est bien ou non pour elle, de choisir son mari, le nombre d’enfants qu’elle souhaite. En tant que femme éduquée elle a également beaucoup à apporter à sa communauté, notamment en termes de règlement des conflits, de conseils aux femmes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Les leaders communautaires que je rencontre, les personnes qui incarnent une vision, sont souvent des femmes…. Dans notre quotidien, sur le terrain, nous remarquons que les enfants des mamans peu éduquées, font partie des enfants les plus vulnérables. Les enfants nées de femmes éduqués ont clairement plus de chance de survie. Nous ne naissons pas égaux, et la trappe de la pauvreté est une réalité froide.

 

  • Quelle est la prochaine étape ? Comment gérez vous à distance et avec les contraintes liées au covid ?

Pour ce qui est des femmes, nous avons développé un programme intitulé « Dignité pour les Femmes », qui outre l’accès des jeunes filles à l’éducation secondaire, nous permets d’intervenir en vue de prévenir et prendre en charge les jeunes filles et les femmes victimes de violences sexuelles. Nous collaborons sur ce sujet avec le Dct Denis Mukwege en RDC, Prix Nobel de la Paix. Nous souhaitons également favoriser l’accès à l’hygiène intime qui est souvent un handicap pour les jeunes filles au collège qui abandonnent leur étude au moment de la puberté. Nous venons également de réaliser à Goma, dans l’est de la RDC un centre de santé communautaire mère enfant au sein de l’Hôpital Heal Africa. Ce centre est dédié aux femmes enceintes, de leur grossesse jusqu’à l’accouchement et  au suivi des nouveaux nés. C’est une très belle réalisation qui donne beaucoup d’espoir à cette région des Grands lacs.

Nous nous sommes adaptés à cette situation particulière liée au COVID, la flexibilité est dans notre ADN. Nous avons l’avantage de travailler avec des partenaires de terrain qui assurent la mise en œuvre des projets, aussi nous ne sommes pas trop impactés. Nous avons tout de même hâte de repartir sur le terrain au plus près de nos partenaires, des bénéficiaires, c’est d’eux que nous vient la force d’agir.


[Liban] soufflée

Beyrouth, 4 avril 2020, 18h10

Le souffle. Qu’est ce qu’un souffle ? Un râle, une inspiration, un effluve, une émanation. Le souffle, la vie, l’air qui s’échappe, le souffle du vent.On souffle des bougies, on expire, on fait vibrer, vaciller.Le souffle.

Le souffle a tout fait exploser, le port, les vitres, les voitures, les immeubles, la vie mouvementée des beyrouthins, les miettes de dignité . 

Espoir.امل

Elle estassise,nimbée de son peignoirde satin crème, elle prenait un café blanc,khôl noir sur ses paupières diaphanes.

Et le souffle. نفس

Elle a les cheveux tirés enchignoncomme une danseuse de ballet russe, un rouge àlèvres clair sur ses lèvresourléeset le souffle.Elle le connait, ce souffle, il ne cesse de la surprendre depuis des décennies et de défigurer son paysage.

Elle se tient droite, le port de tête digne, les murs, les lampes dorées, les meubles anciens, les tapis persans,dévastés.Combien,encore, de déflagrations dans son ventre,avant de courber l’échine ?

Assez !خلاس

Elle tientsur ses genouxunlivre ouvert,quelques feuilles détachées gisent au sol, jaunies comme les cèdres malades, sous ses pieds nus manucurés, le carrelage en céramique froid, brûlant. Seuls les mots des poètes nourrissent encore son âme, ceux des politiciens ont déjà trop meurtries les chairs.

Rage !الغظب

Une statuette d’angetrônesur un guéridon, survivante du désordre, à quelques pas des décombres, tête baissée. Peut-être lui lit-ildes psaumes,cet envoyé de pierre,peut-être lui soufflet-ilces mots :« L’Eternel brise les cèdres du Liban ».Souffrances, ruines, larmescumulées au travers des siècles sur cette terre d’Orient.

Révolte !.تمرد

Elle ne se retourne pas sur la vieille horloge auxchiffres romains,dont les aiguilles se sont tues, marquant ainsi la dislocationdu temps : dix huit heure dix.

Nouvelle aube.فجر

Elle ne lève pas non plus ses yeux noisettes au ciel : qu’y a t-il au dessus des têtes si ce n’est Dieuet les martyrs? Elle ne regarde pas les beaux lustres à terre derrière elle, ni ne cherche son reflet dans des bouts de miroirs explosés : elle ne voit pas à quel point elle est belle dans les reflets ambrés de la destruction.

www.lilujune.wordpress.com


[Aide] confinée

Confinement et Aide à la personne,

une équation complexe

Naima*, vous êtes la fondatrice d’une société d’aide aux personnes, comprenant une trentaine de personnes. Nous aimerions votre témoignage du constat du 1er et 2e confinement en cours.

  • Comment avez-vous géré le 1er confinement ?
Nous n’étions pas du tout préparé à faire face, mais nous avons su réagir et mettre en place les mesures sanitaires et avons assuré le service de jour comme de nuit.
Nous avons mis nos vies privées de côté pour palier aux absences des salariés qui avaient fait valoir leur droit de retrait afin de pouvoir rester avec leur enfants à domicile. Jonglant entre gardes de nuit à domicile, la livraison de courses aux bénéficiaires confinés qui sont une population âgée, vulnérable et à risque. Les prises de repas, aide à la toilette, prise de médicaments, aide psychologique encore plus importante car en rupture physique imposée avec les familles pendant le confinement. On gardait le contact avec les familles sans cesse par téléphone, et messagerie instantanée …
Aucun cas de COVID n’a été compté dans la structure et chez les bénéficiaires, et certains de nos bénéficiaires (une minorité) ont préféré pendant cette période faire une pause dans les interventions.
  • Les réactions et besoins de vos bénéficiaires ont-elles été différentes par rapport à d’habitude ?

Le côté psychologique a été très important, pour les rassurer sur ce qui se passait, le fait de nous voir avec les masques tous les jours. Le questionnement sur le COVID les risques, les conséquences économiques, un debriefing qui leur faisait du bien.

  • Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Ce qui nous a le plus marqué, c’est que face à une telle crise sanitaire nous n’avons pas été reconnus et soutenus à notre juste valeur. Car nous avons été confrontés à des risques nous déjà nous-mêmes et pouvions mettre aussi en danger nos familles. Et pourtant, nous avons assurés 24h/24 7j/7 un service de proximité d’assistance et d’humanité envers une population vieillissante et apeurée.

  • Aujourd’hui, la France repart pour un confinement de 4 semaines, dans quel état d’esprit sont vos bénéficiaires ?

Avec ce deuxième confinement l’expérience du premier et le fait que nous étions présentes et réactives de nuit comme de jour les a rassuré. Ainsi  tous nos bénéficiaires ont gardé leurs prestations. Ils se sentent entourés et en sécurité par des professionnelles de l’accompagnement.

  • Vous avez aussi créé une association venant en aide aux femmes de l’Atlas?
En ce qui concerne mon investissement associatif, je viens en aide aux populations fragiles dans le Moyen Atlas, dans les villes ou il y à une forte population que l’on doit assister par de l’aide médicale vestimentaires et scolaires.
Le public sont beaucoup des femmes qui n’ont aucuns revenus et qui bien souvent après la naissance de leur enfant sont démunies de tout matériel de puériculture de première nécessité (biberons couches, layettes…..). Mon objectif est de pouvoir aider ces femmes à ce qu’elles deviennent indépendantes par de la création soit de coopérative d’artisanats locaux au vu de leur savoir faire en tapis Berbères, broderies….

 

*Naima ICHOU 43 ans, chef d’entreprise d’une SAAD TOP SERVICES 34 depuis 2017 dans le département de l’Hérault. D’origine Marocaine et Présidente de l’Association Loisirs Ensemble et Partage. Membre du réseau FCE Hérault, AFEM Maroc et Ambassadrice à la CCI Hérault.


[Art] masterclass

Masterclass avec Diana Lui

« Les femmes et le Minotaure »

Diana, est une photographe franco-belge, d’origine chinoise, née en Malaisie. Elle vit et travaille à Paris depuis 10 ans,après avoir passé 12 ans aux Etats-Unis. Atypique par ses photos utilisant la technique d’une ancienne chambre photographique 20×25 cm créant des portraits noir et blanc « intimes, psychologiques et anthropologiques », mettant en scène les gens qu’elle rencontre à travers le monde.

5 femmes ont suivis une masterclass avec Diana Lui, au-delà du 1er confinement, exposant par la suite en toute intimité le temps d’un pop-up dans le village de Picasso telles ses minautores à « l’espace 101 » à Mougins.

 

Carline Bourdelas

Je suis photographe dans l’âme depuis toujours. J’ai créé beaucoup d’images, et je peux dire que
certaines m’ont envoutée. Pourtant même si leur esthétique m’émerveillait, il me manquait quelque
chose d’essentiel. Je ne voulais pas que mes images soit juste « contemplation », je voulais qu’elles
entrent directement en contact avec mon cœur et celui du spectateur, qu’elles provoquent une
vibration dans nos corps.
Un ami m’a parlé de Diana Lui, photographe originaire de Malaisie. Il l’appelait la « chasseresse des
âmes ».
J’ai rencontré Diana, j’ai senti la vitalité et l’énergie qu’elle dégage, je suis tombée sous le charme.
J’ai démarré la MasterClass dès le mois de décembre 2019.
C’est au cours de la première séance que tout s’est joué. Sur une table, j’ai déposé une centaine de
photos représentatives de mon travail.
Après quoi la main de Diana a écarté tout ce qui n’était et ne restera qu’une image. Elle écrivait une
histoire avec les photos qui questionnent. La magie du placement des photos montra alors très
clairement l’obsession qui est en moi. Le sujet est posé comme une évidence !
Mon obsession à moi porte sur la vision de la Femme et les rôles qui lui sont assignés.
Des photographes d’horizons très différents formaient le groupe. Sous l’impulsion de Diana nous
travaillions sur un mode partage et générosité. Les projets des uns inspiraient les travaux des autres.
Diana nous encourageait, nous stimulait, nous ouvrait des chemins, nous poussait à fermer certaines
portes et à en ouvrir d’autres. Elle nous réveillait et nous mettait face à nos obsessions les plus
profondes. Cette démarche nous obligeait à donner le meilleur et à transformer une image en
photographie et une photographie en un message, une histoire.
La MasterClass s’est déroulée en séances collectives et individuelles. Chaque module nous apportait
quelque chose de différent et de nouveau. Séance après séance, nous voyions notre travail évoluer.
« A la question « qu’est-ce qu’une bonne image ? Willy Ronis répondait « je me contente, faute de
mieux, de répondre que c’est celle qui a su communiquer l’émotion qui l’a fait naitre. »
La période de confinement m’a énormément inspirée. L’isolement, la nature à l’état du début du
monde, le silence, les couleurs du ciel, de la mer, de la terre, du sable, de l’herbe… Une lumière
magique qui transformait les choses, les personnes…, une abstraction, une image en résonance avec
ma démarche onirique de la photographique.
Diana m’a dit « tu es dans le passé et l’avenir, je ne te vois pas dans le présent »
Séance après séance j’ai pris conscience de ma métamorphose. Quelques fois j’avais l’impression
qu’une force extérieure s’emparait de mon appareil photo et déclenchait à ma place et moi
j’apprenais à voir ce que d’autres ne percevaient pas.
Dorothéa Lange disait : « L’appareil photo est un outil qui enseigne aux gens à voir sans appareil
photo»
Mon objectif final est de parvenir à créer des images qui transmettent des messages, qui
questionnent et qui provoquent une véritable émotion.
La MasterClass s’est achevée à l’Espace 101 du Vieux Mougins.
L’immense générosité de sa directrice Karin Fellinger a permis à six femmes photographes d’exposer
leurs photos pendant 15 jours. De nombreux visiteurs sont venus nous soutenir, et partager ce
moment avec nous.
Mille mercis à notre ange gardien Karin Fellinger.

Merci à Diana, l’humaniste qui nous a ouvert sa vision du monde.

 

Anita Hélène

J’ai voulu me réinscrire au Masterclass de Diana Lui après y avoir déjà participé il y a 7-8 ans par deux fois sur une période aussi de 6 mois. Je connais la rigueur artistique, l’immense générosité et bienveillance de Diana envers ses élèves et le, les chemins magiques de création découverts, émergés, issés grâce à elle.

Les circonstances ont déterminé notre groupe de cinq femmes aux parcours différents, mais toutes mûes par un élan d’envies, de vie à exprimer, d’échanges forts, et d’émulations. Ainsi je dirai, une aspiration cosmique nous a élevées vers les images produites, visibles en partie à l’espace 101 de Mougins. Par exemple, Françoise Evenou est devenue mon modèle, lors d’un soir impromptude Juillet, le long des remparts d’un château anglican, baigné de Nature.L’eau, les Eaux organiques vivantes, les Arbres centenaires, puissants, une alchimies est créée avec mon modèle flamboyant !J e crois que le confinement nous poussait aussi à cette harmonie, cette révélation avec la Nature, celle qui est là, ici, tout près de notre demeure. La nuit renforce cet espace, cette féminité  secrète et puissante, intouchable, en lien direct avec celle desarbres, du sol, des eaux qui les parcourent, de leurs mouvements indomptables, cohésifs, vivants, invisibles visibles; Plus on avance, plus il nous faut d’espace; je crois que chacune des artistes peut prendre ces paroles…Et l’immense chance que nous avons est d’être à l’espace 101, à Mougins, lieu fort de lumière et d’inspiration, grâce à Karin, à sa très généreuse énergie, …Nous avions tout pour réussir.

 

Karin Fellinger

Pour moi, la Peinture est depuis longtemps mon principal moyen d’expression même si la photographie est entrée dans ma pratique artistique. Les deux techniques sont des moyens d’expression que j’exploite, indifféremment, pour figer les moments que je traverse. 

Dans la peinture comme dans la photographie, je m’inspire des images que je trouve dans la nature, mais aussi des visages des personnes rencontrées au quotidien. Dans les portraits, je cherche à ne montrer que l’essentiel, l’invisible du sujet. J’essaie de montrer le plus possible avec le minimum de matière picturale, en éliminant certains éléments ajoutés sur la toile. 

Avec l’usage de la photographie mon regard devient contemporain, rapide et net. L’appareil l’incite à une exécution furtive, instantanée et épidermique. Plutôt que la perfection technique, je cherche à capter l’indicible du monde qui m’entoure.

Après plusieurs Photo workshops avec des photographes internationaux le temps d’un weekend à Nice, Vienne et à Arles j’avais le sentiment de devenir infidèle à ma passion depuis toujours – la peinture. En réalité, la photographie est la suite logique de mon activité artistique. Peut être l’un ne va pas sans l’autre?

La rencontre avec Diana Lui, artiste, photographe – plasticienne et réalisatrice m’a fait comprendre qu’il y a en moi un autre être méconnu que je devais découvrir pour arriver à harmoniser dans ma vie d’artiste, femme, épouse, et mère dans le futur. J’ai choisi de travailler avec Diana pour la qualité de sa démarche photographique et sa capacité à transmettre des instants remplis d’une forte intimité. Elle est d’une immense générosité et dans le partage. L’inscription à une Masterclass avec Diana Lui et 7 autres photographes devient une évidence.

Diana sera notre coach pour une année. Diana Lui m’a suggéré d’étudier l’Autoportrait. Elle me disait, je l’entends encore : » Karin tu me fais penser à Gloria ». J’ai été démasquée ! Ce que j’ai préféré chez Diana c’est sa détermination et son expertise photographique applicable différemment à chaque photographe.

Diana veut nous connaitre, elle nous fait parler, elle écoute. Elle nous observe. Elle dialogue. Elle nous dévoile les traits cachés de nos caractères. Avec toute sa sensibilité et son savoir-faire, elle va nous guider à trouver notre écriture photographique. L’énergie qu’elle dégage nous fait pousser des ailes artistiques. Du premier moment de la première rencontre jusqu’à son dernier rendez-vous avec nous à Mougins. Les rendez-vous de groupe étaient très importants car nous pouvions nous inspirer l’un de l’autre et partager nos diverses expériences et projets tant sur le plan artistique que technique photographique. Une histoire commençait à s’écrire en images souvent figuratives, parfois abstraites mais toujours fortes. 

La période du confinement durant le printemps dernier m’a permis de perfectionner ma technique photographique ainsi que mon projet. La découverte des endroits habituellement peu intéressants autour de nous devenaient « mon air de jeu ». Car l’Autoportrait devenait un jeu, de mise en scène, de changement de personnalité. Jouer dans la nature devenait passionnant. Se représenter soi – même permettait de repousser l’ensemble des considérations qui tiennent un rôle essentiel dans le portrait. En d’autres termes, l’autoportrait est un moyen d’expérimenter plus radicalement que sur tout autre être humain le mode de représentation et le procédé pictural. 

L’idée de se retrouver physiquement à Paris n’était plus envisageable. C’est pour cette raison que j’ai invité Diana à venir, dans le sud de la France, clôturer cette aventure commencée quelques mois auparavant à Paris. Diana et 4 autres photographes de la Masterclass ont répondu présent. C’est ainsi que 6 femmes venant d’horizons différents ont eu la possibilité de partager, pendant un long week-end, l’extraordinaire expérience de finaliser la session par le fameux « editing » de leurs travaux, suivi d’une exposition qui a duré plusieurs semaines à l’espace 101 à Mougins. Mougins, ce village dans le Sud de la France connu pour sa haute gastronomie mais restera tout d’abord un lieu mythique dans l’histoire de l’Art. De nombreux artistes pour ne citer que le plus connu, Picasso, ont habité et travaillé dans ce lieu. Le thème « la Femme et le Minotaure » choisi par nous toutes était une évidence puisque nous étions toutes reliées à travers notre expérience avec Diana Lui par un même thème : la Femme.

 

Nadia Bouzguenda 

Mon stage Photographique avec Diana Lui « Nature Intime » à Arles en 2019, a été pour moi la révélation d’une sensibilité créatrice en partant d’une intimité vers la modification du réel en mises en scènes. Par son écoute et sa bienveillance, Diana nous invitait à nous connecter à nous même avant chaque séance. Engagée et généreuse, elle nous encourageait à élargir nos horizons au service de notre créativité. Avec la découverte de son travail autour de l’identité contemporaine des femmes du Maroc, de la Tunisie et de la Malaisie, le déclic avec elle était immédiat. 

Depuis la nomination Lauréat 2019 de ma série photographique, Réincarnation, à la fin du stage, mon style photographique est passé d’une contemplation des moments présents vers une quête de soi. J’ai su que la MasterClass de Diana Lui est la voie vers mon lancement artistique. Éveiller la mémoire, changer de perceptions, raviver l’espoir, œuvrer au développement de soi pour moi-même et pour les autres sont des questionnements qui me font entrevoir la lumière de l’inconscient.

L’exploration de la Photographie expérimentale s’est imposée à moi. Sous l’œil rigoureux de Diana je me suis embarquée dans un parcours de quête identitaire me reliant à ma lignée de filles dans la ville natale de mes parents Sfax, en Tunisie. A travers un processus créatif suivi par le groupe des 6 Photographes-Artistes de la MasterClass, j’ai cheminé vers de nouvelles pratiques pour composer mes images dans mon atelier à Dubaï. Dans une recherche de réalités perdues à travers des mémoires de familles, j’ai lancé pendant le confinement mon premier projet nomme Inner-patterns. 

Accueillies généreusement par Karin Fellinger à Mougins, nos travaux ont été inaugurés par notre première exposition spontanée « Les Femmes du Minotaure » à l’espace 101. Quelle merveilleuse expérience, riche par ses échanges et ses partages lumineux ! Merci à toute l’équipe, Merci à Diana ! 

 

Françoise Evenou
Exposer son travail est une grande émotion, car c’est l’aboutissement d’un long processus créatif, d’une grande aventure intérieure. C’était formidable de se retrouver, toutes les 5, dans ce bel espace, l’Espace Mougins, grâce à l’initiative de Karin Vasseur, pour clore cette Masterclass de 9 mois avec la très belle artiste Diana Lui.

J’avais choisi la Masterclass de Diana Lui, car j’aime son travail et particulièrement ses portraits photographiques et qu’un ami très cher me l’avait vivement recommandée. Diana est un véritable mentor, elle est généreuse, bienveillante avec un haut niveau d’exigence. Lorsque nous avons débuté cette Masterclass, nous nous sommes aperçues que nous étions toutes reliées par un même thème : La femme ! Ce n’était pas une coïncidence…Je souris aujourd’hui en pensant aux premiers portraits de femme que j’avais montré le premier jour. Quel chemin parcouru ! Grâce à Diana, véritable coach, et à l’émulation du groupe, j’ai réussi peu à peu à trouver mon écriture photographique. La période du Covid a été très féconde, enfermée à la maison, je ne pouvais plus photographier des femmes et j’ai commencé les autoportraits. Une plongée en soi-même et la poursuite du dialogue avec toutes les femmes que j’avais photographiées, comme une tête à tête amoureux qui se prolongeait dans le silence.Et l’écriture est venue. J’ai commencé à écrire des textes courts de mes rencontres avec Vénus, Vita, Diana, Pham, Amie…Et ma première série photographique est née, intitulée : La couleur du désir.

C’est l’histoire d’une rencontre avec l’Aphrodite, la Sauvage, l’Amante, l’Elixir, la Divine qui nous révèle cette autre part de nous-mêmes : obscure, sauvage et souterraine,charnelle et spirituelle.


[Femme] Prison & Réinsertion

La Lumière dans les Ténèbres !

Une seconde chance

pour les femmes incarcérées ?

 

  • Sophie, quelle impulsion vous a amenée à créer la Commission Prison & Réinsertion ?

Sachez que l’Amour brise toutes les chaînes !

Rien ne me prédisposait à m’intéresser au milieu carcéral jusqu’au jour où le témoignage de M. Christian Kadi, aumônier protestant référent de la Maison d’Arrêt (M.A.) de Nice et de Monaco me bouleversa :

« Les circonstances malheureuses de la vie amenèrent une jeune femme à entrer en détention.

Alors enceinte, elle donna naissance à son bébé dans les murs sombres de sa cellule.

A peine le temps de goûter à la joie de sa maternité que la réalité frappa à sa porte. Son nouveau-né allait être placé dans un foyer !

Bouleversée aux larmes à l’écoute de ces quelques mots, une compassion forte et soudaine me saisit. Mon cœur se serra dans ma poitrine, l’oxygène me manqua… Et si cela m’était arrivé ? L’idée m’était plus qu’insupportable ! »

Si les femmes détenues sont affligées à cause de leurs erreurs, elles ne doivent pas être abattues.

Si elles ont honte de leurs comportements, elles ne doivent pas être réduites au désespoir, mais elles doivent être visitées et non abandonnées, encouragées, et non dans la détresse.

Il devait exister une solution pour ces femmes de reconstruire leur vie et de se réinsérer !

Je décidais donc d’agir en leur faveur en créant en 2015 la Commission Prison & Réinsertion.

 

  •  Quelles actions avez-vous mises en place ?

En janvier 2017, avec le soutien du Directeur de la M.A. de Nice et de la Directrice du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) des Alpes Maritimes (A.M), je créais un atelier Couture avec le savoir-faire et le grand cœur de Marie-Rose. Le but était de dispenser des cours pour une embauche dans des boutiques de retouches. Des cœurs rouges furent confectionnés lors d’un Gala à Monaco en présence de nombreuses personnalités. Les détenues reçurent un diplôme, un don financier et l’appréciation du Ministère de la Justice Française.

En septembre 2017, l’atelier Couture contribua également à la réalisation de robes pour enfants en vue de leur vente à la Boutique du Rocher de la Fondation Princesse Grace à Monaco. Mission réussie ! Les détenues se sentirent valorisées. Elles reprirent l’espoir d’atteindre de nouveaux objectifs dans leur vie.

En octobre 2017, l’autorisation nous fut donnée, à Emilie et moi-même, par le S.P.I.P des A.M d’accompagner une détenue les 6 derniers mois de sa détention vers la sortie, par des visites de soutien et de travail dans l’enceinte de la M.A. de Nice.

Une année plus tard, la Direction des Services Judiciaires de Monaco m’autorisa à effectuer également des visites à la M.A. de Monaco.

Notre compassion de « marraines de cœur » ouvrit la porte de l’Espérance pour ces détenues.

 

  •  Y-a-t-il plus de bonheur à donner qu’à recevoir ?

Bien évidemment ! Sachez-le ! Celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment !

En février 2018, en partenariat avec Caterina, Décoratrice, et Betty, Formatrice de Métiers, j’organisais un déjeuner privé à la M.A. de Nice. La décoration et le service en salle furent assurés par les détenues. Un apprentissage et un paisible partage en présence du Directeur de la M.A. de Nice et de la Directrice du S.P.I.P des A.M. 

En septembre 2018, j’encadrais un nouvel atelier Coiffure, Maquillage et Manucure à la M.A. de Nice pour révéler aux femmes qu’elles sont une perle de grande valeur. Marie-Josiane, coiffeuse-styliste, dispensa bénévolement des cours en vue d’une embauche dans des salons. Accompagnée par Brigitte,et toutes deux remplies de compassion pour ces femmes, elles leur permettent encore aujourd’hui de retrouver beauté perdue et dignité.

En octobre 2018, des ordinateurs furent offerts à la M.A. de Monaco grâce à la générosité d’un homme d’affaire monégasque. L’occasion de retrouver pour les détenues une motivation pour le travail.

 

  • Quels sont vos projets et les soutiens indispensables pour ne pas replonger dans le milieu carcéral, mais devenir une participante productive de la vie économique du pays ?

(En prison)

Recherche de bénévoles investis à la formation de métiers.

Recherche d’entreprises pour réaliser des missions courtes (petits travaux rémunérés) dans l’atelier de production du Quartier Femmes.

Nomination de marraines (avec langues étrangères) pour préparer les femmes à leur sortie : aide à la formation, à la recherche d’un emploi, d’un logement, à la rédaction d’un CV, à la simulation d’entretiens de recrutement etc…

Dons de vêtements, collecte de papiers à lettres, enveloppes, timbres etc…

 

(Hors prison)

Recherche de sponsors et de partenariats avec des entreprises en vue de l’embauche des femmes sortantes :

  • Partenariat avec des entreprises de textile offrant un pack « habit de travail ».
  • Partenariat avec des entreprises de cosmétiques pourvoyant à un « coffret maquillage ».

Organisation de rencontres sous la forme d’un forum emploi « job dating ».

Création d’outils de communication pour sensibiliser la population et les entreprises à une prise de conscience du désert moral et financier de ces femmes lors de leur libération.

 

  • Pouvez-vous témoigner d’une réinsertion réussie ?

V. grandit dans une famille avec de bonnes valeurs. A 25 ans, elle s’installe en couple. Malheureusement, les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs et ce compagnon l’entraine dans la délinquance. Dans sa cellule, V. accepte que tout péché peut conduire à la chute d’une famille, d’une carrière ou d’une vie. Elle se repent et met tout en route pour travailler au sein de la prison et prouver sa bonne volonté à mener une vie en règle. L’écoute, le partage avec l’aumônier et la marraine l’aident à traverser ce douloureux parcours. Grâce à l’action de l’Association Impact Monaco Riviera et de ses partenaires, V. trouve un emploi et un logement. Elle reste reconnaissante et comprend que le temps prouvera que son passé est terminé et que toutes choses sont devenues nouvelles dans sa vie.

 

  • Pour conclure, comment définissez-vous votre identité ?

Ma vie est abondamment bénie, car je cherche à plonger toujours plus mes racines dans l’Amour ; et c’est pourquoi mon coeur crie pour ceux dont le destin reste attaché à la souffrance.

 

*Sophie Verhaaren

Vice-présidente de « Impact Monaco Riviera » (association chrétienne pour le bien d’autrui).

Chef d’entreprise de « American System Nettoyage » (entreprise industrielle depuis 1987).

Associée à son époux, de «7 Heaven Management » (achat, vente et management de voitures, avions et bateaux – Concept Terre-Air-Mer depuis 2000).

Contact : [email protected]

 


[Femme] Présidente

INTERVIEW DE SON EXCELLENCE LA PRESIDENTE, MADAME SAMBA PENZA

ANCIENNE CHEF D’ETAT DE LA TRANSITION

ET ACTUELLE CANDIDATE AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Ancien Chef d’Etat, militante et engagée politiquement, Catherine Samba-Penza est d’abord une femme de coeur. Nous avons eu l’opportunité de comprendre en quelques questions/réponses son investissement en faveur du leadership féminin. Fondatrice d’OPALEF, rencontrée au FIED, une femme de tête qui aide les femmes avec générosité et conviction.

 

  • Madame la Présidente de la République de transition de Centrafrique, vous avez géré le pays sortant d’une grave crise, en tant que Chef de l’état de la transition, Quel a été votre priorité ? Quel est votre bilan de ces deux ans de transitions ?

Ma priorité en tant que Chef d’Etat de la transition (2014 – 2016) a été la pacification du pays pour permettre l’expression des forces vives et des partis politiques. Ensuite, j’ai eu pour souci constant, l’implication des femmes dans les canaux de décision. C’est ainsi qu’aussi bien que dans mon cabinet qu’au gouvernement, des femmes ont été appelées aux affaires et ont montré leur capacité de travail et de gestion des dossiers.

Je peux me prévaloir d’un bilan louable : la pacification du pays par le dialogue permanent avec les groupes rebelles ; le rétablissement des relations avec nos voisins et nos partenaires au développement ; le retour de la RCA sur la scène internationale ; l’organisation, malgré les conditions difficiles, des élections présidentielles crédibles et transparentes à l’issue desquelles, j’ai transmis le pouvoir au Président élu ; le regroupement des femmes dans des associations pour leur permettre de cultiver un leadership efficace et d’acquérir une autonomisation.

Ce bilan aurait été plus brillant si certaines forces extérieures n’ont pas tenté d’entraver le fonctionnement de la transition. Je regrette aussi le fait que je n’ai pas pu achever la réconciliation des Centrafricains avec eux et démanteler totalement les milices et groupes rebelles.

 

  • Vous êtes militante des droits des femmes, au sein de l’association des femmes juristes de Centrafrique, formatrice en droits humains au sein du programme Afrique d’Amnesty International, comment voyez vous la place de la femme en Afrique? Vous organisez un forum international féminin (OPALEF), quel est aujourd’hui le rôle des femmes ? Peuvent-elles par le dialogue aider? 

Pendant longtemps et au cours de mes divers mandats, le leadership de la femme a été pour moi un but et une obsession. Les femmes ont gagné beaucoup de combats, bravé les pesanteurs socioculturelles qui continuent par freiner leur évolution.

En Afrique, beaucoup d’espaces de libertés ont été conquis par les femmes. Des femmes ont pris le leadership politique, économique et associatif. Je considère que désormais, aucun développement n’est possible sans une forte implication des femmes aux sphères décisionnelles. A l’horizon de 2030 ou 2040, beaucoup de femmes prendront la direction de nombreuses structures et institutions en Afrique.

Les Présidences de femmes au Libéria, au Malawi, en Ethiopie, en RCA ou en Guinée, des postes de Premier Ministre ou de Présidents de parlement dévolus aux femmes au Gabon, au Congo, au Togo sont des signes forts de la prise en compte des aptitudes des femmes dans la sphère politique. Et c’est un atout important.

Le Forum que l’OPALEF, dont je suis la Présidente, organise chaque année, vise justement à organiser et à renforcer l’autonomisation de la femme et l’implication de la femme dans les processus décisionnels par un réel leadership.

Naturellement, les femmes présentent les atouts pour obtenir des consensus dans les processus de dialogue et de paix. Mon expérience à la tête d’un pays en guerre m’a renforcée dans la conviction que la femme a une force de persuasion que les hommes n’ont pas. Même si les dirigeants de ce monde sont à majorité des hommes, le rôle des femmes dans leurs communautés ou sociétés dans le processus de réconciliation s’est révélé déterminant. Et plus elles seront investies de confiance sur ces thématiques, plus elles obtiendront des résultats et mieux le monde se portera.

  • Quel message souhaiteriez vous transmettre aux femmes d’Europe ?

Je souhaite dire aux femmes d’Europe de sortir des archétypes et des paradigmes créés par les hommes pour favoriser le dialogue des civilisations. Les femmes sont à même d’ériger des ponts entre les peuples parce qu’elles donnent et entretiennent la vie ; elles peuvent la protéger et la prolonger. Les femmes d’Europe doivent s’ouvrir à leurs sœurs d’Afrique pour un véritable dialogue civilisationnel. Parce que je suis convaincue que si les femmes se levaient dans une dynamique de construction de l’humanité sur les valeurs universelles, le monde changerait positivement.

Je vous remercie.

A suivre sur https://www.facebook.com/csp.officielle/

OPALEF: https://fr-fr.facebook.com/pages/category/Community/Observatoire-Panafricain-du-Leadership-F%C3%A9minin-Opalef-294970324283583/


[Sport] Espoir

Des filles, du softball et du football de Gaza à Dakar

Entretien avec Laura Layousse, fondatrice de LEGA PACE.

 

Laura, parlez nous déjà de vous, vous êtes un savant mélange de plusieurs cultures, à 33 ans vous avez eu plusieurs vies et des projets ambitieux pour votre pays de naissance, le Sénégal, voulez-vous nous en dire plus ?

En effet, j’ai la chance d’être riche de cultures : libanaise d’origine, Sénégalaise de naissance et de foyer et française non seulement par amour mais aussi parce que mes deux pays d’origine ont un attachement fort avec la France qui m’a été transmis tout au long de mon enfance et j’ai par la suite fait mes études à Paris ainsi que la majorité de ma jeune carrière dans la communication. Je me suis rendu compte que ce mélange de cultures est une richesse car il m’a permis d’évoluer dans une industrie (la mode et le luxe) globale où j’ai très vite pu m’adapter, non seulement au rythme que celle- ci impose, mais surtout à la variété des interlocuteurs.

Après une expérience en bureau de Presse multimarques (Totem Fashion) puis plusieurs années chez Ralph Lauren au service presse (respectivement Home et mode masculine), je me mets à mon compte et je collabore avec des personnes très dynamiques, traductrices de culture : Blackrainbow Agency. Je découvre ainsi l’approche « du tout est possible » et une volonté très forte de faire bouger les lignes, de perturber des ordres et des normes aujourd’hui caduques. Leur approche de la communication m’a permis de me poser des questions essentielles, existentielles même, sur les normes que les sociétés nous inculquent/ imposent et sur les frontières et limites que l’on se créent. De cette réflexion naîtra une envie différente d’aborder le quotidien et la vie en générale, plus engagée, plus consciente et plus ancrée dans le temps. Très vite, je crée une structure associative.

 

Racontez-nous l’origine de Lega Pace ? Quelle est son histoire ? 

Tout commence en octobre 2017, à la suite de la lecture d’un article dans le journal Le Monde qui relate de jeunes femmes qui jouent au softball dans la bande de Gaza avec une balle de tennis et des battes fabriquées par un menuiser. Je suis frappée par leur courage car les femmes et les petites filles ont le droit d’effectuer une activité sportive seulement sous autorisation parentale et dans le cadre de leurs études. C’est un monde radicalement différent de celui dans lequel j’ai grandi où mon père, d’origine Palestinienne, m’a répété tout au long de ma vie qu’une fille pouvait tout accomplir.

Je décide donc d’aider ces jeunes filles pour qui le champ des possibles en interne et en externe est réduit au néant et qui malgré tout à force de créativité réussissent à s’entraîner tous les jours. Je contacte le journal Le Monde pour avoir un moyen de parler à leur entraîneur et dans la foulée la Fédération Française de Baseball et de Softball. A partir de là, une cascade de rencontres merveilleuses et bienveillantes nous permet d’envoyer plusieurs centaines kilos d’équipements sportifs à l’attention des filles mais aussi des garçons qui aujourd’hui forment la fédération Palestinienne de Baseball et Softball que j’ai eu l’honneur d’accompagner depuis maintenant 3 ans et fait partie grâce à tous les efforts communs de la Fédération Internationale de Baseball et Softball (grâce à qui j’ai pu fournir plusieurs fois du matériel à l’équipe). Pour concentrer tous ces efforts, je créée l’association en juillet 2018 avec dans son nom une évocation à l’union de toutes ces personnes qui ont rendu les choses possibles, la ligue. Ce sera donc Lega Pace.

 

En quoi le sport est-il vecteur de valeurs d’éducation, d’autonomisation des femmes et de liberté d’entreprendre ?

Déjà en tant que femme, je pense que l’activité physique est primordiale pour la compréhension de son corps durant ce passage compliqué qu’est l’adolescence. Le sport aide à construire la confiance en soi et la résilience. Deux valeurs importantes dans le monde dans lequel on vit. Au-delà de cela, il est vecteur de joie, il aide à former une communauté à travers l’esprit d’équipe et peut aussi représenter un refuge par rapport à des violences culturelles ou au sein de leur foyer … 

 

Vous avez aujourd’hui, après un premier succès, un second projet au Sénégal cette fois-ci, parlez nous en . Comment la covid a-t-elle affecté le projet ou changer votre façon de l’aborder?

Il était vital pour moi pour moi de rendre au Sénégal une part de ce qu’il m’a donné. Au-delà de la richesse culturelle, un sentiment de foyer, de maison et de sécurité primordial pour une petite – fille de migrant. J’avais entendu parler d’une organisation qui s’appelle Ladies Turn dirigée par trois femmes dont le but est d’apporter le football pour les filles dans les écoles et d’utiliser celui-ci comme vecteur d’égalité entre les sexes. Après avoir rencontré Seyni, sa fondatrice et présidente – elle-même ancienne footballeuse de la sélection sénégalaise, nous souhaitons organiser un tournoi de football féminin au Sénégal pour les 10 ans de Ladies Turn. Tournoi qui réunirait des filles de Paris et sa banlieue, de Gambie, d’Égypte. Plusieurs objectifs en tête comme la promotion du foot féminin et la construction de pont culturels et sportifs entre différentes communautés. La covid 19 bien sûr chamboulé nos projets et nous a poussé à nous demander comment apporter notre soutien et faire un réel impact dans la vie de jeunes filles au Sénégal. A l’issu de nos échanges, ressort une école élémentaire de jeunes filles dans la régio de Saint Louis. Son histoire, un cadeau d’une femme au ministère de l’éducation avec une seule requête qu’elle soit exclusivement dédié aux filles nous séduit immédiatement. Après plusieurs échanges avec la directrice de celle-ci, il parait évident que la crise dû à la Covid-19 a affecté le pouvoir d’achats des familles pour qui le coût des fournitures et manuels scolaires peut-être dissuasif.  Nous mettons donc au point des kits de sponsorings qui incluent les manuels scolaires, les fournitures, l’équipement sportif, les tenues de foot ainsi que les cours de football hebdomadaires afin d’ôter aux familles cette charge budgétaire. Il est bien entendu question de nous impliquer personnellement à travers de déplacements mensuels, de création d’ateliers avec d’autres écoles et surtout une vision à long terme pour cette école.

 

De quoi avez-vous besoin pour faire aboutir votre projet ? Comment peut-on vous aider ?

Il y a plusieurs moyens de nous venir en aide : en faisant un don sur notre site ou directement sur HelloAsso (liens ci-dessous) ou alors de me contacter pour des dons matériels (manuels scolaires, cahiers, cartables, équipement sportifs) et bien entendu en parler au maximum de personnes susceptibles de nous aider à permettre à ces 350 petites filles d’effectuer leur rentrée après une année si mouvementée. 

Sites internets: https://fr.legapace.com

Dons: https://www.helloasso.com/associations/lega-pace/formulaires/2


Sowl Initiative a soutenu Hassan Ndam

Sowl Initiative a soutenu Hassan Ndam pour la conférence sur la Tolerance et la lutte contre la radicalisation dans les sports de combat.