[Famille| jeunes parents

Interview de Boutayna Burkel, fondatrice et CEO de The Helpr.

By Pascale Caron

Après une expérience de 10 ans dans le consulting et la conduite du changement auprès de grands groupes comme Euler Hermès, une grossesse, et une expatriation aux États-Unis, Boutayna a fondé sa propre entreprise: The Helpr. C’est une plateforme digitale et une application mettant en relation de nouveaux parents et des professionnels du bien-être, sous forme d’ateliers, afin de les accompagner, dans les 1000 1ers jours suivant la naissance.

Elle est également la créatrice du podcast « creative tea time». Elle nous y invite à confronter les clichés sur la créativité, la carrière et les ressources mentales.

 

Qu’est-ce qui t’a amené à te lancer dans l’entrepreneuriat ?

Je pense que c’est un désir de changer les choses, de toucher du concret, même si rien ne m’y prédestinait. Après des études classiques en Business School au Maroc, je me sentais loin de ce milieu. Je faisais partie de ces étudiants qui ont choisi la finance sans vraiment apprécier ça. J’ai donc décidé avant d’aller plus loin de faire une année de test professionnel et je me suis lancée dans le secteur du Conseil.

Rien ne me destinait à venir non plus à Paris à part un coup de cœur amoureux. Et à mon arrivée à Paris, je réalise un Master 2 à l’université Paris Dauphine en Politique générale et Stratégie des Organisations. J’ai endossé mon costume de « working girl » qui m’allait comme un gant, mais il me manquait quelque chose sans savoir encore quoi.

En 2018, nous décidons de nous installer à Atlanta, alors que j’étais enceinte. La première année est passée très vite, entre la découverte d’une nouvelle culture et de la maternité. Mais j’avais un profond désir de liberté et d’accomplissement, sans savoir quel serait mon projet professionnel. Je me suis fait aider par un coach, ce qui m’a permis de comprendre que j’aspirais à créer ma propre entreprise, encore fallait-il trouver le thème. Pendant ces 18 mois de pause, j’ai analysé les études de cas aux USAs : ils ont toujours 5 à 10 ans d’avance en expérience client. J’ai été très inspirée par un lieu de vie et de travail parent/enfants, en plus de toutes les apps utiles et efficaces que j’avais pu tester.

En 2020, pendant la crise de la Covid, nous rentrons de manière précipitée comme beaucoup. Cette période du confinement m’a servi de phase de gestation. The Helpr s’impose à moi comme une évidence et je me lance en avril 2020. Je développe mon premier MVP (Minimum Viable Product) avec les moyens du bord et je recherche des prospects. Venant du monde du conseil j’avais une vision différente des sites classiques sur le domaine : je mettais à cœur l’expérience client dans mon business modèle, pour démocratiser l’accès à ces prestations méconnues par le grand public !

Me lancer dans l’entrepreneuriat était un challenge, car, du côté de ma famille, tous m’incitaient à faire un MBA ou de devenir « coach ». J’avais 10 ans d’expérience, un BAC +5, pourquoi refaire des études ? Je me suis beaucoup inspirée des entrepreneurs américains qui touchent à tout pour comprendre les rouages de leur société : c’est un état d’esprit que l’on n’enseigne pas à l’école. Ce qui m’animait et qui est toujours le cas c’est d’apprendre en « faisant ».

 

As-tu été accompagnée pour la création ?

J’ai rejoint WILLA, le 1er accélérateur de mixité dans la Tech, qui incube plus de 70 startups par an fondées ou co-fondées par des femmes à Paris. C’est très rafraichissant, bienveillant et exigeant : l’échange entre nous m’enrichit.

 

Quel est le principe de The Helpr ?

J’ai créé Helpr dans le but d’instaurer une expérience parentale apaisée et confiante durant les 1000 1ers jours suivant la naissance. Je voulais démocratiser le bien-être familial et éviter les risques de surmenage, le burn-out ou la dépression post-partum. La santé mentale des parents est encore un sujet tabou.

Notre 1re version est une mise en relation avec des professionnels du bien-être sous forme d’ateliers : les 1ers soins, le sommeil, l’éveil, l’éducation, autant de thèmes qui sont abordés lors de ces sessions en distanciel. Avec la covid, c’est de plus en plus difficile pour les jeunes parents de se sociabiliser : ces ateliers sont également un lieu d’échange avec les formateurs, mais aussi d’autres familles.

 

Quels sont tes prochains challenges ?

C’est de développer la nouvelle version qui comprendra des outils de prévention de santé et de suivi de bébé, basés sur de l’IA. Nous avons parallèlement en projet d’élargir notre offre aux salariés parents. Nos entretiens quotidiens, avec eux, nous appellent en permanence à quel point c’est dur de « jongler » avec nos différentes vies.

Et puis mon rêve est de concevoir plus tard un lieu, comme celui que j’avais visité à Atlanta.

 

Tu as créé le podcast «creative tea time », peux-tu nous en parler ? 

Pendant la gestation de mon projet, j’ai commencé par lancer un podcast autour de l’entrepreneuriat. Mes nombreux interviewés de Géraldine Dormoy à Henri Proglio ou encore Matthieu Stefani, m’ont nourri, un peu comme une éducation accélérée au métier de chef d’entreprise.

La 2e édition a évolué : c’est devenu mon journal de bord d’entrepreneure. C’est une autofiction, un objet créatif qui me permet de donner libre cours à mon imagination. J’y convie des invités par exemple la co-fondatrice de Caravel, ou un officier et diplomate formé à l’École de la guerre, qui a témoigné de son parcours et de l’art de forger son mental… Ils me poussent à être plus résiliente et innovante.

Cette expérience de podcast m’a fait aussi réaliser le pouvoir de l’audio. J’ai donc conçu pour Helpr « Demande à Maman » qui nous permet de créer du lien avec les parents. Il est classé dans le top 100 des podcasts bien être et santé. La 1re saison est sur le thème de la charge mentale des mères. La seconde se lance autour des témoignages du quotidien. L’idée est de déculpabiliser les mères, de libérer leur parole et ne montrer que rien n’est parfait.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Mon époux d’abord, grâce à son passé d’ancien joueur d’échecs, il a bâti une forteresse mentale et une résilience, qui est primordiale pour un chef d’entreprise.

Je citerais Ghalia Sebti, cofondatrice de la société les Ateliers Aït Manos. Elle est devenue leader du zellige marocain à l’export. Son credo est d’innover tout en respectant les techniques ancestrales. Elle œuvre inlassablement pour sublimer ce patrimoine marocain. C’est un rôle modèle qui arrive à allier ambition, activisme et vie de famille avec brio.

Je m’inspire également beaucoup de startups plus établies comme Aude Gueneau de Plume, Solenne Le Goaziou-Bocquillon de Soft Kids, Céline Lazorthes du groupe Leetchi, Carole Juge-Llewellyn de Joone. Je pourrais citer aussi la Franco-Suédoise Charlotte Björklund qui a créé la marque de cachemires écoresponsables Linnea Lund.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Oui je suis une fan de stratégie et d’ouvrages business. Je proposerais « l’art de la guerre pour les femmes » de Chu Chin-Ning. Il vous conduit sur la voie d’une meilleure compréhension de nous-mêmes et de celle que l’on veut être. En s’appuyant sur la sagesse de Maître Sun, Chin-Ning Chu vous enseigne comment développer sa capacité d’analyse stratégique et devenir plus novatrice, créatrice en toutes circonstances, dans le respect de nos exigences éthiques.

 

Pour finir, quelle est ta devise ou ton mantra ?

« Ne rien lâcher », une devise qui me correspond bien, mais qui joue parfois des tours.

 


[Parfum] Marque alternative

Interview de Virginie Dhoye, fondatrice de Onskad Fragances,

By Pascale Caron

Virginie Dhoye est une professionnelle passionnée de l’industrie du parfum depuis une vingtaine d’années. Dotée d’une expertise française et d’une expérience internationale, elle a évolué dans l’univers de la formation olfactive pour des maisons prestigieuses. Elle a travaillé également dans la conception d’empreintes olfactives dédiées à des événements. C’est une amoureuse de la belle parfumerie vintage, sensible à l’architecture, à l’art de vivre et à la mode. Début 2021 elle a fondé Onskad Fragances, une marque de parfums attentionnée aux détails, pensée et fabriquée en France.

 

 

Peux-tu nous parler de ton parcours dans l’industrie du parfum ?

 J’ai fait mes études à l’ISIPCA, école des métiers du parfum, du cosmétique et des arômes, et à cinquième sens. J’ai démarré ma carrière pour, Yves St Laurent, Chanel, Hermès, dans le secteur de la formation du personnel de vente. J’officiais dans des boutiques en propres, corners de grands magasins, points de vente dans toute la France. Ma contribution était technique : j’apportais une plus-value aux vendeurs. Mon mari et moi avons ensuite décidé d’immigrer au Canada, une aventure qui a duré 16 ans. Il était dépositaire d’un brevet de panneaux publicitaires et moi j’ai travaillé pour une division du groupe L’Oréal : toujours dans la formation auprès de marques comme Biotherm, Lancôme et Vichy. Quand j’ai eu mes enfants, j’ai eu envie de créer ma propre entreprise. Je me suis lancée dans les identités olfactives pour les hôtels et les événements. Je proposais mes services sur mesure aux boutiques hôtels, ou autres lieux élitistes. J’évaluais la cible, la tendance et l’impact et je faisais appel à un Labo pour la réalisation. Le client pouvait repartir avec l’ambiance olfactive sous forme de bougie ou de parfum afin de revivre l’expérience. Après cette aventure canadienne, nous avons décidé de rentrer en France et j’ai poursuivi mon activité jusqu’en 2020.

De retour en France, Chanel m’a proposé de travailler pour eux en parallèle en freelance : c’est la société que j’affectionne le plus, j’aime leur humanité et l’image de la marque.

 

Qu’est-ce qui t’a amenée à concevoir ta propre marque de parfums ?

L’idée de créer ma marque trottait depuis quelque temps dans un coin de ma tête : je savais qu’un jour je sauterais le pas. La pandémie a été pour moi un arrêt de mes activités et en même temps un déclencheur : « J’y vais, go, je me lance ».

D’où vient Onskad ?

J’avais rêvé de l’univers dans lequel je désirais évoluer, mais pas le nom de marque. Ça a été très facile et compliqué à la fois. Je suis une amoureuse inconditionnelle de la Scandinavie, il m’a suffi d’une combinaison de syllabes. Elles m’ont subjuguée par leur vision esthétique ; j’ai eu une intuition. Je voulais une marque à contrecourant, ultra moderne avec une féminité exacerbée et ce mot inconnu pour moi y répondait. Alors que je ne parle pas le suédois, j’ai demandé à une amie de traduire ce mot et elle m’a répliqué, « c’est le désir de recevoir quelque chose et la concrétisation d’un rêve ». Onskad est donc venu comme une évidence.

 

 Comment faire sa place dans un environnement déjà très codifié avec des poids lourds incontournables ?

Actuellement, les grandes marques ne créent plus de fragrances originales, elles déclinent un parfum existant pour parler par exemple à une clientèle plus jeune.

Dans les années 2000, certains consommateurs ont cherché de nouvelles marques, pour ne pas sentir « comme tout le monde ». La parfumerie alternative a émergé. Une des plus belles success-stories est Atelier Cologne ou les éditions Frédéric Malle qui mettent en lumière les véritables artistes : les parfumeurs. C’est un courant qui correspond plus à cette nouvelle clientèle à la recherche d’un élixir presque unique. En France, il existe maintenant environ 1000 marques alternatives.

 

Mais comment vas-tu te démarquer ?

Je veux que cette marque soit plus secrète, plus intimiste et un petit peu cachée : cela semble paradoxal dans le monde des réseaux sociaux. Je privilégie le circuit de distribution : les concept-stores élitistes, les revendeurs qui choisissent leurs marques. En tant que professionnelle du secteur, je fais jouer mon carnet d’adresses.

Je suis également partenaire avec Perfumist, une startup de la région qui a bien grandi. Elle est disponible gratuitement sur Android et iOS, se présente comme un conseiller virtuel afin de dénicher le parfum qui vous convient. Il me permet d’avoir une visibilité sur 240 pays dans le monde.

 

Parle-nous de tes créations.

Onskad est influencé par l’univers de la mode, le lifestyle et le savoir-vivre à la française. Nos trois premiers sillages contemporains ont été imaginés par Léa Hiram, diplômée du « Grasse Institute of Perfumery », une magicienne qui a répondu avec brio à mon brief très exigeant de 300 pages. Ils ont avec une architecture atypique et contemplative, telle une parure à porter sur soi. On les voit, on les sent et on vit avec. Ils sont multidimensionnels, car ce sont des parfums qui ne s’effacent pas. Ils ont une empreinte qui croit, plus on les porte dans la journée.

Ce sont des objets de désirs olfactifs, avec des illustrations iconiques avant-gardistes et intemporelles de Monica Lind, une artiste suédoise de renommée mondiale. Ils sont comme de réels déclencheurs de flashback fantasmés : nous convoitons l’effet de surprise subliminal du jamais senti.

Notre première collection « rétrospective » est une renaissance de trois périodes qui me sont chères. Les trois parfums nous invitent à une « luxpérience » de l’art de vivre des années 30’, 50’ et 80’. On est parties d’une quête anthropologique olfactive autour de mes années coups de cœur. Nous sommes allées très loin dans notre étude, jusqu’à rencontrer Thomas Fontaine, président de l’Osmothèque à Versailles et ancien parfumeur maison de Jean Patou. Nous voulions vivre une réelle immersion dans l’entourage des trésors olfactifs archivés et les parfums disparus des époques qui nous concernaient. Depuis 1990, l’Osmothèque remplit la mission unique au monde de « conservatoire international des parfums », abritant créations récentes, et formules historiques.

 

 Quels sont tes prochains challenges ?

L’accélération du lancement de notre marque occupe toutes mes pensées. Nous allons sous peu être revendus au luxembourg. Nous serons implantés en Scandinavie en mars 2022 et dans les pays du Moyen-Orient.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

J’ai deux femmes. La 1re est Anna Wintour, rédactrice en chef du Vogue américain. Avec sa coupe au carré, ses lunettes de soleil et son air hautain, elle est facilement reconnaissable. Toute puissante dans le monde de la mode, elle impose ses tendances. Son triomphe dans ce monde si superficiel m’impressionne : elle vit et marque de son empreinte les tendances de demain.

La 2e est Gabrielle Chanel. Une femme audacieuse qui a été actrice de sa réussite en ayant le culot de pénétrer à cette époque un milieu qui n’était pas le sien. J’aurais aimé la connaitre. J’ai eu la chance de visiter son appartement quand j’étais chez Chanel. Son empreinte y est encore très présente. Elle a créé une mode intemporelle.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Je suis une grande lectrice, généralement des livres sur le parfum. J’ai un livre que je pourrais relire 100 fois : c’est « Le Jeu de la vie », écrit par l’Américaine Florence Scovel Shinn. Ce livre m’a permis de me réconcilier avec moi-même et me dire « tu es capable, tu peux y arriver ».

 

En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

« Le parfum est une histoire d’amour avec soi-même, il est le prolongement obligé de la féminitude ». C’est une phrase que j’ai recomposée et qui résume bien mon univers. Un parfum c’est un « pschitt de confiance », l’équivalent du bâton de rouge à lèvres pour certaines.


[Communication] réseaux sociaux

Interview de Flora Desbrosses, Consultante et formatrice en stratégie sociale et médias.

By Pascale Caron

 

J’ai rencontré Flora pour la 1re fois lors d’un événement « En voiture Simone » organisé pour la journée de la femme par Valérie Ammirati, à La Verrière Co-working. J’ai été fascinée par cette personnalité solaire. Elle venait d’accoucher et tout naturellement nous présentait les complexités des réseaux sociaux avec son bébé sous le bras. Il y a un mois, j’ai participé au congrès national des Femmes Chefs d’entreprise à Nice et c’est là que j’ai revu Flora. Elle faisait partie du comité organisateur. Devant le succès de cet événement, j’ai eu envie de vous la faire connaitre.

 

Qu’est-ce qui t’a amenée à te lancer dans l’entrepreneuriat ?

J’ai découvert le métier de Community Manager lors de mes études à l’IAE. Mes 2 expériences successives en Master 1 dans une agence de communication de Marseille et en Master 2 où j’ai formé 150 personnes à l’utilisation des réseaux sociaux m’ont donné de solides bases pour ma carrière.

En 2012 j’ai débuté en tant que salariée dans une startup pendant 3 ans. Lors de cette expérience où j’ai exercé le rôle de Community Manager, j’ai pu rajouter un 3e ingrédient, l’art du réseautage. Ma société était très active au sein de la CCI et nous étions membres de Ecobiz (la place business actuellement, NDLR). Nous étions des experts que la CCI sollicitait pour organiser des ateliers pour les compagnies du territoire. Pour moi le réseautage, c’est de belles rencontres et de l’entraide.

En 2015, enceinte de mon premier enfant, j’ai eu envie de progresser, mais vu la taille de la structure ce n’était pas possible. Comme ils n’arrivaient pas à répondre à mes attentes ils m’ont autorisée à donner des cours à Media school.

Je ne me voyais pas travailler pour une autre entreprise, du fait que j’étais émotionnellement attachée à mes précédents patrons. J’ai donc décidé à 26 ans de les quitter et de créer « Flora Debrosse » afin de vivre de ma passion. J’étais assez sereine, car je pouvais continuer mon activité d’enseignement. J’ai rapidement réalisé que devenir Community Manager pour les sociétés ne serait pas rentable. À l’époque les compagnies arrivaient tout juste à comprendre l’intérêt des réseaux sociaux et n’avaient pas beaucoup de budgets à mettre dedans. Il se trouve ce que j’adore faire depuis toujours c’est apprendre aux autres à utiliser les réseaux sociaux. C’est tout naturellement que je me suis orientée vers la formation. Cette activité aujourd’hui correspond à 90 % de mon chiffre d’affaires. J’ai 3 volets dans mon activité : communiquer, vendre et recruter.

Mes clients sont des TPE ou PME, salon de coiffure, société de carrelage, jusqu’au groupe américain Verizon Media, ex-maison mère de Yahoo.fr.

Je forme également une centaine d’indépendant par an notamment à travers l’ARAPL, le CGM06, l’OGA2, l’OGA13, car je vais jusqu’à Marseille. Et pour le recrutement j’interviens aussi auprès grandes compagnies d’intérim.

 Tu es très active dans le monde associatif, tu es membre et organisatrice du Congrès FCE et tu as fondé ADMIN ; peux-tu nous en dire plus ?

ADMIN a vu le jour de manière simultanée avec la création de ma société. Avec Caroline Quenault qui était Community Manager du Département 06, nous avons monté ADMIN, qui a pour objectif d’instruire tous ceux qui le souhaitent qu’ils soient professionnels ou juste par passion, à utiliser les réseaux sociaux. Même s’ils n’ont pas les moyens ou le temps de se former, ils savent que tous les derniers mardis du mois ils peuvent suivre les #AtelierADMIN.

Le congrès FCE était un véritable succès, bravo, j’ai vu que tu t’es beaucoup investie !

Oui quel bel événement. Autant je suis dans le don et la transmission dans ADMIN, autant aux FCEs de Nice j’ai trouvé des mentors incroyables. Dominique Rovelli m’accompagne depuis mon arrivée dans l’association. On se parle quasiment tous les jours, elle est devenue ma maman de l’entrepreneuriat. Ce réseau est très puissant. L’espace de co-working où je travaille appartient à Edwige Rossy, également FCE, qui a un cabinet d’expertise comptable : elle est toujours attentive à mes questions. Je citerais Marlène Renaud, Marielle Walicki, d’une générosité incroyable et bien d’autres. L’organisation du Congrès de Nice a duré 2 ans et demi, avec la crise sanitaire au milieu. Nous étions 8, accompagnées par l’agence de communication. Même si c’était compliqué, le mot d’ordre a été la bienveillance et le résultat était là.

Peux-tu nous parler du Wilson Club, une corde de plus à ton arc ?

C’est un club initié par Edwige Rossy. Elle a souhaité que son cabinet casse les codes de l’expertise comptable. Elle a beaucoup d’avance en matière de management et d’innovation dans sa relation client. Elle m’a soumis l’idée de monter un club pour ses 300 clients. On a imaginé le Wilson Club, ouvert aux dirigeants avec 3 formats : tout d’abord des petits-déjeuners en « Intelligence collective » animés par un modérateur expert en co-développement. On tire au sort une problématique et on en débat dans la bienveillance et la convivialité. On a aussi des formations en demi-journées, comme « communiquer avec la génération Y et Z » et des conférences sur des sujets pointus avec des spécialistes francophones.

Quel a été l’impact de la crise du COVID pour tes activités ?

Côté perso, ma belle-mère qui habite à 100 m de chez moi nous a beaucoup épaulés pour les enfants. Mon mari a poursuivi son travail et moi j’ai formé mes clients à utiliser Zoom. Cette crise m’a poussée à créer des événements virtuels et ça a plutôt bien marché. Moralement, le networking m’a beaucoup manqué, mais j’ai pu adopter un rythme plus apaisant et j’ai gagné en flexibilité en termes d’organisation.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Les parcours d’entrepreneurs que j’ai la chance de croiser au quotidien m’inspirent. J’écoute beaucoup de Podcasts de développement personnel qui m’apportent pas mal de clés pour traverser certaines périodes. Mais les avis les plus précieux me viennent de Dominique et Edwige ou de mon mari qui est sans langue de bois et me fait sortir de ma zone de confort. J’ai également 2 mentors dans l’immobilier, qui sont de bon conseil et sont mes boosters d’entrepreneuriat.

 Aurais-tu un livre à nous suggérer ?

« Ose » d’Alexandre Mars. Ce livre s’adresse aux personnes qui rêvent de lancer leur entreprise, mais qui n’osent pas. Il raconte tout ce qu’il a dû apprendre sur le terrain, en trébuchant parfois, pour mieux se relever. Il nous dévoile les coulisses de l’entrepreneuriat et nous livre les clés de notre réussite.

En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

« Si je veux, je peux », je vais tout mettre en œuvre pour que ça marche.

J’en veux pour preuve mon dernier fait d’armes : « Le Social Media Beach Camp» sur hopin. En association avec ADMIN et David et Marcel, nous avons organisé ce très beau challenge des professionnels qui utilisent les médias sociaux avec 3 plateaux virtuels répartis sur le territoire Français. Nous avions 3 mois pour l’organiser, trouver les financements et nous avons été couronnés d’un franc succès !

 

 


[Architecture] engagée

Entretien avec Julie Démoulins, CEO d’Ovation.

By Pascale Caron

Julie est architecte diplômée de l’École Nationale Supérieure (ENSA) de Paris La Villette. Elle fait ses armes pendant plusieurs années auprès d’architectes de renom, Audren & Schlumberger à Paris ou encore Jean-Pascal Clément dans le Var. Elle y a exercé en tant que chef de projet, travaillant aussi bien pour des maîtrises d’ouvrages publiques ou privées, du neuf ou des réhabilitations de logements, bureaux, et villas. Mais rapidement elle s’intéresse de plus près aux problématiques environnementales liées au bâtiment. Une formation à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Strasbourg lui délivre le titre de « Concepteur Bâtiments Passifs ».

Architecte acteur de la société, elle fonde OVATION. Avec une posture engagée, elle se trouve face aux réflexions sociales, urbaines, politiques, économiques et écologiques.

Elle a été seconde lauréate du prix de l’entrepreneuriat féminin en 2021, décerné par Les Premières sud.

 

D’où est venue l’idée d’OVATION ?

À l’école, ayant des facilités en maths, j’ai suivi une filière scientifique. Cependant depuis mon adolescence, j’étais attirée par les arts et lettres. J’habitais une ville d’Art, Rouen, et son influence avait développé ma sensibilité. Que faire quand on a un côté cartésien et une grande sensibilité qui ne demande qu’à s’exprimer ? L’architecture m’est apparue comme la discipline qui faisait le pont entre les deux. L’école que j’ai intégrée offrait une pédagogie portée sur la culture, la construction de son esprit critique et de sa personnalité. Je m’y suis épanouie. Pendant mes études j’étais en alternance dans une agence parisienne où j’ai pu travailler pour des projets importants et apprendre énormément. J’ai finalement atterri dans le sud de la France, par amour, j’avais 22 ans, jeune diplômée, et je voulais créer ma propre entreprise. Mais pour valider mon diplôme, je devais rejoindre une agence, j’y suis restée 2 ans. C’est au cours de cette première expérience que s’est précisé mon projet professionnel.

J’aime travailler sur les logements collectifs : c’est comme une équation à multiples inconnues. À travers mes premières expériences, j’ai compris que l’architecte avait une responsabilité politique et environnementale. J’ai pris cette responsabilité très au sérieux et me suis intéressée avec passion à la conception d’une architecture vertueuse ;

Mais la connaissance c’est le pouvoir et il me fallait parfaire cette vocation naissante. C’est à cette époque que j’ai suivi une formation à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Strasbourg. Entourée d’ingénieurs, c’était exactement le cursus que je cherchais et j’ai pu très vite mettre en pratique mes nouvelles compétences.

Impatiente d’utiliser ces nouvelles connaissances, j’ai fondé, OVATION, une agence d’architecture engagée qui me ressemble. Nous concevons une architecture durable en tirant parti des atouts climatiques d’un site. Mon credo est d’améliorer le cadre de vie de l’humain et de démocratiser des bâtiments vertueux et sobres.

C’est à ce jour la seule agence d’architecture référencée « passive house designer » entre Monaco et Marseille ! Le secteur de la construction, aussi bien résidentiel que tertiaire, pèse considérablement dans le bilan énergétique et carbone en France et dans le monde entier. Je suis convaincue que nous avons un rôle majeur à jouer.

Qu’est-ce qu’un bâtiment passif ?

C’est un bâtiment qui ne consomme presque pas d’énergie. Le label fixe le seuil d’exigence à 15 kWh.m2/an maximum. Cela correspond à une économie de 90 % de la consommation. À ce jour, seuls neuf édifices sont certifiés « bâtiment passif », dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il s’agit de villas individuelles uniquement.

Mais il y a une méconnaissance sur le sujet de la plupart des professionnels du secteur, jusqu’aux bureaux d’études qui restent souvent sur leurs rails. Mon combat de tous les jours est de les amener à s’ouvrir à des solutions non traditionnelles, qui fonctionnent et sont réalisables.

 

Comment as-tu trouvé le nom de ton agence ?

Mon papa a travaillé toute sa vie dans la communication, c’est donc tout naturellement que je lui ai fait confiance pour dénicher ce nom. OVATION, évoque l’innovation, l’intelligence collective et la puissance du collectif.

 

Quelle est ta vision de l’entreprise ?

Elle est assez singulière : je suis très critique sur les organisations hiérarchiques que j’ai pu expérimenter. Ce n’est pas ce que j’ai envie de développer, chez OVATION. Quand j’ai besoin de renforts, je laisse le choix à la personne de me rejoindre en tant que salarié, freelance, prestataire, ou associé sur un projet. Le but est de lui permettre de décider de l’équilibre qui convient. Nous sommes 5 dans l’équipe, venus d’univers différents. Chacun contribue avec ses compétences propres, au succès de nos projets. L’un d’entre eux, Philippe, que je qualifie toujours de génie autodidacte, est spécialiste du passif depuis 2004. Je l’ai connu à la fin de ma formation. Il avait fondé une grande entreprise et au lieu de courir après la croissance a préféré privilégier sa qualité de vie et sa liberté. Avec lui, la sobriété s’expérimente à tous les niveaux. Il travaille sur tous les projets passifs de l’agence, en particulier sur la conception thermique. Nous collaborons tels deux associés.

 

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur tes activités ?

J’ai eu l’idée « merveilleuse » de créer ma société en avril 2020 ! Pendant le confinement, j’ai pu finaliser mon premier projet passif avec mon précédent employeur, je n’ai pas été très impactée. À partir de septembre, en quête de contrats, j’ai décidé de communiquer et j’ai engagé les services de mon amie Alice André de « Colette Consulting » : un vrai moteur ! Aujourd’hui, nous travaillons sur une quinzaine de projets qui vont de la villa à l’immeuble de 18 000 m2.

 

Quels sont tes prochains challenges ?

Je m’investis sur un projet d’écoquartier qui me tient à cœur : je voudrais montrer que l’architecture peut faire sens avec son environnement direct. Sinon pour avoir travaillé majoritairement à des projets de logements collectifs j’aimerais beaucoup réaliser un bâtiment passif avec un promoteur d’envergure nationale. Enfin, forts de nos premières références, nous allons commencer à répondre aux marchés publics. Par ailleurs, je suis de près l’actualité monégasque, car la Principauté est engagée pour la transition écologique avec parfois de belles innovations.

Mon autre challenge est de faire bouger les lignes de notre métier, je me sens investie d’une mission. C’est pour cela, que suis membre de « la Villa Romée », dont le président historique a œuvré pour générer de l’intelligence collective entre les différents acteurs du bâtiment. Il m’a permis d’animer pendant 6 mois un atelier autour de l’efficience énergétique. Comme je suis une des premières à officier sur ce terrain-là dans la région, je voudrais que ça se démocratise. Les confrères ont beaucoup d’idées reçues et je cherche à lever les aprioris.

 

Tu fais partie de « bouge ta boite », peux-tu nous en parler ?

C’est un cercle d’entrepreneures, le mien se trouve à Sophia Antipolis, 100 % féminin et orienté business. Un vendredi midi sur deux, nous nous réunissons autour d’un programme structuré et pragmatique pour pitcher, réfléchir à nos problématiques en intelligence collective, présenter notre métier et exprimer nos besoins. Nous mesurons le chiffre d’affaires économisé ou généré grâce aux interactions, conseils et recommandations des autres Bougeuses. C’est très ouvert et rassemble tous les âges.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Je pense tout d’abord à Philippe, mon « associé freelance ». Avec détermination et passion, il a su se documenter et se former pour finalement devenir expert du sujet. Sinon j’adore écouter des podcasts sur les parcours de femmes qui se sont réalisées par elles même.

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Dans la catégorie roman, je recommande « Les piliers de la terre », de Ken Follet. C’est une grande fresque sur les bâtisseurs !

Je citerai Peter Zumthor, un architecte suisse, une référence incontournable pour tous les architectes, parmi ses ouvrages je citerai « Présences de l’histoire », c’est une conversation menée par l’historienne norvégienne Mari Lending. Il se lit d’une traite, donnant l’illusion d’assister à un échange feutré de salon, en toute intimité. On y parle d’architecture et de littérature, mais surtout d’histoire, de la manière dont le temps, la mémoire et les temporalités se reflètent dans ses réalisations.

Le dernier est Rudy Ricciotti, « L’architecture est un sport de combat », c’est ma vie au quotidien ! C’est lui qui a signé « le 19 M », la nouvelle manufacture des métiers d’art de Chanel. Il livre dans ce manifeste sa vision de la profession avec un goût des mots et des formules qui bouscule les idées reçues et nous raconte sa lutte contre les schémas de la globalisation.

En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

« Être architecte c’est penser que demain peut-être mieux qu’hier ». Cette devise synthétise bien notre mission, il s’agit d’anticiper notre futur.

 

À méditer.

 


[Pitch] Excellence et innovation

Interview de Marina Péré, fondatrice de Heaven Nice Com.

By Pascale Caron

Attachée de presse professionnelle, Marina a développé un savoir-faire en Média Training à partir d’un constat simple : il est difficile de parler, de se mettre en scène, de délivrer un message, on a besoin d’une aide extérieure. Quand on est une start-up de la région sud, on est déjà au moins une fois passée entre les mains expertes de Marina. BA06, Get In The Ring, Tedx Cannes, autant de grands événements où elle nous pousse à nous dépasser et à exceller dans nos pitchs. J’ai eu envie d’en savoir plus sur le personnage et je n’ai pas été déçue. Attention, accrochez-vous bien, ça décoiffe !

 

Qu’est-ce qui t’a amené à faire carrière dans la Communication ?

Au départ je voulais être avocate, mais les quelques mois que j’ai passés à la fac ne m’ont pas convaincue. Je me suis lancée ensuite dans des études d’« Art Communication Langage » à la Faculté de Nice (devenu par la suite Infocom Ndlr). C’était en 92 et on avait la chance d’avoir des profs et des conférenciers incroyables issus directement de l’école de Palo Alto, inspirés par Milton Erickson, Margareth Mead… J’ai eu l’immense chance de voir Anne Ancelin Schützenberger en conférence sur la psychogénéalogie. J’ai été littéralement « piquée en intraveineuse » de communication et je ne me suis plus arrêtée.

À la fin de mes études, j’ai décroché un stage au ministère de la Jeunesse et des Sports à Paris, sous Michèle Alliot-Marie. J’étais chargée de la revue de presse. Le matin je découpais les articles dans le journal et à l’époque on les collait et on photocopiait le tout : j’ai adoré ces odeurs de papiers et de colle. C’était aux antipodes de ce qui se passe aujourd’hui sur internet. Au bout de 2 semaines, je me lance dans une synthèse quotidienne de presse qui était très attendue par « Mme la Ministre ». On m’a proposé de me titulariser au terme des 2 mois, mais par des jeux politiques, l’équipe s’est retrouvée débarquée en une journée dans la « charrette » habituelle.

Je rejoins ensuite Sonodis, tenu par Michel Delvaux, qui m’avait repéré pendant mon stage. « Le jour où la môme se barre, tu m’appelles », avait-il demandé au directeur adjoint de la communication. C’est là que j’ai appris mon métier pendant 2 ans à Paris. On accompagnait les ministères, et les grands comptes comme EDF et le Crédit lyonnais. Il m’a inculqué les relations publiques : « quand tu déjeunes avec un client, tu parles de tout sauf de boulot. Tout se passe dans les 3 dernières minutes… ».

J’ai décidé ensuite de redescendre dans le sud. J’ai travaillé pour « Henri Martin », le bijoutier/joaillier à l’adresse prestigieuse « 1 place Masséna ». J’ai rejoint ensuite une entreprise de Sophia Antipolis (JLMD Ecologic Group), créée par un doux dingue amoureux de la nature, qui avait inventé un système antimarée noire juste après la catastrophe de l’Erika.

C’est à cette occasion que je me suis rapprochée de Monaco et que j’ai rencontré l’aide de camp du Prince Albert. Il me met en relation avec l’organisation du Ironman 70.3 de Monaco qui recherchait une attachée de presse. À l’époque, je n’avais aucune idée de ce que représentait Ironman 70.3, et je me suis retrouvée parachutée dans cet événement international complètement fou ! La première année, Marc Herremans, triathlète handicapé au destin incroyable y participait en fauteuil roulant. Sa présence nous a ouvert le plateau de stade 2 animé alors par Patrick Montel. Cette couverture médiatique m’a permis de gagner ma place dans l’équipe.

 

C’est à ce moment-là que tu as créé ta société ?

 J’ai décidé de monter ma boite en 2008 et les organisateurs de l’Ironman (Monaco et Nice NDLR) sont devenus mes clients pendant 3 ans encore. En parallèle je suis en charge des relations presse du Salon du Meuble de Nice (que j’ai organisé les 3 années précédentes). J’orchestre alors 18 conférences sur le développement durable, un sujet novateur à l’époque. Je me suis diversifiée dans des domaines de plus en plus différents, comme Cap 3000 jusqu’en 2018 et surtout l’UPE 06 en 2009 avec Yvon Grosso. Je me retrouve à la tête de l’organisation des événements BA06, « les entrepreneuriales », les 40 ans de l’UPE… C’est à cette époque que je rencontre le BA06 et Georges Dao. Par la suite je suis restée dans le pool en tant que coach.

 

Comment as-tu rejoint le TEDX de Cannes et la folle aventure de ShakeMyfirm® ?

Je suis une « TED lover », donc, quand Norbert Barré m’a proposé de participer à l’orchestration du TEDX à Cannes, je n’ai pas pu résister, même en bénévole, j’ai foncé. C’est à cette occasion que j’ai rencontré les Louis zéro avec qui j’ai eu un véritable coup de foudre professionnel. Nous avons organisé 4 TEDX de Cannes ensemble.

C’est avec eux que je me suis lancée dans l’aventure ShakeMyFirm® en 2017. Avec cet événement, nous avons réinventé la formation au management de l’innovation. Nous avons puisé dans les univers du divertissement pour créer une expérience inédite. L’idée était de propulser littéralement les participants hors de leurs zones de confort. La première session a accueilli 40 dirigeants de grandes entreprises et PME pour les sensibiliser et leur donner des clefs méthodologiques aptes à accélérer la transformation de leurs sociétés. On a engagé 15 comédiens, imaginé des escape games, des sessions d’idéation, pour leur apprendre à être agiles. Notre baleine c’était une phrase prononcée un jour par un grand patron du CAC40 « Quel sera le prochain petit con en sweat à capuche à venir défoncer mon modèle économique ? ».

ShakeMyFirm® est devenu ensuite, en 2018, un projet de plateforme digitale, dédiée à la formation et à l’expérience.

Quel foisonnement de projets, on a le vertige ! Mais quel a été l’impact de la période COVID sur ton activité ?

L’aventure s’est interrompue pendant la crise sanitaire. Sur le moment cet arrêt m’a fait du bien, car les voyages chaque semaine à Paris m’avaient épuisée. Cela m’a fait prendre conscience que je devais passer à autre chose. J’ai toujours eu le goût de l’entrevue, de l’image et du son. Après cette longue période dans la communication, la relation presse, la formation en Média Training, ou des projets en transformation digitale et managériale, j’ai eu envie de devenir animatrice radio/TV web!

En créant Les « Entre Vous de Marina » en novembre 2020, j’ai imaginé des entretiens en présentiel ou à distance, sur des sujets d’actualité, business, mais, aussi développement personnel et spiritualité. Tous ces univers qui composent mon propre monde. J’ai interviewé une pluralité de métiers, principalement des gens qui m’interpellent et qui m’inspirent.

À l’intérieur de cette chaine, j’ai conçu une capsule, 42 portraits et 7 questions sur le thème « 2020-2021, une année hors normes ». C’est un projet de longue haleine, qui est toujours en cours, car les temps de montage sont colossaux.

Je suis également active sur Clubhouse, avec le « club 33 trucs ». Même si l’engouement pour ce nouveau média est un peu retombé, on a quand même un certain succès. Nous faisons intervenir des experts qui parlent sur un sujet métier pendant 33 min et partagent leurs « trucs » avec l’audience. Je participe parallèlement à la matinale info de Clubhouse de 7 h 30 à 8 h, moi qui ne suis pas une lève tôt ! Nous sommes une équipe de chroniqueurs, d’horizons divers : un journaliste de la Tribune à Lille, un expat’ qui vit à Moscou, un directeur artistique Luxe à Paris ou une banquière geek à Guingamp. Le groupe est très énergisant.

Quels sont tes prochains challenges ?

Mon rêve est de concevoir ma propre radio Podcast dédiée aux entreprises et pour cela je dois lever des fonds, car c’est un projet ambitieux. Je voudrais lancer un ton différent, dans le principe du talk-show et peut-être trouver un lieu…

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Je recommande celui de Philippe Bloch, « Bienheureux les fêlés. : Tout le monde peut créer son entreprise ». Conférencier et consultant renommé, il décide de fonder sa société. Il se lance en 1994 avec son associé dans un défi qui semblait perdu d’avance dans un pays aussi traditionnel que la France : réinventer le café en tant que produit et lieu. N’écoutant ni leur entourage, ni surtout leurs banquiers, ils ouvrent leurs deux premiers Columbus Cafés à Lille, puis à Paris. Passée l’euphorie de la création, les ennuis, les doutes, les angoisses et parfois les engueulades s’accumulent. Le rêve se transforme vite en cauchemar, mais l’aventure se finit avec succès.

Quel est ta devise ou ton mantra ?

« Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine », de Teillhard de Chardin. Ce mantra me permet de tout traverser avec le recul nécessaire.

À méditer.

 


[reconversion] profession'L

Interview de Valentine Mulliez Bardinet,

By Pascale Caron

Après un Master en Ressources Humaines et 10 ans d’expérience en particulier dans le recrutement et la détection de potentiel, Valentine rejoint le Family Office de l’Association Familiale Mulliez (AFM) en 2009. En tant que Chef de Projets sa mission est de contribuer à la pérennité de la gouvernance familiale des entreprises. Valentine a également exercé différents postes dans des conseils d’administration notamment pour B’DOM et CEETRUS France. En 2012 elle co-fonde l’association Profession’L, dans le but d’accompagner les femmes qui souhaitent redonner un nouvel élan à leur carrière. Profession'L organise des salons sur lesquels elles peuvent trouver écoute et réponses personnalisées sur les thèmes phares de l’évolution professionnelle : formation, recherche d’emploi, recrutement, création, entrepreneuriat, accompagnement individuel. Le salon est organisé en France et au Luxembourg en présentiel et en digital.

 

Peux-tu nous expliquer la genèse de l’association, comment avez-vous lancé le projet ?

Nous avons créé le salon Profession’L, Séverine Vanleene-Valette et moi, pour nos propres besoins. Nous étions chacune en emploi, mais en plein questionnement sur notre évolution de carrière. Nous avions envie de changer de voie, mais comment s’y prendre, sans connaître les acteurs susceptibles de nous conseiller ? Je dis souvent qu’il y a 2 types de reconversions : celles subies, par exemple lors d’un licenciement, quand on doit suivre son conjoint, ou après une séparation, etc... Et puis il y a celles que l’on choisit, animées par une recherche de sens et de satisfaction. Personnellement, j’avais suivi mon conjoint à Bordeaux.

En fondant le salon Profession’L, nous répondions à nos questionnements et à ceux de milliers de femmes dans notre situation en réunissant en un seul lieu tous les acteurs économiques de la reconversion professionnelle au féminin. Nous voulions créer du lien pour grandir mutuellement.

Le concept a reçu un très bon accueil des institutionnels et a enregistré une forte fréquentation dès la première édition à Bordeaux en mars 2013. Ces femmes ont trouvé les bons interlocuteurs pour faciliter leur parcours de reconversion et l’inspiration pour « oser » sauter le pas.

L’indépendance économique des femmes est l’enjeu fondamental. Nous souhaitons les aider à lever les préjugés, leur donner confiance en leurs talents et construire avec chacune d’elles des solutions adaptées et personnalisées. Nous mettons en lumière les initiatives féminines positives et les multiplions.

 

Depuis vos débuts à Bordeaux, l’aventure s’est propagée, quel succès ! Peux-tu nous expliquer le format ?

En effet, après 4 éditions réussies à Bordeaux, le salon s’est développé depuis 2017. Nous proposons Profession'L dans 7 villes françaises et au Luxembourg avec un ancrage régional fort. Nous avons su conserver nos valeurs du début : convivialité, professionnalisme et bienveillance ! Dans nos villes historiques, nous enregistrons une très forte participation avec 80 à 100 partenaires, plus de 3000 participantes sur 2 jours, une centaine de conférences en continu. Pour organiser tout cela, nous avons des employés ou des effectifs en mission ainsi qu’une armada de 15 à 20 bénévoles. Au cours des 25 précédentes éditions, plus de 35 000 visiteuses ont bénéficié des services de Profession’L.

Se reconvertir, évoluer au sein de son entreprise, créer son activité indépendante : nous leur permettons de trouver des réponses concrètes aux attentes et situations personnelles de chacune. C’est un salon dynamique, innovant, avec des stands, des conférences, des ateliers de coaching, du recrutement. Une énergie étonnante s’en dégage et c’est un point important lorsque l’on sait qu’encore aujourd’hui les femmes souffrent d’un déficit de confiance en elles et en leurs compétences en matière d’emploi. Elles viennent généralement pour se faire accompagner et chercher également la puissance du collectif. Elles libèrent leur parole dans un environnement bienveillant.

 

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur vos activités ?

La crise nous a fortement impacté comme tout le secteur évènementiel, avec 3 salons annulés au printemps 2020. Notre formidable équipe s’est rapidement mobilisée pour réfléchir et proposer une solution online avec nos moyens du bord pour toutes les femmes qui nous attendaient. Cela a été possible grâce à la multiplication des formats : les salons en ligne ont permis à des milliers de femmes de bénéficier des services de Profession’L même lors des confinements. Depuis cette période qui nous a tous bouleversés, les actions de l’association trouvent encore plus de sens, comme le prouve la fréquentation grandissante. Nous avons créé depuis des salons hybrides sur 1 semaine, avec des moments en distanciel en préambule les 2 premiers jours et ensuite 2 jours en présentiel.

 

Nous avons mené une enquête au mois d’avril 2021 afin d’évaluer l’impact de la crise sanitaire sur le désir de reconversion des femmes. 90 % des personnes interrogées ont indiqué que la crise a eu un impact significatif sur leur vie professionnelle et personnelle. En effet, 26 % ont subi un arrêt ou report d’un projet de reconversion, 20 % une recherche d’emploi non aboutie, 20 % une baisse des revenus, 14 % l’accélération d’un nouveau projet. Et il ne faut pas oublier que 8 % ont perdu leur emploi.

Plus inquiétant encore, selon un rapport publié par la Fondation des Femmes en mars 2021, 70 % des femmes « estiment que cette période va pénaliser leur carrière ». Ceci est notamment lié à leur charge familiale qui a augmenté. Les femmes se sont plus occupées des enfants alors que les écoles et crèches étaient fermées (21 % des mères ont arrêté de travailler contre 12 % des pères) les éloignant ainsi du monde du travail.

 

Quels sont vos prochains challenges ?

2022 sera l’anniversaire des 10 ans de l’association. Nous souhaitons développer de nouvelles actions afin d’accompagner les femmes dans la durée, au-delà de nos salons, et avons mis en place une vraie feuille de route. La demande ne faiblit pas bien au contraire et certaines situations se sont aggravées.

Depuis presque 10 ans tu as dû croiser le chemin de beaucoup de femmes en reconversion et de futures entrepreneures, quelles sont les success-stories dont tu es le plus fière ?

Je ne voudrais pas privilégier un parcours plutôt qu’un autre, j’en ai croisé tant depuis toutes ces années. C’est pour moi une forte émotion à chaque fois. Nous avons constitué une communauté de femmes qui viennent témoigner avec reconnaissance sur comment ce salon leur a permis de faire des rencontres qui ont changé leur vie ; c’est très émouvant et chaque parcours est unique.

J’adore être à l’accueil le matin et leur faire passer le message que l’on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider. Certaines situations sont très critiques. Ce qui est beau en fin de journée c’est les entendre nous dire merci. Elles nous apportent une énergie folle et on se sent investi d’une vraie mission.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Tout d’abord Simone Weil, son courage, sa résilience sont un modèle pour moi.

J’ai également une de mes tantes, qui a évolué dans un monde d’homme et qui a dû faire son trou dans les conseils d’administration de notre famille. Elle a enseigné à Harvard, c’est une femme brillantissime. À 80 ans elle tient toujours bon pour faire entendre sa voix sur les sujets environnementaux ou sociétaux. J’aimerais avoir sa persévérance et son courage. C’est une chose de s’exprimer dans un salon que tu as créé et que tu maitrises, de demander le support des politiques pour une cause que tu défends. S’en est une autre de prendre la parole comme elle le fait au sein d’un écosystème familial de cette taille dans lequel les femmes doivent encore prendre leur place, contre vents et marées.

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Je conseillerais « Femmes si vous osiez, le monde s’en porterait mieux » d’Aude de Thuin. J’ai eu la chance de la rencontrer lors de notre 3e salon à Bordeaux où elle était venue témoigner. Dans ce livre, elle y offre un tour d’horizon de la situation des femmes dans le monde actuel, sur les plans politique, économique, social ou personnel. Elle analyse la nature des obstacles conscients et inconscients qui maintiennent les femmes dans l’ombre. Pour ouvrir la voie, elle n’hésite pas à se dévoiler, à raconter son parcours de serial entrepreneure hors du commun, qui a elle-même accusé beaucoup de faillites.

Je recommande également « Osez tout » de Nathalie Loiseau, députée européenne et ancienne ministre. Elle illustre sa trajectoire hors normes, ses rencontres : son histoire nous donne envie de ne renoncer à rien, de vivre pleinement sa vie de femme, de mère, de repenser son rapport au travail, aux hommes.

Pour terminer quelle est ta devise ou ton mantra ?

Mes citations fétiches sont « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends », de Nelson Mandela. Ou encore « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »

Enfin, je dis souvent aux femmes qui sont d’abord dans le « Care », et qui sont plus enclines au bénévolat, de faire attention, car « ce qui est gratuit n’a pas de valeur » dans le monde économique !

À méditer.


[Tech], Innovation

Interview de Intissar Belhassen, fondatrice et Managing Director de InfinIT services,

By Pascale Caron

Diplômée d’un Master grande École à l’ISG Paris, Intissar a passé 7 ans dans le Conseil IT et le recrutement. Après une expérience en tant que Managing Director d’Ametix Group, elle a créé depuis septembre 2021, InfinIT une toute jeune entreprise de services du numérique à Sophia Antipolis (ESN).

Peux-tu nous retracer ton parcours et comment es-tu devenue Managing Director d’Ametix à 25 ans ?

Ametix était un cabinet de recrutement et ESN (NDLR. Entreprise de Services du numérique, appelée avant 2013 SSII) à taille humaine de 100 salariés lorsque je les ai rejoints. Pendant de mes études à l’ISG Paris, je me suis découvert une fibre 100 % commerciale, mais je ne connaissais rien à l’IT. L’une de mes amies était en apprentissage chez eux ; elle était tellement motivée et impliquée que cela m’a donné envie de les rejoindre. Les valeurs et la culture de cette entreprise me correspondaient parfaitement. C’était une entreprise avec une organisation horizontale, participative, qui faisait confiance à ses salariés.

J’ai rejoint Ametix en 2015 et c’est là que j’ai eu la chance de rencontrer mes mentors. Vincent Klingbeil et Patrick Bunan m’ont beaucoup appris. Au bout de six mois, ils m’ont proposé une évolution de carrière et j’ai pris le poste de Business manager. Ils nous mettaient tous les outils entre les mains afin d’exploser nos objectifs dès la première année. C’était une société à l’époque qui me faisait vibrer, car nous sortions amplement du cadre de l’ESN classique. Nous étions pionniers dans le numérique à Paris en organisant le concours du meilleur développeur de France, le MDF (plus gros concours d’Europe). Au fil des années, il était même devenu stratégique pour les personnages politiques d’y être vu. Ametix travaillait avec tout type de clients, du Lab d’innovation aux grands comptes du CAC40 et tous ces projets dans lesquels nous nous engagions. Au bout d’un an et demi, j’avais fait le tour de la question et je ne pensais plus qu’à une seule chose, la création de valeur. Je savais que nos fondateurs nous faisaient confiance, mais de là à m’accorder la possibilité d’ouvrir une succursale dans le sud de la France à 25 ans, qui plus est, enceinte de 6 mois… Ils l’ont fait.

Nous avions été rachetés par Docaposte qui avait une antenne à Sophia Antipolis : cela faisait du sens. Ils ont cru en mon idée et ont dit oui ! Je suis consciente que c’était une chance énorme : j’avais des patrons fous, de vrais mentors qui m’ont poussée à me dépasser ! Mon mari, chirurgien esthétique, trouve un cabinet également dans le Sud et me suit. Les planètes étaient alignées. Go ! Nous quittons Paris…

Je crée donc « from scratch », une nouvelle structure à Sophia Antipolis et au bout de 10 personnes je commence à avoir du budget pour embaucher en interne. J’ai alors expérimenté le métier de leader, et je me suis passionnée pour cela : guider l’humain, le faire monter en compétences tout en transmettant les outils sans imposer de modèle. J’ai mis en place un management participatif, de confiance, et un climat social reposant sur la bienveillance. En 3 ans, nous atteignons 65 collaborateurs. Ce fut une forme d’entraînement à l’entrepreneuriat. Comment gérer des budgets, fixer des objectifs, recruter des talents, les fidéliser, qu’ils soient productifs et épanouis ? Et surtout s’assurer que l’humain reste au cœur des préoccupations lorsqu’un intérêt financier entrait en jeu ? Notre métier est répandu, mais n’est pas exercé de façon identique chez tous nos concurrents. Je ne voulais pas de « requins » dans mon équipe.

La quatrième année, l’histoire a voulu que nous ayons fusionné avec une ESN qui faisait 4 fois notre taille. Et là, s’est opéré le choc des cultures. Nous n’avions deux ADN aux antipodes. Ils ont eu un effet bulldozer sur tout ce que nous avions pu construire et entreprendre jusqu’alors.

Docaposte avait compris qu’un regroupement pur et dur aurait brisé l’ADN d’Ametix et nous avait préservés. Nous avions d’extraordinaires synergies entre nous et avons vécu une merveilleuse aventure ensemble. Cette fois, ce n’était malheureusement pas l’esprit de cette nouvelle fusion. Une page se tournait et je commençais à en écrire une autre.

 

Qu’est-ce qui t’amène à te lancer dans l’entrepreneuriat ? D’où t’est venue l’idée d’InfinIT ?

Cette situation a précipité les choses. Je suis partie d’Ametix fin août 2021 et j’ai créé InfinIT en septembre, c’est tout frais. J’exprime une immense gratitude envers tous ceux qui ont contribué à cette expérience. Notamment, mon équipe, qui m’a suivie, car nous avions tissé des liens et vécu une aventure si précieuse que nous n’avons pas pu nous quitter. Un groupe atypique avec des personnes de toute séniorité et de tous horizons, c’était notre force. Je ne souhaitais pas perdre cela : nous avons transformé ce départ en phénomène positif avec l’avènement d’InfinIT. Nous sommes sur un marché très « pénurique », et le manque de profils IT se fait de plus en plus ressentir. Notre existence est plus que jamais nécessaire et nous apportons à nos clients l’accompagnement dont ils ont besoin.

 

Quels sont les challenges dans cette nouvelle entreprise ?

Nous avons pour ambition de créer de la valeur dans cette communauté IT, grâce à notre cœur de métier qui est le conseil et le recrutement. Nous voulons organiser également des événements tels que des hackathons, des « meetups » sur des thèmes comme le Big data, l’IA, ou l’user Expérience. L’idée est de fructifier le savoir-faire que nous avons accumulé chez Ametix à Paris.

 

Quel est l’ADN de cette nouvelle entreprise ?

Notre objectif dès réception d’un besoin, est de faire un match avoisinant les 100 % entre les compétences demandées et le « mindset » du candidat avec l’entreprise. Cela passe tout d’abord par une connaissance approfondie de l’aspiration du client, de son environnement et de son climat social. En parallèle, nous établissons une proximité avec les postulants. Nous avons un processus de recrutement très précis qui nous permet d’élaborer une relation de confiance avec chacun d’entre eux. Même si la marge d’erreur existe toujours, nous la minimisons.

 

Quelle est la proportion de femmes parmi les équipes ?

Comme tu le sais, le ratio dans le métier de la Tech est extrêmement bas, et je n’ai pu en mobiliser que 15 % de notre effectif. Elles sont plus présentes sur la rédaction fonctionnelle ou l’user expérience. J’ai eu l’opportunité de recruter en Tunisie et au Maroc et là la représentation était beaucoup plus élevée.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Je pense tout d’abord à une femme d’affaire accomplie qui a géré plusieurs sociétés tout en faisant très bien son job de mère, la mienne.

Mon mari, qui exerce l’un des plus beaux et difficile métier du monde, chirurgien.

Et je citerai mes mentors, Vincent Klingbeil & Patrick Bunan, les co-fondateurs d’AMETIX, qu’ils ont revendus au bout de 6 ans au groupe la Poste et qui continuent aujourd’hui de surfer sur la vague du succès. Ils sont encore là pour moi, nous échangeons régulièrement. Tout conseil venant d’eux est bon à prendre. Par exemple, « Toujours faire deux heures de veille technologique par jour », par Vincent et « Rester humble en toute circonstance », par Patrick.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Oui, « Le Secret » de Rhonda Byrne. Elle explique la loi de l’attraction et prouve, par de nombreux témoignages, que c’est une philosophie efficace. Penser positif et être bienveillant envers son environnement. C’est une conception de la vie qui s’applique à tout le monde et qui nous engage à être de belles personnes. Je la mets en pratique quotidiennement dans le travail, le management, et ma vie de tous les jours. Cela me permet de prendre les meilleures décisions, lorsque parfois certains intérêts pourraient nous pousser à basculer du mauvais côté, et surtout dans notre métier !

 

Pour terminer quelle est ta devise ou ton mantra ?

La persévérance est mon mot d’ordre. Il faut toujours tenir bon et avancer, car notre plus gros frein n’est que notre esprit.

 

À méditer.


[Plantes] Entrepreunariat

[Plantes] Entrepreneuriat

Rencontre avec Sophie Chatelier, fondatrice de la Nouvelle Herboristerie

par Patricia Cressot

Comment à débuter cette belle histoire de plantes?

Sur le moment je n’aurais jamais imaginé être herboriste à temps plein. J’ai toujours été proche de la culture celtique grâce à mes racines et ma grand-mère mais de là à en faire mon métier… c’était au-delà d’un rêve de petite fille. Diplômée en Relations internationales (Sciences Politiques et langues étrangères) et d’Histoire de l’Art à la Sorbonne, j’ai travaillé dans le milieu artistique puis à l’AFP à Paris, en tant que Directrice Adjointe Commerciale Afrique, en lien direct avec les grandes instances institutionnelles et gouvernementales type ONU, gouvernements, journaux & télévisions locales. Régulièrement je parcourais l’Afrique de manière intense, par exemple deux mois au Kenya avant la coupe de monde du foot, au Ghana, au Sénégal. En parallèle, j’ai étudié la botanique et les plantes médicinales à Paris et à chacune de mes missions en Afrique, je prenais aussi du temps pour visiter les pays avec l’idée de découvrir de nouveaux jardins botaniques. Au Maghreb, j’ai passé beaucoup de temps dans le désert du Sahara, parmi les Touaregs, une deuxième famille. J’ai appris beaucoup de cette culture. A Nairobi, et Johannesbourg, j’ai découvert d’autres moyens de se soigner avec des tradipraticiens et en même temps ces derniers cohabitent avec les hôpitaux, c’est une façon de se soigner en fonction du besoin et de ce que l’on cherche. Dans notre monde occidental, on a perdu ceci ! Le monde africain est en connexion avec la terre, un aspect presque secret et intime de son rapport à l’environnement ; une connexion à l’histoire, à son héritage qui se transmet souvent à travers les femmes. Comment se fait-il que chez nous ce savoir et cette mémoire se perdent?

C’est un appel à une responsabilité, celle de ne pas oublier, celle de la transmission de nos mères, nous avons cette profonde connexion à la nature. En effet, j’ai fait, entre autres, un cursus auprès de l’Association pour le Renouveau de l’herboristerie et j’ai compris le cheminement de cette perte. Sous Pétain, durant la 2e guerre mondiale, les plantes sont tombées sous le joug pharmaceutique et sous le charme des molécules de synthèse ; L’étude des plantes médicinales est progressivement tombée dans l’oubli des études universitaires. J’ai donc fait le choix conscient de faire l’apprentissage des plantes et de leurs propriétés à travers d’autres cursus, d’autres voies et de ne pas fermer les portes de ce qu’offre un nombre incroyable de plantes.

Très rapidement, j’ai appris à gérer mes propres maux. Lors de mes déplacements en Afrique, j’avais créé ma concoction complétée par les fleurs de Dr Bach, « zen-express » devenu un succès. Ayant déjà fait face à des stress extrêmes et burn-out de fatigue professionnelle et personnelle, j’arrivais à m’autogérer en Afrique, calmer mes surrénales pour calmer la sécrétion de cortisol. Je commençais à créer alors sans le voir mes formules d’aujourd’hui.

C’est comme si la vie m’avait montré le chemin à travers des rencontres amoureuses. J’avais un petit copain Bulgare dont la mère, une actrice, fabriquait ses crèmes avec les roses de Bulgarie, elle m’a transmis son savoir-faire et à 25 ans j’avais déjà créé ma crème à la rose. Le petit copain de l’époque avait aussi développé une maladie auto-immune ; par des tisanes, baumes et une alimentation revue, on parvenait à lui éviter de prendre trop de médicaments. La vie m’avait envoyé des cas pratiques pour que je m’intéresse à la nutrition et aux problématiques contemporaines. La vie m’a tricoté ça et avec le recul je réalise …que tout a un sens !

Un jour, j’ai fait un burn-out à l’AFP quand ma carrière a eu un boom mais que je devais rester à Paris, alors que j’avais tellement appris avec le contact humain et les voyages, que je ne pouvais plus accepter de fermer les yeux . Fermer les yeux sur le sexisme ambiant professionnel, un comportement que j’avais accepté, avant mon burn-out mais que j’ai mal vécu. Un choix s’est imposé lorsque j’ai vu un médecin phytothérapeute à Paris qui a décelé mon burn-out. J’avais trop poussé. Il m’a guidée dans l’idée de créer pour sa clientèle des gammes de produits efficaces et naturels. Alors j’ai dit Stop !

Comment as-tu géré la reconversion ?

A l’époque médiévale, le métier d’herboriste, n’avait pas ces grilles de lecture et d’interdits. Et ce métier est resté longtemps aux oubliettes.

Alors j’ai poursuivi les études que j’avais entrepris par curiosité, par plaisir, je me suis plongée dans la recherche, j’ai été sur le terrain, appris auprès d’un pharmacien, œuvré auprès des distillateurs, j’ai travaillé sur mes gammes et fait tout le processus de mise sur le marché (autorisations réglementaires françaises et européennes). L’industrie pharmaceutique s’est gardé le monopole du commerce des plantes médicinales et depuis les années 1960 beaucoup de militants ont porté heureusement voix pour libérer 148 plantes, dites non toxiques, hors de ce monopole.

Puis en 2012 j’ai créé une herboristerie nomade, j’ai fait une soixante de formules dont 20 de tisanes. 

Les clients sont venus très vites, déjà les groupes de parentalité, de femmes enceintes et bébés par les plantes. Miser sur l’optique de la douceur et sur le potentiel d’information véhiculé par la plante, plutôt que sur sa fulgurance et sa toxicité. Il y a moyen d’avoir la même action sans effets secondaires gênants. C’est une approche plus sensible de la phytothérapie et couvre un éventail de cas, du boxeur à la femme enceinte.

Et puis j’ai monté des dossiers règlementaires français, cosmétiques, pour chaque formule, accompagnée d’une pharmacienne spécialisée dans la règlementation pharmaceutique. Un coût en temps et en énergie mais je suis dans les règles et ça c’est important. La Nouvelle Herboristerie est un acte politique, qui propose des solutions alternatives lorsqu’elles sont possibles et doit ainsi aller jusqu’au bout de la reconnaissance du milieu et des règles mises en place. Les plantes peuvent répondre à 80% des problématiques rencontrées en médecine de ville ; Elles rendent de merveilleux services et le rendent très bien. Je voulais proposer ces alternatives de manière durable et avec une pérennité. Et cela se voit dans le suivi des patients, même pendant le confinement, les clients me suivent, quelle que soit la région de France, c’est une construction progressive, lentement mais surement.

En 2014 j’ai reçu le prix de l’innovation en région PACA, et le co-fondateur de Rue du commerce m’a demandé « vous voulez combien ? » A l’époque sans vision claire du futur, je souhaitais garder la proximité aux personnes et aux plantes, une petite échelle plutôt que de devenir manager d’une grande société.

Quels sont les maux principaux aujourd’hui que tu vois

L’hyperactivité, l’anxiété (liée souvent à la période de Covid) et la sphère émotionnelle en général. J’accompagne en particulier les personnes dites HP, tous les âges sont concernés, c’est éclectique, avec un tronc commun : une sensibilité accrue.

Il y a également les problématiques liées aux douleurs, ponctuelles ou chroniques et celles liées à la digestion, les problèmes dermatologiques ou encore liés à l’immunité.

L’automne arrive, comment préparer son corps ?

Le flacon « Protection hivernale » est un mélange de j’ai créé à base de cassis, de bourgeons d’arbres, grand booster de l’organisme qui aide à s’adapter aux stress comme celui du changement de températures, du risque infectieux, éviter les extrémités froides. C’est aussi un anti inflammatoire puissant. L’églantier fortifie les défenses immunitaires (prévenant grippe, rhume…) et apporte une protection avec la propolis (anti fongique, anti bactérien), la synergie des 3 est un bouclier protecteur allié à un boost pour favoriser la capacité du corps à s’adapter.

Où te trouver?

A Villefranche sur Mer, j’ai ouvert un atelier-boutique, uniquement sur rendez-vous, car je suis régulièrement en consultation ou dans les montagnes. Et sur mon site internet- boutique en ligne, par téléphone ou en visio. J’expédie en France et en Europe.

Pour le mot de la fin, qu’est ce qui t’inspire ?

L’observation des plantes, de la nature tout d’abord, c’est ma principale source d’inspiration avec mes client-es !

Et la phase de recherche, j’adore l’innovation, donc je lis beaucoup d’études, les colloques. Tiens il y a ce livre que je viens de lire «Agir pour le vivant », chez Acte Sud. C’est un ensemble de conférences et rencontres récentes autour de l’écologie, autour du vivant. Alliant humanité, économie régénératrice, nourrir la planète et soigner les hommes. Vaste débat ouvert qu’est ce qu’on peut imaginer pour la suite, c’est très philosophique.

Il me semble important de croiser des disciplines pour créer des passerelles et des dialogues. Je l’ai établi entre Fleurs de Bach et phytothérapie, c’est cohérent, cela apporte de nouvelles perspectives, je le vois dans ma pratique.

La vie est un puzzle. A l’instant présent, il est en train de se passer quelque chose dont on ne comprend pas toujours le sens, mais avec le recul on réalise souvent à quel point c’était juste et nécessaire. Pourquoi la vie m’a emmenée dans les Balkans ? Dans le désert ? En Afrique? Et dans le Sud de la France ?

Même mon burn-out a été positif…. Ceci est un message d’espoir.

 

Contact : La Nouvelle Herboristerie, 18 avenue de la Grande Bretagne 06230 Villefranche sur Mer – T : 06.19.59.69.47 & www.lanouvelleherboristerie.com


[Management] Soft-skills

Interview de Christine Coutant, co-fondatrice d’Ask'n Get by ARANSI.
By Pascale Caron

Tout au long de son parcours professionnel, son fil conducteur s’est exprimé à travers l’accompagnement humain. Chimiste, elle a travaillé plusieurs années pour la sécurité des consommateurs dans des entreprises pharmaceutiques et cosmétiques. Trouver le sens de son existence est une quête difficile, mais fascinante. Elle l’a découvert en 2014 après une formation en Coaching. L’humaniste a pris le pas sur la chimiste et elle a intégré l’équipe ARANSI en tant que coach (certifiée PCC [ICF] et PCM®) et formatrice en management d’équipe.
Son expérience personnelle ajoutée au fait de travailler pour renforcer le leadership de ses clients l’a conduite à s’engager également dans l’accompagnement de dirigeants et des entrepreneurs.

Ses multiples expériences lui ont permis de participer à la co-fondation d’Ask'n Get, en 2019. C’est une plateforme digitale écoresponsable pour aider les chefs d’équipe et de projet dans leur processus de décision grâce à des séances de conseils pratiques au moment où ils en ont besoin.

Comment es-tu passée de chimiste des entreprises pharmaceutiques et cosmétiques à la carrière de coach ?

J’ai démarré par un master en alternance en Formulation Analyse et Qualité à l’Université de Nice. J’ai réalisé une année d’alternance dans le secteur des Affaires Réglementaires au sein du laboratoire Virbac et je suis montée ensuite sur Paris. J’ai passé 5 ans aux Laboratoires Gilbert en Normandie, sur les parties cosmétiques, biocides, compléments alimentaires et alimentation pour bébé.
J’ai eu la chance lors de mes grossesses successives de prendre du recul et de réaliser que le côté humain comptait plus pour moi que le scientifique. J’ai tout d’abord mené un projet entrepreneurial et une étude détaillée pour monter mon propre cabinet d’Affaires Réglementaires. Mais le timing, en pleine crise de 2008, m’a découragée.
Mon mari m’a alors proposé de rentrer chez ARANSI, une société qu’il avait créée, en m’occupant de la partie Formation. J’ai pris conscience rapidement qu’il manquait une corde à mon arc que j’ai acquise avec une formation de Coaching. Chez ARANSI, j’anime encore des formations destinées aux Managers, car j’estime que c’est un métier qui s’apprend même si au départ on n’est pas forcément fait pour ça. Le coaching est une magnifique posture qui me permet d’amener les choses d’une façon totalement différente. J’entretiens également cette posture comme coach professionnelle et je me suis rendue compte que j’attire essentiellement des femmes.

Je t’ai rencontrée lors du programme Start des « Premières Sud », tu animais la session. Comment vois-tu l’entrepreneuriat au féminin ?

L’idée derrière ces programmes c’est de faire de la femme un acteur économique au même titre que l’homme en est un. Nous devons éviter les clivages. Un des récents secrétaires généraux de l’OCDE, Angel Gurría, disait que les femmes étaient l’actif le plus sous-utilisé dans l’économie mondiale. Une étude de l’OCDE montre que si on était à égalité homme-femme en participation au marché de l’emploi et en taux d’entrepreneuriat en France on gagnerait 9,4 % de croissance sur 20 ans. Je parle plus de mixité entrepreneuriale, c’est ça la vraie richesse. J’interviens au sein de l’école des Mines sur le thème « Entrepreneuse demain ». Elles sont peu nombreuses dans un domaine à forte valeur ajoutée, mais peu se voient chef d’entreprise.

Tu crées Ask'n Get en 2019. Peux-tu nous expliquer le concept ?

Ask'n Get accompagne le développement des compétences managériales par l’expérience. C’est une plateforme de mise en relation de managers et d’experts internationaux en management. Nous fournissons de l’E-conseil en management d’équipe et de projet contextualisé et à la demande.
La partie Tech et l’idéation viennent de mon mari, Romain. J’apporte le complément humain, d’où mon rôle de Chief eXperience Officer qui recrute les personnes et les experts derrière la machine. Je suis responsable du développement des compétences des managers en me fondant sur l’expérience d’autres managers. Chacun de nos clients se pose des questions au quotidien, on leur propose un espace d’échange. Nous avons des rendez-vous sur des formats courts et à distance. On s’adresse à la personne et c’est l’entreprise qui adhère à ce programme. Chacun de nos experts a beaucoup de recul sur la posture managériale. Je les ai recrutés avec soin et nous partageons les mêmes valeurs. Nous avons créé un écosystème sain et gagnant pour tous. Nous étions basés en Irlande pendant 3 ans et après la période COVID, nous sommes rentrés à Paris. Notre ambition est internationale, nous voulons devenir l’acteur incontournable du monde managérial. Nous nous adressons à une tranche d’âge entre 30 et 50 ans. Notre proximité avec l’entreprise nous permet également de conseiller les RH sur les besoins en accompagnement des managers (formation, coaching, conseil). Nous organisons également des rendez-vous post-formation, afin d’entretenir les acquis et voir ce qui a été mis en œuvre. Notre communauté a vocation à s’étendre, mais pour l’instant nous gardons un noyau dur qui a toute notre confiance.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Je ne vois personne en particulier, mais plus des personnalités. Les femmes entrepreneures qui font face à un véritable défi de société et d’éducation m’inspirent. Ce que j’admire chez elles, ce sont l’empathie et l’ouverture d’esprit. J’apprécie celles qui savent rester dans l’humilité sans domination.

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

J’en proposerais 3. Tout d’abord « Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent » de Stephen Covey. C’est un ouvrage très structurant sur une démarche entrepreneuriale saine et réfléchie.
J’ai également, « L’autoroute du millionnaire » de M.J. DeMarco. Il remet en question le rapport à l’argent de manière radicale.
Et enfin un collectif de femmes, Les Sororistas, a rassemblé un recueil de récits dans « Les femmes écrivent le monde de demain ». J’y ai participé parmi 600 autres femmes à travers tout le monde francophone.

Pour terminer quelle est ta devise ou ton mantra ?

Mon mantra : « La joie est en tout, il faut savoir l’extraire », de Confucius. Il me permet de surmonter les écueils du quotidien et l’extraction me rappelle aussi mon premier métier.
Ma devise, « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. », de Nelson Mandela parce qu’elle enlève la notion d’échec de l’équation.

A méditer.


[solidarité] [Inter-générations]

 

Interview de Nadia ELOUARGHI-VEGAS fondatrice et dirigeante de Silversathome, la plateforme française d’annonces de logements, de solutions et de services d’accompagnement dédiée aux seniors.

by Pascale Caron

Nadia est une dirigeante engagée, avec des valeurs éthiques et professionnelles, qui propose à travers son entreprise une vision de la société de demain, solidaire et intergénérationnelle. Elle est membre du Conseil National de la Silver Économie et a participé aux groupes de travail de l’UNCCAS pour la Loi Grand Âge. Elle est également partenaire de la CCI Nice Côte d’Azur et de sa filière Silver Économie. Elle fait partie des Femmes Chefs d’Entreprise et de la French Tech Nice Côte d’Azur.

Comment as-tu créé SILVERSatHOME ?

Après une carrière parisienne de Directrice marketing dans l’habitat et le patrimonial, j’ai décidé de me rapprocher de la méditerranée. Mon frère à l’époque habitait déjà Nice, propriétaire d’un grand hôtel, je m’étais dit qu’il y aurait sûrement des activités à développer en offrant un service de qualité.

J’ai toujours eu une passion pour l’architecture contemporaine. J’ai créé une agence immobilière avec un positionnement différent : spécialisée dans les Lofts et Ateliers d’artistes et proposant un accompagnement très personnalisé.

Mais la vie nous réserve des surprises et l’air du sud aidant j’ai eu un bébé rapidement, ce qui a suspendu un temps mon aventure entrepreneuriale et a recentré mes priorités. J’ai dû réinventer ma manière de travailler. Dans le même temps, ma maman a pris de l’âge, et j’ai dû m’en occuper. Elle habitait dans un immeuble peu accessible et peu adapté pour l’accompagner dans la 4e partie de sa vie. C’est donc à la fois l’impossibilité de lui trouver le logement qui lui convenait, et la difficulté de satisfaire mes clients, qui m’a donné l’idée de me spécialiser dans l’accompagnement des seniors. Mais je n’arrivais pas à sourcer des biens.

C’est la raison pour laquelle j’ai créé en 2018, SILVERSatHOME. C’est la 1re plateforme, qui non seulement propose des biens qualifiés avec des critères de recherche pertinents et mesurés grâce à notre MOBI-SCORE® du logement, mais également des services associés. Nous avons un écosystème de partenaires : aménagement de l’habitat, déménagement, conciergerie administrative, et service à la personne. Nous avons labellisé des professionnels immobiliers par région ainsi que d’autres couvrant chaque besoin. J’ai finalement expérimenté le parcours optimal pour ma mère et je l’ai offert à la communauté.

 

Comment a évolué la plateforme depuis 2018 ?

L’offre initiale personnalisée à destination des particuliers s’est développée également vers le B2B avec « Mon Parcours Résidentiel Senior® ». Nous proposons aujourd’hui des services d’accompagnement pour des prescripteurs que sont les mutuelles, assurances, institutionnels de la prévoyance et de la retraite, bailleurs sociaux, collectivités locales et CCAS, pour leurs publics seniors et aidants.

Entre 75 et 90 ans, on perd beaucoup d’énergie en luttant contre son habitat, c’est pour cela que l’on doit y réfléchir, s’y préparer plus tôt au moment de la retraite. On doit anticiper les éventuels problèmes et prendre les bonnes décisions quand on est en forme physique, et sans urgence.

En 2019, j’ai fait une première levée de fonds. Nous sommes aujourd’hui 3 associés et je me suis entourée d’une quinzaine de collaborateurs extérieurs, chacun expert dans son métier.

 

Quel a été l’impact de la crise du COVID pour Silversathome ?

Nous avons été durement impactés. Nous lancions commercialement notre activité, le 16 mars 2020, le 1er jour du confinement. Accompagnés par la BPI, nous avons réagi rapidement en créant la version 2 de notre plateforme numérique et en proposant une nouvelle offre orientée B2B : Mon Parcours Résidentiel Senior®. Si cette période a été très difficile, elle nous a permis de nous recentrer sur les priorités et de rebondir plus vite vers le B2B.

 

Quels sont tes prochains challenges ?

J’ai prévu une 3e étape dans le développement de SILVERSatHOME, qui me tient vraiment à cœur : c’est le lancement de notre concept d’habitat participatif, intergénérationnel et intelligent, axé eSanté, THE NICE HOUSE®. Tout est prêt. Il reste à trouver des partenaires comme la ville et des institutionnels afin de contribuer à cette aventure. Le défi pour nous réside dans le financement préalable. Certaines régions françaises, le grand Ouest, par exemple, sont très dynamiques sur ces questions, d’autres le sont beaucoup moins. Bizarrement alors que cette solution est plébiscitée par les Français, peu d’initiatives voient le jour. Nous avons donc décidé de prendre le problème à l’envers et d’en faire un projet citoyen en mobilisant les futurs acquéreurs et investisseurs potentiels autour de notre 1er pilote. Rendez-vous en 2022, sur notre plateforme pour en savoir plus !

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Je n’ai pas de modèle particulier, mais des hommes et des femmes que j’admire. Toutes celles, qui parties de rien, ont créé quelque chose d’utile à la communauté, m’inspirent : des personnalités fortes comme Simone Weil ou Gisèle Halimi, par exemple.

Plus proche de moi, je pense aux femmes entrepreneures et en particulier, aux FCE (Femmes Chefs d’Entreprise) de Nice. Je citerai notamment Marielle Walicki, Catherine Berton, Marie-Hélène Marcelli, Margareth Barcouda et bien d’autres. Je suis fière d’être leur amie. Dans ce monde où de nombreux défis sont à relever, je suis optimiste et confiante en l’humain. Quand on regarde l’essentiel, on se rend compte que l’on a dans notre société beaucoup d’entraide, de bienveillance et de générosité.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

« Méditer jour après jour » de Christophe André. Il allie la description d’œuvres d’art à la réflexion sur le sens et l’harmonie de nos vies. De plus, un CD audio nous accompagne dans des méditations de détente. C’est bien utile dans ces dernières périodes de confinement !

Aurais-tu une devise ou un mantra ?

Oui, cette citation de François Mitterrand : « Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir », elle résume bien mon engagement.